De la férie

Le martyrologe romain commence ainsi :

In Palæstína sancti Zacharíæ Prophétæ, qui, de Chaldǽa senex in pátriam revérsus, ibíque defúnctus, juxta Aggǽum Prophétam cónditus jacet.

En Palestine, le prophète saint Zacharie qui, dans sa vieillesse, retourna de Chaldée en son pays ; y étant décédé, il fut enseveli et placé auprès du prophète Aggée.

La liturgie byzantine célèbre le prophète Zacharie le 8 février. Voici l’apolitykion, le kondakion et le mégalynaire, dans la version de saint Gérasime de l’Athos, par Apostolos Koutsimanis.

Τὴν κλῆσιν κατάλληλον, δείξας τοὶς ἔργοις σοφέ, ταμεῖον ἐπάξιον, τῆς ἐπινοίας Θεοῦ, Ζαχαρία γεγένησαι, ἔχων γὰρ ἐν τῷ βίῳ, συλλαλούντας Ἀγγέλους, ὤφθης τῶν ἐσομένων, θεηγόρος Προφήτης. Καὶ νῦν ἠμῶν τᾶς αἰτήσεις, ἄνωθεν πλήρωσαν.

Par tes actes, sage Zacharie, tu as montré que tu avais reçu à juste titre ton nom comme un trésor de l’inspiration de Dieu, car les Anges ont été tes compagnons dans la vie et tu as été un prophète des choses à venir. Et maintenant, puisque tu le peux, exauce d’en haut nos requêtes.

Εμπνευσθείς του Πνεύματος τη επιλάμψει, Ζαχαρία ένδοξε, τρανώς προέγραψας ημίν, ώσπερ λαμπάδα πολύφωτον, την του Σωτήρος, απόρρητον κένωσιν.

Illuminé par la clarté de l’Esprit, ô glorieux Zacharie, comme une lampe à plusieurs lumières tu as clairement décrit d’avance la kénose du Sauveur.

Χάριτος αΰλου εμφορηθείς, ώφθης των μελλόντων, θεηγόρος προμηνυτής’ συ γαρ Ζαχαρία, συμβολικώς προλέγεις, την προς ημάς του Λόγου, άρρητον κένωσιν.

Empli de la grâce immatérielle, tu as vu l’avenir, précurseur divin, car toi, Zacharie, tu annonces symboliquement la kénose ineffable du Verbe pour nous.

Délire lituanien

« Aujourd’hui, la Lituanie a mis en place un blocage sur et près du pont de Panemunė, qui relie la Lituanie et la Russie. Illlustrant nos nouvelles mesures militaires de contre-mobilité, l’installation comprend des mines, des hérissons, des dents de dragon, etc. Il s’agit d’une mesure de précaution visant à garantir une défense plus efficace. »
Laurynas Kasčiūnas, ministre de la Défense de Lituanie.

Le même s’exhibait ainsi hier :

Les bénédictins de l’Athos

Ceci est ce qui reste d’un monastère bénédictin… sur l’Athos.

C’est le site Orthodoxie.com qui fait découvrir à ses lecteurs qu’il y eut sur l’Athos, la Sainte Montagne des orthodoxes, un monastère latin.

Il a été fondé au début des années 980 par le Père Jean de Bénévent et d’autres moines qui venaient d’Amalfi, d’où le nom d’Amalfion donné au monastère. Les patrons de ce monastère latin étaient saint Athanase l’Athonite et saint Jean d’Iveron, en hommage aux moines de la Grande Laure et du monastère d’Iveron qui les avaient aidés à s’installer.

« Les premières signatures de moines d’Europe occidentale (en latin) sur des actes athonites datent de 984 et 985. Le monastère athonite latin et ses premiers habitants sont mentionnés dans les hagiographies de saint Athanase, de saint Jean et de saint Euthyme d’Ibérie. L’ascète ibérique Gabriel, auquel est associé le miracle de l’apparition de la célèbre icône ibérique de la Mère de Dieu (début du XIe siècle), a été impressionné et inspiré par les actes du fondateur d’Amalfion, le père Leo de Bénévent. »

L’un des moines de l’Amalfion, Jean, est devenu en 997 le 29e abbé du Mont-Cassin : la chronique du monastère rapporte que saint Benoît est apparu à Jean sur le mont Athos, lui a remis le bâton d’abbé et lui a ordonné d’aller au Mont-Cassin.

« Il est intéressant de noter que les signatures de ces moines latins figurent sur l’acte athonite de 1016, où le monastère athonite de la Vieille Russie est mentionné pour la première fois, ainsi que sur l’acte de 1169 relatif au transfert du monastère de Saint-Panteleimon (ou « Rossikon ») aux moines de la Vieille Russie, et sur d’autres actes. »

En 1198, lorsque le prince serbe Stéphane Nemanja demanda à l’empereur byzantin de créer un monastère serbe sur l’Athos, il donna en exemple le monastère latin pour montrer que la Sainte Montagne était internationale.

C’est donc que le monastère latin existait encore après ce que les historiens appellent le « grand schisme » de 1054 (ce qui en soi n’a rien d’étonnant, car le schisme avait commencé avant et s’est vraiment consommé beaucoup plus tard, notamment avec le concile de Trente).

« Amalfion déclina et cessa d’exister en tant que monastère indépendant après 1287. On pense qu’il a beaucoup souffert des attaques et des pillages des croisés, après quoi il s’est délabré. L’empereur byzantin Andronic II Paléologue l’a remis à la Grande Laure, mais même après cela, la vie monastique s’est poursuivie dans les murs du monastère pendant plusieurs siècles encore, jusqu’à ce qu’il cesse finalement d’exister. »

Drapeau suédois

« Un drapeau digne d’être défendu. » Forces armées suédoises.

Cette affiche refait surface sur les réseaux sociaux. Vérification faite, elle est authentique, mais elle date de 2021. L’armée suédoise a sa propre « Campagne de Fierté » depuis 2017, et en 2021 elle produisait donc cette affiche qui nous montre le drapeau qui est digne d’être défendu les armes à la main…

Sacrilège ordinaire

On apprend par la gazette locale que du 13 au 15 septembre aura lieu le festival de photographie « Focus cosplay » dans la Nièvre, le Cher et l’Allier.

Le « cosplay », c’est se déguiser en un personnage de fiction. J’apprends qu’il y a des professionnels du « cosplay », dont la femme de la photo, qui est paraît-il une célébrité dans ce domaine.

Comme on le voit, cette photo est prise dans une église. Il s’agit précisément de la cathédrale de Nevers. Laquelle va être un des principaux lieux du festival « Focus cosplay ».

Le site internet dédié, qui est très discret sur le déroulement de la chose, indique quatre lieux par une petite photo non légendée. Mais on reconnaît très bien la cathédrale de Nevers. Il y a aussi la chapelle Sainte-Marie de Nevers et l’église Saint-Pierre de Nevers. Le quatrième site est la Halle de Grossouvre, dite « Espace métal », dans le Cher.

On ne sait pas si l’évêque de Nevers, un certain Grégoire Drouot, a secrètement donné sa bénédiction, ou s’il regarde ailleurs.