Saint Remi

Daphné Du Barry, 1996.

Hymne des matines, avec sa traduction, dans divers bréviaires des XVIIIe et XIXe siècles, texte de Santolius Victorinus (Jean Santeul, 1689), quelque peu modifié (on verra le texte originel ici).

Divina, Præsul, prome volumina,
Æterna vitæ verba tenes, doce.
A Rege pendet, quem docebis,
Tota salus, pietasque Regni.

Grand prélat ! vous qui avez les paroles de la vie éternelle, faites connaître les divins oracles ; le salut de tout un royaume dépend de celui du roi que vous allez instruire.

Fractis, triumphans, dum redit hostibus,
Tuos docendus procidit ad pedes ;
Jam jamque voto christianus,
Depositis, Clodovæus, armis.

Clovis revient victorieux et triomphant de ses ennemis, et déjà chrétien par le désir de son cœur, il met bas les armes, et va se jeter à vos pieds pour recevoir vos instructions.

Ferox Sicamber, pone superbiam,
Submitte dulci colla Dei jugo ;
Et quæ cremasti nunc adora,
Quosque colis, pius, ure divos.

Quittez votre orgueil, fier Sicambre ; abaissez votre cou sous le doux joug de Jésus-Christ ; adorez ce que vous avez brûlé, et brûlez les dieux que vous avez adorés.

Ab ore pendens præsulis audiit
Intus loquentem jam docilis Deum.
Regale pectus tot sacrarum
Concutitur gravitate rerum.

Pendant que le roi écoute attentivement le sait prélat, il entend Dieu lui-même qui parle à son cœur, et qui le soumet, frappé d’une doctrine qui lui paraît toute sainte et toute céleste.

Tum Sceptra ponit, se quoque regiis
Christo induendus vestibus exuit.
Descendit in sanctos piandus,
Quos habitat Deus ipse fontes.

Aussitôt quittant son sceptre, il ôte son manteau royal pour se revêtir de Jésus-Christ, et se plonge dans les fonts sacrés, auxquels Dieu donne la vertu d’effacer les péchés.

Perfundit altum chrismate verticem,
Omnes in uno principe consecrat ;
Formare Christo mox futuros
Franciadas meditatur omnes.

Le pontife fait l’onction du saint chrême sur cette tête royale ; e sa personne il consacre tous ses successeurs, et il veut attacher à Jésus-Christ tous les Français présents et à venir.

Tu quas tot annos, alme senex, regis,
Adhuc benignus respice Gallias ;
Francique reges quos chresmati,
Mente pii tueantur aras.

Vénérable vieillard, qui avez été, pendant tant d’années, le pasteur des Gaules, regardez-les avec bonté, et obtenez de Dieu que nos rois, dont vous avez consacré le premier, se montrent toujours les défenseurs et le soutien de la religion.

Qui christiani nomine dicimur,
O Christe ! puris da quoque moribus,
Nos esse dici. Quid juvabit ?
Conveniant nisi facta dictis.

O Jésus ! faites qu’en portant le nom de chrétiens, nous en montrions la sainteté par la pureté de nos mœurs ; car à quoi nous servira ce nom, si nos actions n’y sont pas conformes ?

Laus summa Patri, summaque Filio,
Tibique compar gloria, Spiritus,
Tu qui potenti magna regum
Corda tenes, subigisque dextra. Amen.

Louange souveraine au Père et au Fils ; gloire égale à vous, Esprit Saint, qui tenez dans votre main puissante les cœurs des plus grands rois et les soumettez à votre volonté. Ainsi soit-il.


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