Et il insiste…

Le fils de Jacques Fesch veut absolument que son père soit judiciairement « réhabilité ». La Cour de cassation a rejeté mardi sa demande, par une décision qui n’est donc plus susceptible d’appel.

Gérard Fesch avait déjà échoué en février 2020, lorsque le Conseil constitutionnel avait rejeté la QPC (question prioritaire de constitutionnalité) qui lui était soumise. Gérard Fesch contestait la constitutionnalité de la loi de réhabilitation parce qu’elle oblige à attendre plusieurs années après l’exécution de la peine pour pouvoir former une demande de réhabilitation. Ce qui empêche par le fait un condamné à mort de former une demande.

La loi de réhabilitation a un objet précis : elle vise à permettre la meilleure réinsertion possible d’un condamné qui a purgé sa peine. Si dans les années qui suivent, l’ancien condamné s’est bien comporté, il peut demander sa réhabilitation, et si elle est accordée nul n’a ensuite le droit de faire état de la condamnation, en dehors des autorités judiciaires en cas de récidive.

La demande du fils de Jacques Fesch est absurde sur le plan judiciaire. Elle est encore plus absurde pour le souvenir de Jacques Fesch, et pour son éventuelle béatification, puisqu’une réhabilitation interdirait de faire état de sa condamnation à mort, donc de son crime et de sa conversion…


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Une réflexion sur “Et il insiste…

  1. D’accord avec vous.
    Mais il agit comme un fils qui essaie de laver l’honneur de son père à travers sa mémoire, voire sa filiation car comment être le fils d’un assassin sans en être bouleversé dans sa vie? On ne peut pas le lui reprocher, il est difficile de poser un regard extérieur et juste quand on est concerné dans sa chair.
    Comme vous, du moins ce que j’ai cru comprendre, il faut distinguer les deux plans. Jacques Fesch a commis un crime crapuleux, et il aurait pu tuer d’autres personnes en ayant tiré sur d’autres gens et s’il n’avait pas été arrêté n’aurait-il pas encore aggravé son palmarès.

    Vouloir de l’argent pour partir faire une croisière et tuer celui qui se trouve simplement face à lui non armé, c’est indéfendable. Son avocat a demandé sa grâce et ne l’a pas obtenue, il a payé son acte c’est même une manière de lui rendre sa dignité que de l’avoir pris au sérieux et réhabilité dans la société des hommes à travers sa sanction.
    Un Badinter qui a utilisé jusqu’à la nausée un prétendu combat contre la peine de mort se fichait des criminels, et encore plus des victimes pour qui il disait ne rien ressentir. Mais il a fait sa carrière sur ce combat au détriment des victimes. Dans l’affaire du talc Morhange, il a largement montré la réalité de son prétendu « humanisme. »
    La société a pris au sérieux Jacques Fesch, lui a rendu son humanité, en le condamnant à la peine prévue par la loi.
    Aujourd’hui, plus rien n’a de sens ni de valeur, on défend et honore des criminels et on écrase d’oubli les victimes.
    Le bon larron de l’Evangile n’a jamais demandé sa grâce, il a pris la défense de l’innocent, reconnu sa faute publiquement, accepté sa peine dans un acte de folle espérance, lui le criminel mériter le ciel.

    Si Fesch n’est plus coupable, qu’on trouve des excuses à son crime, on le prive de la perspective du salut, c’est aussi simple que ça. L’abbé Popot, aumônier de Fresnes, comme le Père Bruckberger, avait écrit de superbes lignes à ce sujet.

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