Le Parlement géorgien issu des élections du 26 octobre a voté la confiance au nouveau gouvernement d’Irakli Kobakhidze par 84 voix contre zéro (l’opposition boycotte). Le Premier ministre a prononcé une allocution, commentant le slogan de campagne de son parti qui devient le nom du programme de gouvernement : « Seulement avec paix, dignité et prospérité vers l’Europe ». Il a souligné que « la dignité passe avant tout, et la dignité est la principale garantie que nous défendrons nos intérêts ». Il a répété que le chemin vers l’UE sera difficile, et que son gouvernement ne considérera que les conditions qui « ne sont pas en contradiction avec les intérêts nationaux de notre pays » et qui ne portent pas atteinte à sa « dignité ».
Dans le même temps, le Parlement européen a voté une résolution par laquelle il rejette les résultats des législatives géorgiennes, appelle la communauté internationale à ne pas les reconnaître, exige de nouvelles élections avant un an, et appelle la Commission et les Etats membres à prendre des sanctions contre les personnalités du gouvernement géorgien…
Alors Irakli Kobakhidze a repris la parole. La Géorgie, a-t-il dit, est un pays européen qui a toujours vu l’Europe comme « le bastion du christianisme » et « il est de notre responsabilité de faire de la Géorgie un membre à part entière de la famille européenne » en 2030, mais « les relations Géorgie-UE sont bilatérales et ne peuvent être que bilatérales ». « Nous sommes une nation fière, qui se respecte et qui a une longue histoire. Par conséquent, il est catégoriquement inacceptable pour nous de considérer l’intégration dans l’Union européenne comme une faveur que l’Union européenne devrait nous accorder. »
Maintenant, les « politiciens et bureaucrates européens » lancent « une cascade d’insultes » à l’encontre du gouvernement géorgien. « Les malveillants de notre pays ont transformé le Parlement européen en une arme de chantage contre la Géorgie, ce qui est une très grande honte pour l’Union européenne. Au cours des trois dernières années, le Parlement européen a adopté cinq résolutions pleines de mensonges et d’insultes, qui n’ont pas été partagées par la société géorgienne, la Commission européenne et même le Conseil européen. »
Les politiciens et les bureaucrates européens se sont « immiscés dans les élections parlementaires et ils attaquent maintenant le choix légitime du peuple, attaquent la mission d’observation électorale de l’OSCE/BIDDH, qui a estimé que les élections étaient équitables, avec exactement la même ferveur que les dirigeants de l’opposition radicale en Géorgie ».
Les subventions et les prêts de l’UE, a-t-il poursuivi, sont utilisés comme un chantage contre la Géorgie. En 2021, deux semaines avant les élections, l’UE a menacé de suspendre un prêt de 75 millions d’euros, et avant les élections de 2024, elle a pris des mesures similaires qui n’ont « pas réussi à influencer le choix du peuple géorgien ».
Le statut de candidat lui-même a été utilisé pour faire pression sur la Géorgie après que la guerre en Ukraine a commencé et « organiser une révolution » en Géorgie avec l’aide d’ONG « financées par l’UE ». Ce qui a conduit à la radicalisation et à la polarisation en Géorgie.
« L’ouverture des négociations est maintenant utilisée comme un outil pour faire chanter notre pays et diviser notre société, tout comme le statut de candidat a été utilisé auparavant. Il s’agit également d’un phénomène totalement artificiel, d’autant plus que la date d’ouverture des négociations ne dépend pas de la date d’adhésion. » La Géorgie a franchi les étapes plus rapidement que d’autres pays, et « d’un point de vue technique », l’achèvement des négociations d’adhésion prendra un an et demi à deux ans. Étant donné que l’UE ne prévoit pas de s’élargir avant 2030, « faire du chantage avec cette question aujourd’hui est extrêmement offensant », mais aussi hors de propos.
En outre, l’UE exige de la Géorgie « non pas des réformes, mais des mesures qui porteraient atteinte à notre dignité », citant spécifiquement l’abolition de la loi sur les agents étrangers et de la loi anti-LGBTQ.
« Sur la base de ce qui précède, nous avons pris la décision aujourd’hui de ne pas mettre à l’ordre du jour l’ouverture des négociations d’adhésion avec l’UE avant la fin de l’année 2028. De même, jusqu’à la fin de 2028, nous rejetons toute aide budgétaire de l’UE. »
Car d’ici 2028, la Géorgie aura rempli 90% de ses obligations, et elle entrera dans l’UE « non pas comme un mendiant mais avec dignité ».
D’ici là il aura sans doute compris que la Géorgie telle qu’il la conçoit ne peut pas intégrer une UE qui est le contraire même d’un bastion du christianisme, et ne pourra qu’être la victime de condamnations à répétition.
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Vladimir Poutine, interrogé sur la Géorgie lors de sa conférence de presse à la suite de sa visite d’Etat au Kazakhstan :
« Nous n’interférons pas dans les processus politiques nationaux. Nous ne nous mêlons pas du tout de ce qui se passe. Nous n’y touchons tout simplement pas. Je ne peux pas en dire autant de nos “collègues” occidentaux… »
« Lorsque les événements en Géorgie ont commencé, à parler franchement, j’ai observé tout cela avec surprise. Nous n’avons aucune relation avec eux, avec les dirigeants géorgiens. Mais j’ai été émerveillé par le courage et la fermeté de caractère dont ils ont fait preuve pour défendre leur point de vue. »
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Les Géorgiens sont courageux, certes, mais pourquoi cette obsession de leurs dirigeants pour intégrer UE, ramassis de dépravés, pervers, ennemis du christianisme et des nations? Qu’ils se prennent en mains et cherchent d’autres accords avec des nations « normales ». L’UE est une préfiguration du gouvernement mondial qui sèmera la terreur partout sur la planète. Autant s’y préparer en refusant « l’antichambre » UE. Un grain de sable peut gripper les mécanismes lucifériens les plus sophistiqués.
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