
Au sixième mois, l’ange Gabriel a été envoyé dans une cité de Galilée du nom de Nazareth à une femme promise en mariage à un homme du nom de Joseph. Le saint évangéliste indique le temps, le lieu, la personne pour que la vérité du récit soit corroborée par les détails précis des évènements. L’ange a été envoyé à une vierge promise en mariage. A une vierge, Dieu envoie un messager ailé. Car il donne des gages, il reçoit la dot celui qui apporte la grâce. Car il ramène la foi, et livre les dons de la vertu celui qui déliera bientôt la vierge de la promesse de se marier. L’interprète de la pensée divine se dirige à toute vitesse vers l’épouse, pour qu’à l’épouse de Dieu il enlève et arrache toute attache sensible à un époux humain. Il n’enlève pas une vierge à Joseph, mais la rend au Christ, à Qui elle est donnée en gage pour qu’Il naisse dans l’utérus. Le Christ reçoit donc son épouse ; Il ne s’empare pas de celle d’un autre. Et Il ne fait pas de séparation quand Il s’unit dans un seul corps à sa créature.
Mais écoutons ce que l’ange a fait. Après être entré chez elle, l’ange dit : Salut, pleine de grâces, le Seigneur est avec toi. Dans cette voix, il y a une offrande, l’offrande d’un don, non la prestation d’une simple salutation. Salut ! Ce qui veut dire : Reçois la grâce ! Que la nature ne t’apporte ni trouble ni inquiétude !
Pleine de grâces. Parce que dans les autres, il y a la grâce, mais en toi, c’est toute la plénitude de la grâce qui viendra.
Le Seigneur est avec toi. Comment est-il en toi le Seigneur ? Parce qu’Il ne vient pas à toi pour te faire une visite courtoise, mais pour pénétrer en toi dans un nouveau sacrement de naissance.
Il a ajouté ces paroles qui convenaient à merveille : Tu es bénie entre toutes les femmes. Parce que l’Ève maudite avait puni les viscères des femmes ; la Mare bénie se réjouit dans les femmes, est honorée en elles, et est reçue en elles. Et elle est devenue en toute vérité la mère des vivants par la grâce, celle qui avait été la mère des mourants par la nature.
En entendant cela, elle a été troublée par ses paroles. Parce qu’était venu un ange de belle apparence, fort comme un guerrier, poli et distingué, à la voix puissante, énonçant des choses humaines en promettant des divines. Ce sont les paroles qui troublèrent grandement la vierge, que la vue de l’ange avait peu inquiétée. Celle que la présence de l’envoyé avait peu alarmée a été secouée par tout le poids de l’autorité du messager. Et que dire de plus ? Elle sentit bientôt qu’elle avait reçu en elle le Juge suprême, là où auparavant elle n’avait vu et contemplé que celui qui avait été envoyé pour choisir le lieu de campement du Dieu des armées. Bien que ce fût d’un mouvement plein d’attention, et avec une affection pieuse, que Dieu transforma la vierge en Sa mère, l’esclave en Sa parente, les organes se sont quand même troublés, l’esprit a cherché à fuir, toute la personne a tremblé quand Dieu, que toute la création ne contient pas, s’est renfermé tout entier dans un sein humain. Et elle se demandait ce que signifiait cette salutation. Que votre charité remarque, comme nous l’avons dit, que la vierge a consenti à la salutation non à cause des paroles, mais à cause des grâces qu’elles apportaient. Et la voix n’était pas celle d’un hommage ordinaire, mais elle avait toute la puissance d’une vertu céleste.
La vierge réfléchit, car répondre tout de suite est un signe de légèreté. Réfléchir avant de parler est le signe d’un jugement mûr et pondéré. Il ignore quelle est la grandeur de Dieu celui qui n’éprouve aune admiration pour l’intelligence et l’âme de cette vierge. Le ciel est épouvanté, les anges tremblent, la création n’en revient pas, la nature est suffoquée à la pensée qu’une jeune fille reçoive Dieu dans son sein, l’accueille, lui offre l’hospitalité pour rendre la paix à la terre, la gloire au ciel, le salut aux condamnés, la vie aux morts. Pour établir une parenté entre la terre et le ciel, l’alliance de Dieu Lui-même avec la chair, exiger une demeure comme indemnité, et conquérir un utérus pour sa propre récompense. Pour accomplir cette parole du Prophète : Voici l’hérédité du Seigneur et sa récompense : des fils, les fruits du ventre (psaume 126).
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