Mercredi des quatre temps de carême

Dans la messe de ce jour, la première lecture nous montre Moïse demeurant sur la montagne pendant « quarante jours et quarante nuits ». La deuxième lecture nous montre Elie marcher « quarante jours et quarante nuits » sans manger jusqu’à la montagne de Dieu.

Voici donc les deux préfigurations du jeûne du Christ qui était l’évangile de dimanche dernier. C’est l’illustration par les textes du début de l’hymne des matines du carême, que voici avec la belle traduction-explication de Lemaistre de Sacy (sous le pseudonyme de J. Dumont), et chanté par la Scola Metensis (les trois premières et la dernière strophe avant la doxologie) :

Ex more docti mýstico
Servémus hoc jejúnium,
Deno diérum círculo
Ducto quater notíssimo.

Gardons ce jeûne saint si célèbre en l’Église
Compris en quatre fois dix jours,
Jeûne mystérieux que le ciel favorise
De sa grâce et de son secours.

Lex et prophétæ prímitus
Hoc prætulérunt, póstmodum
Christus sacrávit, ómnium
Rex atque factor témporum.

Jadis le grand Moïse et le brûlant Élie
L’ont par leur exemple honoré,
Mais Christ qui la loi vieille à la nouvelle allie
Le gardant l’a rendu sacré.

Utámur ergo párcius
Verbis, cibis et pótibus,
Somno, jocis, et árctius
Perstémus in custódia.

Il faut donc moins dormir, moins manger et moins boire,
Moins parler, moins se divertir.
Que l’âme ait ses périls gravés dans sa mémoire
Et veille pour s’en garantir.

Vitémus autem nóxia,
Quæ súbruunt mentes vagas :
Nullúmque demus cállidi
Hostis locum tyránnidi.

Fuyons le précipice où d’un pas insensible
Nous conduit la molle tiédeur,
N’ouvrons aucune entrée au serpent invisible
Pour se glisser dans notre cœur.

Flectámus iram víndicem,
Plorémus ante Júdicem,
Clamémus ore súpplici,
Dicámus omnes cérnui :

Devant ce juge saint prosternons-nous en terre,
Poussons au ciel un cri perçant,
Pleurons et par nos pleurs détournons le tonnerre,
Dont s’arme son bras menaçant.

Nostris malis offéndimus
Tuam, Deus, cleméntiam :
Effúnde nobis désuper,
Remíssor, indulgéntiam.

Nos excès ont blessé tes bontés paternelles,
Dieu tout-puissant, mais Dieu très doux,
Conserve un cœur de père à tes enfants rebelles,
Et répands tes grâces sur nous.

Meménto quod sumus tui,
Licet cadúci, plásmatis :
Ne des honórem nóminis
Tui, precámur, álteri.

L’homme est faible et pécheur, mais il est ton ouvrage.
Son Dieu doit seul être son roi.
Garde-nous du tyran dont l’orgueilleuse rage
Nous attaquant s’attaque à toi.

Laxa malum, quod fécimus,
Auge bonum, quod póscimus :
Placére quo tandem tibi
Possímus hic, et pérpetim.

Pardonne nos péchés, rend pure notre vie
Redouble en nous ton saint amour,
Fais que l’âme à tes lois librement asservie,
T’ayant cru voir te voie un jour.

Præsta, beáta Trínitas,
Concéde, simplex Unitas,
Ut fructuósa sint tuis
Jejuniórum múnera. Amen.

Trinité souveraine, unique roi du monde,
Fais goûter aux vrais pénitents
Les admirables fruits que ta grâce féconde
Tire du jeûne en ce saint temps.


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