Pauvres « Dialogue des carmélites »

La seule critique de spectacle dans le numéro de Diapason de ce mois est un éloge dithyrambique d’une nouvelle mise en scène des « Dialogues des carmélites », de Poulenc. Et c’est une nouvelle profanation, immonde, de ce chef-d’œuvre. Les metteurs en scène s’acharnent sur cet opéra, parce qu’il est doublement insupportable aux cultureux de notre temps : il est intégralement et profondément chrétien, et il dénonce les persécutions antichrétiennes de la Révolution.

Sans surprise, Tiphaine Raffier situe l’action à notre époque, et montre le contraire de ce que dit le livret (et la musique), ce qui est habituel depuis des décennies sur les scènes d’opéra. Mais elle va plus loin :

« Puis nous voici enfin au couvent, plus précisément dans sa section la plus glauque, les sanitaires, avec côté jardin un alignement de cuvettes de WC où se précipite Constance (« Encore ces maudites fèves ! »), côté cour une douche pour personne handicapée où l’on traîne une vieille prieure grabataire, vêtue d’une légère chemise de nuit qui ne cache rien de l’avilissement des chairs. »

« Encore ces maudites fèves ! » sont les premiers mots de la novice Constance. L’exclamation vient de ce qu’on lui donne encore des fèves à éplucher parce qu’il n’y a plus de farine. Rien à voir avec ses intestins. Mais Tiphaine Raffier en est encore au stade pipi-caca, surtout quand il faut démolir la religion.

« La scénographie d’Hélène Jourdan, d’un réalisme saisissant, nous mène ensuite à la chapelle, dont le bas plafond accentue le sentiment d’enfermement au carmel. »

Car chacun sait que (contrairement à ce que chante tout l’opéra) les religieuses cloitrées sont des prisonnières que la Révolution a enfin libérées…

Et puisqu’elle les a libérées ce n’est évidemment pas pour les tuer, donc à la fin de l’œuvre, au lieu de monter une à une à l’échafaud, elles s’effondrent une à une sous la pluie, sans raison…

On regrette que ni Bernanos ni le P. Bruckberger ne soient encore parmi nous, pour pousser la gueulante qui s’imposerait. (C’était fin janvier et début février à Rouen, et personne semble-t-il n’a bronché.)


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3 réflexions sur “Pauvres « Dialogue des carmélites »

  1. Tous ces pseudo artistes ont une cervelle qui se situe en dessous de la ceinture, c’est par là que le démon les tient…Et vous nous aviez déjà mis en garde contre « diapason » et sa musicorussophobie hystérique. Les spectacles blasphématoires sont grassement subventionnés: « faites des cœurs vicieux, vous n’aurez plus de Catholiques » des vicieux « pipî-caca », comme vous qualifiez si bien Tiphaine Raffier.

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  2. Même après l’extinction du droit patrimonial , 70 ans après la mort de Poulenc , subsiste le droit moral. Il suffit à ses héritiers de dresser leur arbre généalogique , de s’entendre sur la stratégie à adopter , puis d’attaquer Tiphaine Raffier et Hélène Jourdan , d’une part pour faire interdire sous astreinte la pièce , d’autre part pour les faire condamner à des dommages-intérêts pour préjudice moral . Attention ! Ce type d’action judiciaire ne s’improvise pas , et nécessite une coopération avec le monde de la culture .

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