Jeudi de la quatrième semaine de carême

Præsta, quǽsumus, omnípotens Deus : ut, quos jejúnia votíva castígant, ipsa quoque devótio sancta lætíficet ; ut, terrénis afféctibus mitigátis, facílius cæléstia capiámus.

La collecte de ce jour dit littéralement à peu près ceci :

« Faites, nous vous le demandons, Dieu tout-puissant, que ceux que les jeûnes votifs châtient, cette même sainte dévotion leur donne la joie ; afin que, les affections terrestres étant calmées, nous obtenions plus facilement les choses du ciel. »

Il y a là deux parallèles qui résument tout un pan de l’ascèse chrétienne.

En entrant dans le carême nous avons fait le vœu de jeûner. De nous châtier par le jeûne de nos péchés, de nous corriger (sens le plus général de castigo). Mais nous demandons à Dieu que ce jeûne lui-même, qui est une dévotion (même racine que vœu : votiva, devotio) nous apporte la joie. Comme le corps souffre du jeûne, cette joie ne peut qu’être spirituelle. Mais elle est tout aussi réelle que la souffrance du jeûne, et l’est même bien davantage, puisqu’elle transcende les contingences corporelles et se répand sur le psychisme.

La deuxième partie est sur un thème commun dans les collectes pénitentielles : par le jeûne on calme les affections terrestres, les désirs charnels, ce qui nous rend plus aptes à recevoir, à accueillir, les réalités célestes.

Voici le commentaire du bienheureux cardinal Schuster :

Dans la collecte, on invoque la joie du Saint-Esprit et une dévotion fervente, en faveur de ceux qui mortifient leur corps par le jeûne. Il est impossible d’unir les consolations des sens et celles de l’esprit ; leurs goûts sont en parfaite opposition. Quand les sens jouissent, l’esprit devient comme obscurci par la fumée des passions charnelles ; au contraire, plus l’âme imprime dans la chair les stigmates de la croix, plus elle se sent libre et pure, plus son regard est clair et perspicace.


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