
Tempus meum * nondum advénit, tempus autem vestrum semper est parátum.
Mon temps * n’est pas encore venu, mais votre temps est toujours prêt.

Vos ascéndite * ad diem festum hunc: ego autem non ascéndam, quia tempus meum nondum advénit.
Allez, vous, * à cette fête : pour moi, je n’y vais point, parce que mon temps n’est pas encore venu.
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Les « antiennes directrices » du jour, comme les appelle dom Pius Parsch, au Benedictus (laudes) et au Magnificat (vêpres) reprennent deux propos du Christ dans l’évangile, aux versets 6 et 8 du chapitre 7 de saint Jean. La liturgie insiste sur « mon temps n’est pas encore venu » au point de modifier le texte de l’évangile pour que la répétition soit parfaite et donc frappante.
En fait Jésus dit la première fois « mon temps n’est pas encore venu », mais la deuxième fois il dit : « mon temps n’est pas encore accompli ». En latin impletum est, en grec πεπλήρωται (peplirotai).
L’insistance, qu’elle résulte de la répétition ou d’une inflexion particulière qui renforce le premier terme, montre que le temps du Christ (kairos) est bel et bien sur le point de venir, d’être accompli : ce sera la semaine prochaine.
Sur le plan musical, ces deux antiennes sont des récitatifs sans surprise, sauf deux particularités parallèles. Celle du Benedictus insiste sur « vestrum », lourdement : votre triste temps terrestre, votre temps pénible, est toujours prêt. Celle du Magnificat insiste sur « ego », l’auto-affirmation de la divinité, par une double note doublement longue, suivie d’un mélisme se terminant pas l’une des révérences qui illustrent habituellement le nom du Seigneur. C’est un écho de l’« Ego Sum », Je Suis, qui ponctue l’évangile de saint Jean.
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