L’Union européenne entame un processus de sanctions contre le vice-Premier ministre serbe Alexandre Vulin et exige qu’il ne fasse pas partie du prochain gouvernement serbe. Parce que les propos de Vulin mercredi au Parlement européen, dans le cadre de la conférence « Le chemin de la Serbie vers l’Union européenne », organisé par des députés de l’AfD (groupe Europe des nations souveraines) n’ont pas plu du tout au soviet suprême de Bruxelles.
Extraits :
« La Serbie a construit sa relation avec l’UE en se laissant guider par ses émotions. Elle l’adorait et lui pardonnait tous ses péchés et toutes ses trahisons. Cet amour aveugle, dénué de raison, l’a amenée à oublier que l’UE avait participé au bombardement de la Serbie et de la Republika Srpska et à la reconnaissance du soi-disant Kosovo, tandis qu’elle agit également comme si elle ne voyait pas que l’UE est impliquée dans toutes les tentatives visant à saper le président Vucic et les autorités serbes. L’idée que les peuples des Balkans sont enclins à l’amour passionnel, contrairement aux peuples d’Europe du Nord ou de l’Ouest, s’est révélée vraie dans le cas de l’UE et de la Serbie. Imaginez que la Belgique soit bombardée, qu’une partie de son territoire soit prise, qu’on lui demande de reconnaître le territoire volé, et qu’elle doive encore se battre pour remplir les conditions d’adhésion à une telle organisation sans demander d’excuses ou un changement de politique à son égard. La Belgique n’a pas ce genre d’amour, mais la Serbie l’a eu envers l’UE. »
« Pendant 20 ans, nous avons répondu à tous les souhaits et à toutes les exigences de l’UE, puis on nous a dit que les prochains membres à part entière de l’UE qui n’ont rempli aucune condition seraient l’Ukraine et la Moldavie. Il semble que la seule condition d’adhésion à l’UE soit la guerre avec la Russie – et nous ne remplirons jamais cette condition. Je suis désolé que vous ayez même pensé que nous pouvions faire quelque chose d’aussi bas que d’imposer des sanctions à la Russie à cause d’un conflit qui aurait pu être évité si vous aviez simplement respecté les accords de Minsk. »
Interrogé ensuite par l’agence TASS, il a notamment déclaré :
« L’UE n’est plus l’ensemble de valeurs que nous admirions autrefois. Ce n’est plus l’Europe de de Gaulle, ce n’est plus l’Europe des nations libres. L’UE a perdu toute autorité morale pour nous guider et nous juger. Nous rêvions d’une Europe des nations libres et des droits égaux. Nous nous sommes réveillés à la porte d’une union qui ne veut pas de nous. »
« Si nous avions suivi la politique imprudente et hystérique de l’Union européenne envers la Russie, la Serbie aurait perdu au moins 15 milliards d’euros et personne dans l’UE ne songerait même à compenser cela. »
« Tous les médias européens, russes, chinois, ukrainiens et biélorusses sont facilement accessibles en Serbie. Nous n’allons saisir les biens de personne. Sous aucun prétexte. L’Union européenne interdit tous les médias qui ne font pas écho à ce que Bruxelles dit. Alors que toutes les chaînes financées par la Russie sont interdites, les actifs russes et les biens de ses citoyens sont confisqués, ils qualifient la Serbie de dictature parce qu’elle refuse d’interdire les médias qui sont interdits dans l’UE. »
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