Délire russophobe

Les organisateurs du concours Word Press Photo ont annulé l’invitation de Mikhaïl Terechtchenko, journaliste russe lauréat cette année dans la catégorie « Reportages pour la région Europe ». Le motif de l’annulation est « l’augmentation des tensions sur le continent européen ».

Le jury de Word Press Photo lui décerne un prix. L’organisateur refuse qu’il vienne le chercher à Amsterdam…

C’est « un acte d’automutilation de Word Press Photo », commente Maria Zakharova, et sur le motif avancé : « C’est une telle honte qu’ils feraient mieux de se taire. »

« Cela défie assurément le sens commun et va à l’encontre de l’esprit de solidarité journalistique », a déclaré le porte-parole du Kremlin.

Mais il ne peut pas y avoir de solidarité avec des journalistes russes, qui ne peuvent être que des propagandistes du Kremlin, et d’ailleurs on attend les sanctions que les organisateurs du concours Word Press Photo ne vont pas manquer de prendre contre un jury manifestement payé par Poutine.

Les pharmaciens de la culture de mort

Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France, sur l’euthanasie :

« Nous ne solliciterons pas de clause de conscience sur ce sujet. »

« Notre monopole et notre éthique professionnelle l’exigent. » Sic. L’éthique du tueur diplômé.

Il y a un an, la présidente du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens (CNOP) avait déjà été claire sur le fait que le pharmacien « ne peut être un frein ou un obstacle à la volonté du patient et à la bonne exécution de la loi ». Elle avait ajouté :

« En entrant dans la profession, le pharmacien accepte et intègre la dimension collective de sa fonction et en assume les responsabilités et les conséquences. La dimension collective prime pour l’Ordre. »

Collectiviste, oui. Le collectivisme totalitaire de la culture de mort.

Icônes sauvées et icônes volées

J’ai évoqué mardi le monastère Saint-Nicolas de Gornal, dans l’oblast de Koursk, qui jouxte la frontière ukrainienne, transformé en place forte par 300 soldats de l’armée ukrainienne qui y sont retranchés et doivent y rester aussi longtemps que possible, jusqu’à la mort, pour que Zelensky puisse continuer de dire que son armée occupe une partie du territoire russe…

L’armée russe a commencé hier l’assaut du monastère, en s’en approchant par les bois qui sont à l’est. Le monastère surplombe la rivière qui fait la frontière, et il est un véritable château-fort, avec ses murs de plus d’un mètre et ses caves, même si les deux églises ont été détruites par les bombardements. « Les soldats nous écrivent pour nous demander comment faire », dit le hiéromoine Mélèce. Ce serait bien de sauvegarder le monastère, dit-il, mais ce qui importe d’abord est la vie des soldats.

Le hiéromoine Mélèce, qui est devenu aumônier militaire, est connu dans la région parce que, avec deux autres prêtres, il n’a pas arrêté de se démener, sous les bombes (il a été blessé à la jambe par un éclat d’obus) et pris en chasse par les drones (son alter ego Igor Vasyoukov en a abattu deux au fusil), pour évacuer les habitants, et aussi pour sauver les icônes, les vêtements liturgiques et les instruments du culte dans les églises dévastées par les Ukrainiens. Du moins ce qui reste après le pillage. Une trentaine d’icônes historiques ont été rassemblées à Koursk le 7 avril. Du monastère Saint-Nicolas les fidèles n’ont pu sauver que quelques icônes, dont celle de la Mère de Dieu Souveraine. Le hiéromoine Mélèce sait que les Ukrainiens ont volé les autres grandes icônes, qui sont très lourdes, en les traînant dehors avec des cordes, et qu’elles sont en vente actuellement en Ukraine.

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Le monastère est connu pour son atelier de vêtements liturgiques.

Document polonais

— Et si Poutine décidait d’envahir notre pays ?
— Est-ce que Poutine est ici avec nous dans ce studio, dans cette salle ? Avez-vous ces symptômes depuis longtemps ?

Ci-dessous la traduction de la transcription intégrale de l’interview de Grzegorz Braun, président du parti polonais Confédération, par la télévision régionale polonaise des Beskides. (Où l’on vérifie que les médias polonais sont aussi pourris que les nôtres. La présentation est d’une mauvaise foi digne de nos fleurons de presse.)

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Samedi de la Passion

Evangéliaire du XIe siècle, Burney ms. 19, British Library.

L’évangile de ce jour anticipe sur les Rameaux, mais il contient beaucoup d’autres choses, et qui sont amenées de façon mystérieuse. Voilà des païens qui viennent adorer à Jérusalem. Ils sont encore païens, mais ils savent que c’est à Jérusalem qu’on adore le vrai Dieu. Ils s’approchent de Philippe, pour parler en grec à un apôtre qui a un nom grec. Ils disent à Philippe qu’ils veulent voir Jésus. Ce Jésus à qui Philippe demandera bientôt de lui montrer le Père, et à qui Jésus répondra : « Celui qui m’a vu a vu le Père. » Philippe les conduit à André, l’autre apôtre qui a un nom grec. Puis tous deux vont voir Jésus. Jésus paraît ne rien leur répondre à propos des païens qui veulent le voir. Comme s’il ignorait purement et simplement la demande. Mais le discours qu’il tient alors est l’annonce du salut proposé à tous les païens, par la Croix.

« Jésus leur répondit : L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié. » La gloire, c’est la croix, comme le souligne fortement saint Cyrille d’Alexandrie dans son commentaire de saint Jean. La Croix est l’instrument de la manifestation de la gloire du Fils de l’homme, qui sera pleinement accomplie par la résurrection.

Et l’on remarque alors que ce propos renvoie à un propos tenu juste avant la Transfiguration, selon les trois synoptiques : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup (…) et qu’il ressuscite le troisième jour. »

Ensuite c’est encore plus net : « Celui qui aime sa vie, la perdra ; et celui qui hait sa vie dans ce monde, la conserve pour la vie éternelle. Si quelqu’un me sert, qu’il me suive ; et là où je suis, mon serviteur sera aussi. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. » Dans les synoptiques, avant la Transfiguration : « Qui voudrait sauver son âme la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. » Et : « Si quelqu’un veut venir à ma suite (…) qu’il prenne sa croix et vienne à moi. »

Dans son évangile, saint Jean ne parle pas de la Transfiguration. Il ne parle pas non plus de l’Agonie au jardin des oliviers. C’est l’essentiel, mystique, de ces deux épisodes, qui est ici évoqué, comme l’avait remarqué Xavier Léon-Dufour (Etudes d’Evangile, cité dans Bible chrétienne II*).

Voici l’évocation du jardin des oliviers : « Maintenant, mon âme est troublée (…) Père, sauve-moi de cette heure. Mais c’est pour cela que je suis arrivé à cette heure. Père, glorifie ton Nom. » (« Mon âme est triste jusqu’à la mort (…) Père, s’il est possible, que ce calice s’éloigne de moi ; cependant, qu’il en soit non pas comme je veux, mais comme tu veux. »)

« Alors vint une voix du ciel… » Comme à la Transfiguration. Et aussi au baptême… chez les synoptiques.

La voix dit : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai ».

Par la Croix, comme le dit ensuite Jésus : « Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tout à moi. » Notamment ces Grecs qui veulent me voir…