Etats-Unis – Russie

La rencontre hier entre responsables russes et américains à Istanbul avait pour but principal de normaliser les relations diplomatiques entre les deux pays.

Aujourd’hui, Steve Witkoff, l’envoyé spécial du président des Etats-Unis, est de nouveau en Russie. En fin de matinée il a rencontré Kirill Dmitriev à Saint-Pétersbourg. Il rencontre une nouvelle fois Vladimir Poutine cet après-midi. (Dmitriev était l’envoyé de Poutine à Washington le 3 avril.)

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L’ambassadeur des Etats-Unis en Ukraine, Bridget Brink, démissionne. C’est une amie de Victoria Nuland et elle n’est plus en phase avec la nouvelle politique américaine… et elle ne peut plus distribuer l’argent de l’USAID à ses clients…

Un nouveau coup d’arrêt à la dinguerie du « genre »

Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, écrit dans un commentaire du New York Times qu’elle ignore tous les courriels incluant des « pronoms préférentiels » dans leur signature électronique :

« Tout journaliste qui choisit d’indiquer ses pronoms préférentiels ne se soucie clairement pas de la réalité ou de la vérité biologique et ne peut donc pas être considéré comme fiable pour écrire un article honnête. »

Cela confirme ce qu’elle avait déjà dit à un journaliste de la même publication : « Par principe, nous ne répondons pas aux journalistes qui mettent des pronoms dans leur présentation. »

Le New York Times cite une réponse identique de Katie Miller, du Département de l’efficacité gouvernementale (DOGE) : « Par principe, je ne réponds pas aux personnes qui utilisent des pronoms dans leur signature, car cela montre qu’elles ignorent les réalités scientifiques et donc les faits. »

A propos du DOGE, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth fait savoir que suite aux découvertes de l’équipe d’Elon Musk il met fin à une série de contrats qui ne servaient à rien (en général à des « consultants ») pour 5,1 milliards de dollars (bien cinq milliards). Et, ajoute-t-il, ce n’est pas fini.

Canada : pas un pour racheter l’autre

Le Premier ministre canadien Mark Carney a réitéré le 8 avril son engagement LGBT de permettre d’imposer aux enfants des bloqueurs de puberté et autres drogues pour « transition de genre », et le charcutage irréversible de « réassignation de genre », et cela « sans exception ». Parce que « l’accès aux soins de santé est un droit fondamental ».

Deux jours plus tôt, ce catholique qui est aussi, « sans réserve », pour le droit fondamental à l’avortement jusqu’à la naissance, assistait à la messe en l’église Sainte-Monique d’Ottawa. Le prêtre dans son sermon qualifia l’avortement de meurtre, rappela que le fait d’aider ou d’encourager l’avortement est un péché mortel, et exhorta les paroissiens à se souvenir qu’on ne doit pas recevoir la communion si on a commis un péché mortel dont on ne s’est pas confessé. Et une vidéo montre Mark Carney allant communier.

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Le 9 avril, le chef du parti conservateur Pierre Poilievre a déclaré dans un podcast : « Nous défendrons la liberté de choix des femmes. » Son interlocuteur lui a demandé s’il parlait de l’avortement. Il a répondu : « Oui. Nous ne changerons jamais la loi sur l’avortement, nous avons adopté une politique du Parti conservateur il y a 20 ans disant que nous ne changerons jamais les règles ou les lois pour restreindre l’avortement. »

(En réalité il n’y a pas de loi sur l’avortement au Canada, peut-être le seul pays au monde dans ce cas. Il y a eu en 1969 une loi qui modifiait le code criminel en permettant l’avortement si un comité de trois médecins déterminait que la grossesse constituait un danger pour la santé de la mère. En 1988 la Cour suprême a abrogé cette disposition. « Depuis, l’avortement est traité comme un service de santé », comme dit le site du gouvernement (qui ne parle pas de la mère mais du « parent »).

Quand le Louvre encense la Russie

Le Louvre est très fier de présenter sa nouvelle acquisition : une icône ayant appartenu à Nicolas II. Achetée 2,2 millions d’euros à New York.

L’entrée en collection de cette œuvre de provenance impériale est majeure. Mikhaïl Evlampievich Perkhin, maître-orfèvre virtuose de la maison Fabergé, qui l’a réalisée, est l’auteur de presque tous les célèbres œufs de Pâques offerts par Alexandre III à l’impératrice Maria Fédorovna, puis par Nicolas II à son épouse Alexandra et à sa mère, l’impératrice douairière.

Sur le panneau central, l’iconographie est répartie en deux registres. En partie inférieure, les deux « saints choisis » du couple impérial se tiennent debout, saint Nicolas, l’évêque de Myre (IVe siècle), et sainte Alexandra, l’épouse légendaire de l’empereur Dioclétien, convertie au christianisme par saint Georges et exécutée sur l’ordre de son mari à Nicomédie. En partie supérieure, en buste, est figurée sainte Olga, épouse du grand-prince Igor Ier et grand-mère de saint Vladimir Ier, régente de la Rus’ de Kiev à partir de 945 et première dirigeante slave à se convertir au christianisme.

Le Louvre écrit bien Kiev, et non « Kyiv », et ignore l’Ukraine… Olga est à l’origine de l’empire russe. Point final.

Sur le plan pictural, on remarque que l’icône proprement dite est remarquablement traditionnelle (quoique à l’huile, selon le Louvre), alors qu’à l’époque la mode était aux icônes occidentalisées complètement décadentes. Le Louvre nous explique que l’élite avait aussi recours à des iconographes héritiers de la tradition des vieux-croyants de Mstera installés à Saint-Pétersbourg.

D’où un contraste saisissant (et plutôt malvenu à mon goût) entre la peinture et le décor très et trop « art nouveau ».