Le pape non pape

François est allé hier à la basilique Saint-Pierre. Avec la canule à oxygène dont il ne se sépare jamais, mais sans soutane blanche, sans calotte, sans anneau, sans croix pectorale… T-shirt beige à manches longues, pantalon noir, plaid rayé. Si on ne le reconnaissait pas on pourrait croire que c’est un intrus SDF handicapé qu’on reconduit à la sortie…

C’est tellement gênant que Vatican News a illustré son article dégoulinant de dévotion pontificale larmoyante par une photo prise dimanche dernier : quand François est arrivé impromptu pendant la célébration du « jubilé des malades » et a interrompu la messe pour bien montrer que c’est lui qui est important…

Vendredi de la Passion

L’épître de ce jour, titrée du chapitre 17 de Jérémie, comporte trois phrases qui ont été reprises par la liturgie.

La première est devenue le capitule de l’heure de tierce au temps de la Passion :

Dómine, omnes, qui te derelínquunt, confundéntur : recedéntes a te in terra scribéntur : quóniam dereliquérunt venam aquárum vivéntium Dóminum.

Seigneur, tous ceux qui vous abandonnent seront confondus ; ceux qui se retirent de vous seront écrits sur la terre, parce qu’ils ont abandonné le Seigneur, la source des eaux vives.

La deuxième phrase est le capitule de tierce pendant l’année :

Sana me, Dómine, et sanábor : salvum me fac, et salvus ero : quóniam laus mea tu es.

Guérissez-moi, Seigneur, et je serai guéri ; sauvez-moi, et je serai sauvé, car vous êtes ma louange.

La dernière phrase est le capitule de sexte au temps de la Passion :

Confundántur, qui me persequúntur, et non confúndar ego : páveant illi, et non páveam ego. Induc super eos diem afflictiónis, et dúplici contritióne cóntere eos, Dómine, Deus noster.

Que ceux qui me persécutent soient confondus, et que je ne sois pas confondu moi-même ; qu’ils aient peur, et que je n’aie pas peur ; faites venir sur eux le jour du malheur, et brisez-les d’un double brisement, ô Seigneur notre Dieu.

Cela fait à peu près les deux tiers du texte. Et dans ce qui reste il y a aussi une expression qui a été souvent commentée par les pères (notamment en relation avec des propos de saint Paul) : « et diem hóminis non desiderávi, tu scis » : Et moi je n’ai pas désiré le jour de l’homme, tu le sais.

Faisant fi des commentaires patristiques, et du fait que la Vulgate et la Septante sont en parfait accord, les Bibles modernes traduisent tout autre chose, qui est une banalité. De même les Bibles modernes, faisant fi des commentaires patristiques et de l’accord de la Vulgate et de la Septante, ne traduisent pas « seront écrits sur la terre » (dans la poussière, et non dans le Livre de Vie), mais là aussi une banalité.

Sur le massacre de la collecte de la messe de ce jour, typique du fait que la néo-liturgie est celle d’une néo-religion, voir ici.

Anatomie d’un vol massif

Kaja Kallas :

« En ce qui concerne l’utilisation des avoirs russes gelés, nous sommes en train de négocier avec les 27 États membres. Et nous nous préparons, car il y a certains risques et nous discutons de la manière de les atténuer. Et certains pays s’y opposent fermement. »

Maria Zakharova :

« Il me semble que c’est une occasion unique d’analyser un crime non pas après qu’il a été commis, mais pendant sa planification et son développement. Les criminologues, les psychologues et les physionomistes ont une chance incroyable d’étudier la motivation et le cours de la pensée criminelle pratiquement en temps réel. »

Etats-Unis – Russie : discrètement…

Le représentant permanent de la Russie auprès des Nations Unies à Genève, Guennady Gatilov, déclare à une télévision russe :

« En ce qui concerne les États-Unis et la délégation américaine ici, à Genève, on peut constater certains progrès dans le fait que la délégation américaine a cessé de soutenir les décisions ou les projets de décisions russophobes approuvés par divers organes du système des Nations unies. »

Il a précisé que lors d’un récent vote à l’Organisation internationale du travail (OIT), les États-Unis, qui faisaient auparavant partie des partisans des initiatives antirusses, se sont abstenus, ce qui, selon Gatinov, était « plutôt symptomatique ».

Les changements qui se produisent sur la scène internationale en général et dans les relations entre la Russie et les États-Unis en particulier « ne seront pas perdus » et « ne peuvent qu’avoir un impact sur l’atmosphère » dans les enceintes internationales, a-t-il ajouté.

Et de nouvelles discussions russo-américaines ont eu lieu ce jour à Istanbul.

Les soviets de Bruxelles contre la Serbie

L’Union européenne entame un processus de sanctions contre le vice-Premier ministre serbe Alexandre Vulin et exige qu’il ne fasse pas partie du prochain gouvernement serbe. Parce que les propos de Vulin mercredi au Parlement européen, dans le cadre de la conférence « Le chemin de la Serbie vers l’Union européenne », organisé par des députés de l’AfD (groupe Europe des nations souveraines) n’ont pas plu du tout au soviet suprême de Bruxelles.

Extraits :

« La Serbie a construit sa relation avec l’UE en se laissant guider par ses émotions. Elle l’adorait et lui pardonnait tous ses péchés et toutes ses trahisons. Cet amour aveugle, dénué de raison, l’a amenée à oublier que l’UE avait participé au bombardement de la Serbie et de la Republika Srpska et à la reconnaissance du soi-disant Kosovo, tandis qu’elle agit également comme si elle ne voyait pas que l’UE est impliquée dans toutes les tentatives visant à saper le président Vucic et les autorités serbes. L’idée que les peuples des Balkans sont enclins à l’amour passionnel, contrairement aux peuples d’Europe du Nord ou de l’Ouest, s’est révélée vraie dans le cas de l’UE et de la Serbie. Imaginez que la Belgique soit bombardée, qu’une partie de son territoire soit prise, qu’on lui demande de reconnaître le territoire volé, et qu’elle doive encore se battre pour remplir les conditions d’adhésion à une telle organisation sans demander d’excuses ou un changement de politique à son égard. La Belgique n’a pas ce genre d’amour, mais la Serbie l’a eu envers l’UE. »

« Pendant 20 ans, nous avons répondu à tous les souhaits et à toutes les exigences de l’UE, puis on nous a dit que les prochains membres à part entière de l’UE qui n’ont rempli aucune condition seraient l’Ukraine et la Moldavie. Il semble que la seule condition d’adhésion à l’UE soit la guerre avec la Russie – et nous ne remplirons jamais cette condition. Je suis désolé que vous ayez même pensé que nous pouvions faire quelque chose d’aussi bas que d’imposer des sanctions à la Russie à cause d’un conflit qui aurait pu être évité si vous aviez simplement respecté les accords de Minsk. »

Interrogé ensuite par l’agence TASS, il a notamment déclaré :

« L’UE n’est plus l’ensemble de valeurs que nous admirions autrefois. Ce n’est plus l’Europe de de Gaulle, ce n’est plus l’Europe des nations libres. L’UE a perdu toute autorité morale pour nous guider et nous juger. Nous rêvions d’une Europe des nations libres et des droits égaux. Nous nous sommes réveillés à la porte d’une union qui ne veut pas de nous. »

« Si nous avions suivi la politique imprudente et hystérique de l’Union européenne envers la Russie, la Serbie aurait perdu au moins 15 milliards d’euros et personne dans l’UE ne songerait même à compenser cela. »

« Tous les médias européens, russes, chinois, ukrainiens et biélorusses sont facilement accessibles en Serbie. Nous n’allons saisir les biens de personne. Sous aucun prétexte. L’Union européenne interdit tous les médias qui ne font pas écho à ce que Bruxelles dit. Alors que toutes les chaînes financées par la Russie sont interdites, les actifs russes et les biens de ses citoyens sont confisqués, ils qualifient la Serbie de dictature parce qu’elle refuse d’interdire les médias qui sont interdits dans l’UE. »