Sainte Marie l’Egyptienne

Le cinquième dimanche de carême, la liturgie byzantine fait mémoire de sainte Marie l’Egyptienne, qui a par ailleurs sa fête le 1er avril, et se trouve au 2 avril dans le martyrologe romain. Marie l’Egyptienne est quasiment une personnification de la repentance, et on l’invoque à la fin de chaque ode du Grand Canon de saint André de Crète. (Le moine qui la découvrit dans le désert, lui donna la communion, puis l’ensevelit et écrivit sa vie – comme on le voit sur la vidéo – est saint Zosime, commémoré le 17 avril dans le calendrier byzantin et le 4 avril dans le martyrologe romain.)

Voici les stichères des vêpres de ce dimanche, par Thanasis Daskalothanasis.

Σὲ μὲν διεκώλυε, τῆς τῶν σεπτῶν ἐποπτείας, μολυσμῶν τῶν πρότερον, τὸ ἐπισυρόμενον μιαντήριον, ἡ δὲ σὴ αἴσθησις, καὶ τῶν σοὶ θεόφρον, πεπραγμένων ἡ συνείδησις, τὴν πρὸς τὰ κρείττονα, σοὶ ἐπιστροφὴν ἐνειργάσατο· εἰκόνι γὰρ προσβλέψασα, τῆς εὐλογημένης Θεόπαιδος, πάντων καταγνοῦσα, πταισμάτων σου πανεύφημε τῶν πρίν, ἐν παῤῥησίᾳ τὸ τίμιον, Ξύλον προσεκύνησας.

L’impureté où t’entraînaient jadis les souillures – t’empêchait de voir ce qui est saint – Mais le sens et la conscience de ce que tu avais fait – sage de Dieu, te ramenèrent vers le meilleur – Car tu as vu l’image de la servante bénie de Dieu – Elle t’a purifiée de toutes tes fautes d’autrefois – quand toute pieuse, en confiance tu as vénéré le bois précieux de la Croix.

Τόπους προσκυνήσασα, περιχαρῶς τοὺς ἁγίους, ἀρετῆς ἐφόδιον, σωτηριωδέστατον ἔνθεν εἴληφας, καὶ φαιδρῶς ἔδραμες, τὴν καλὴν πορείαν, καὶ τὸ ῥεῖθρον ἐκπεράσασα, τὸ Ἰορδάνειον, τὸ τοῦ Βαπτιστοῦ ἐνδιαίτημα, προθύμως κατεσκήνωσας, καὶ τὴν τῶν παθῶν ἀγριότητα· διὰ πολιτείας, ἡμέρωσας λεπτύνασα σαρκός, δι’ ἐγκρατείας ἀείμνηστε, Μῆτερ τὰ οἰδήματα.

Tu as visité en joie les lieux saints – tu as reçu le viatique salutaire de la vertu – et tu as pris soudain le chemin de la beauté – tu as passé les eaux du Jourdain – tu es allée vivre dans la demeure du Baptiste – Par ta vie tu as détruit la sauvagerie des passions – tu as librement affiné les enflures de la chair, Mère d’éternelle mémoire.

Ἔρημον οἰκήσασα, τῶν σῶν παθῶν τὰς εἰκόνας, εὐσεβῶς ἀπειλήψας, τὸ θεοειδέστατον ἐξεικόνισμα, ἐν ψυχῇ γράψασα, ἀρετῶν ἰδέαις, καὶ τοσοῦτον ὑπερέλαμψας, ὡς καὶ τοῖς ὕδασι, κούφως ἐπιβαίνειν τοῖς ἴχνεσι, καὶ γῆθεν ὑπεραίρεσθαι, ἐν ταῖς πρὸς Θεόν σου ἐντεύξεσι, καὶ νῦν παῤῥησίᾳ, πανένδοξε Μαρία τῷ Χριστῷ, παρισταμένη δυσώπησον, ὑπὲρ τῶν ψυχῶν ἡμῶν.

Tu es allée demeurer dans le désert – tu as effacé de l’âme les images de tes passions – tu as inscrit en toi la forme la plus divine des vertus, tu as tant brillé de lumière, Bienheureuse – que tu marchais légère sur les eaux – et que tu t’élevais de terre quand tu priais vers Dieu – Maintenant dans la liberté, toute glorieuse Marie, auprès du Christ, prie pour nos âmes.

Premier dimanche de la Passion

Nous voici au temps où va s’accomplir l’Epiphanie, la pleine manifestation du Dieu fait homme. Les mages avaient apporté en cadeau à l’Enfant de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Les voici en acte.

Celui qui va au Sacrifice est le Roi à qui revient l’or : dès les premières vêpres de ce temps l’hymne le chante : « Vexilla Regis prodeunt… » : les étendards du roi s’avancent. Ces étendards royaux, c’est la Croix. L’hymne fut composée en 569 par saint Venance Fortunat pour la procession de l’arrivée à Poitiers de la relique de la Sainte Croix donnée par l’empereur Justin II. Cet étendard est couvert du sang du Christ, il est « orné de la pourpre royale » (ornata regis purpura).

Le Christ est le grand prêtre qui n’entre pas dans le Saint des Saints une fois par an avec le sang des animaux offerts en sacrifice, mais une fois pour toutes avec son propre sang, car il s’offre lui-même en sacrifice, et c’est le seul sacrifice efficace : celui d’un homme qui est Dieu. A lui l’encens.

Ce Dieu qui se sacrifie pour les hommes qu’il aime est réellement et vraiment homme, il va réellement et vraiment mourir : à lui la myrrhe.

C’est une marche à la mort qui commence en ce jour. A la mort la plus cruelle et la plus infâme de l’homme le plus pur et le plus saint qu’ait jamais porté la terre. Pourtant c’est une fête que la liturgie nous annonce, discrètement, au début des matines, mais clairement, en reprenant librement le début du chapitre 23 du Lévitique, quand Dieu édicte à Moïse les fêtes qu’il faut célébrer :

℟. Isti sunt dies, quos observáre debétis tempóribus suis : * Quartadécima die ad vésperum Pascha Dómini est : et in quintadécima solemnitátem celebrábitis altíssimo Dómino.
℣. Locútus est Dóminus ad Móysen, dicens: Lóquere fíliis Israël, et dices ad eos.
℟. Quartadécima die ad vésperum Pascha Dómini est : et in quintadécima solemnitátem celebrábitis altíssimo Dómino.

Voici les jours de fête que vous observerez en leurs temps : au quatorzième jour du premier mois, vers le soir, est la Pâque du Seigneur, et au quinzième jour vous célébrerez une solennité en l’honneur du Dieu très-haut.

La fête de la Pâque, c’est l’immolation de l’Agneau et la libération de l’esclavage de l’Egypte – du péché ; c’est le passage de la mer Rouge – le baptême dans le sang du Christ en Croix. Il faut que ce sang coule pour que la libération ait lieu. Et au quinzième jour le grand prêtre et grand roi crucifié ressuscitera pour libérer les captifs et les introduire dans son royaume.

Michigan : quatre avortoirs de moins

L’avortoir de Marquette était le seul de la « Péninsule supérieure ».

Le Planning familial du Michigan annonce la fermeture de trois de ses avortoirs et le « fusionnement » de deux autres. Cette branche de l’industrie de l’avortement n’est pas l’un des neuf destinataires de la lettre du gouvernement indiquant le gel de 27,5 millions de subventions pendant l’enquête sur les infractions à la loi interdisant l’idéologie DEI et l’immigration abortive. Mais on préfère prendre les devants, car les temps vont être durs pour les avortueurs. « Notre décision de restructurer reflète des mois de planification stratégique et d’analyse financière minutieuse. Ces changements nécessaires renforcent la capacité de PPMI à s’adapter rapidement dans un paysage politique difficile », dit la présidente, qui s’attend à « d’autres attaques » contre l’avortement.

La publication Michigan Advance se plaint qu’avec la fermeture des établissements de Marquette et de Petoskey c’est tout le nord de l’Etat qui se retrouve sans clinique de « soins de santé reproductive ».

Amber Roseboom, présidente de l’association Droit à la Vie du Michigan, déclare à LifeSiteNews :

 « Les politiques irresponsables prônées par Planned Parenthood, telles que la suppression des réglementations en matière de santé et de sécurité pour les cliniques et la suppression du consentement éclairé pour les femmes souhaitant avorter, ont entraîné une diminution spectaculaire des soins aux femmes. Ces quatre fermetures démontrent l’incapacité de Planned Parenthood à répondre aux besoins des femmes, alors qu’ils continuent de défendre un programme politique radical et une réponse uniquement axée sur l’avortement aux femmes confrontées à des grossesses non planifiées. Bien que l’avortement soit légal jusqu’au moment de la naissance dans le Michigan, les femmes sont de plus en plus intéressées par les options favorables à la vie rendues possibles par le bon travail des plus de 100 centres de ressources sur la grossesse (pregnancy resource centers) du Michigan. »

La fin de l’Eglise latine

Un autre aspect, relevé par l’abbé Barthe dans un article de Res Novae sur le « sacrement des malades » qui a remplacé l’extrême-onction :

Comme toujours dans la réforme liturgique, où l’aspect de « retour aux sources » des rites s’est conjugué avec la dévaluation de leur signification. Car la mue de ce sacrement a accompagné une dédramatisation générale de la mort, médicalisée, localisée à l’hôpital. « Le nouveau rituel de l’Onction des malades s’inscrit dans le mouvement qui tend à déritualiser, désacraliser même la mort en tant que mutation essentielle », écrivait François-André Isambert. La mort, devenue un tabou dans les sociétés occidentales. « On pourrait dire, pour citer une dernière fois Guillaume Cuchet, que la dédramatisation de la mort chrétienne et le silence sur les fins dernières sont la version catholique de ce nouveau tabou, l’Église ayant rompu avec son ancien discours sur la mort parce que les contemporains n’étaient plus en état de le supporter, ou qu’il ne faisait déjà plus sens pour eux depuis un certain temps. »

L’Acathiste à Athènes

Le chant intégral de l’Acathiste en l’église de l’Ascension d’Athènes, hier soir (dans sa langue originelle). L’Acathiste proprement dit commence à 11’28. Il est émouvant d’entendre à 1h34 la foule chanter le kondakion « Invincible chef d’armée ». Car l’église est pleine. Je soupçonne que certains sont là pour entendre un concert gratuit de Nicodème Kabarnos (par exemple à partir de 29’27, ou dans un autre registre à 37’12, ou à 52′), et ils ne sont pas déçus, mais même ceux-là sont debout (a-cathiste) depuis plus d’une heure et demie. Et cela se termine à 1h47 par le chant magnifique du tropaire « L’Ange Gabriel », par les chantres et les fidèles.

Τὴ ὑπερμάχω στρατηγῶ τὰ νικητήρια, ὡς λυτρωθεῖσα τῶν δεινῶν, εὐχαριστήρια, ἀναγράφω σοὶ ἡ Πόλις σου, Θεοτόκε, ἀλλ’ ὦς ἔχουσα τὸ κράτος ἀπροσμάχητον, ἐκ παντοίων μὲ κινδύνων ἐλευθέρωσον ἵνα κράζω σοί, Χαῖρε, Νύμφη ἀνύμφευτε.

Invincible chef d’armée, à toi les accents de victoire ! Libérée du danger, ta ville, ô Mère de Dieu, t’offre des hymnes de reconnaissance. Toi dont la puissance est irrésistible, de tout péril délivre-moi, pour que nous puissions t’acclamer : Salut à Toi, Epouse sans époux !

Τὴν ὡραιότητα, τῆς παρθενίας σου, καὶ τὸ ὑπέρλαμπρον, τὸ τῆς ἁγνείας σου, ὁ Γαβριὴλ καταπλαγείς, ἐβόα σοι Θεοτόκε. Ποῖόν σοι ἐγκώμιον,προσαγάγω ἐπάξιον, τί δὲ ὀνομάσω σε; ἀπορῶ καὶ ἐξίσταμαι· διὸ ὡς προσετάγην βοῶ σοι· Χαῖρε ἡ Κεχαριτωμένη.

L’ange Gabriel, stupéfait de ta virginité et de l’éclat de ta pureté, s’écria vers toi : Ô Mère de Dieu, quelle digne louange puis-je t’offrir ? Comment puis-je t’appeler ? Je suis embarrassé et consterné. C’est pourquoi, fidèle à l’ordre que j’ai reçu, je te crie : Salut, pleine de grâce.