Moscou et Washington : on se parle

Kirill Dmitriev, encore interdit d’entrée sur le territoire américain il y a quelques jours, en conférence de presse devant la Maison Blanche…

Kirill Dmitriev, PDG du Fonds russe d’investissement direct et nommé par Vladimir Poutine le 23 février dernier envoyé présidentiel pour l’investissement étranger et la coopération économique, vient de passer deux jours à Washington, invité par le gouvernement américain qui a dû pour cela annuler les sanctions à son encontre…

« La Russie et les États-Unis ont fait trois pas en avant au cours des deux derniers jours », a-t-il déclaré lors de sa conférence de presse. De nombreux acteurs tentent de perturber le dialogue entre Moscou et Washington, et des divergences subsistent entre la Russie et les États-Unis, mais les deux parties « s’efforcent de les surmonter ».

Dmitriev a affirmé que les préoccupations et la position de Moscou sont entendues par Washington. Lors de la série de réunions, il a été question non seulement de diplomatie, mais aussi d’affaires : la coopération dans l’Arctique et dans le domaine des terres rares ainsi que la reprise des liaisons aériennes entre les États-Unis et la Russie. « Les entreprises américaines se montrent prêtes à occuper les marchés laissés vacants en Russie par les entreprises européennes », a-t-il dit aussi.

Le dialogue entre la Russie et les Etats-Unis, qui a été « complètement détruit sous l’administration Biden, est crucial pour le monde entier ». Son rétablissement sera un processus « complexe et progressif », mais « la vraie compréhension de la position russe ouvre de nouvelles opportunités pour une coopération constructive, notamment dans le domaine des investissements économiques. »

Quand le maire s’en va-t-en-guerre

Le maire du Lavandou, dans le Var, a fait voter par son conseil municipal une subvention de 64.000 € (l’équivalent de 10 € par habitant) au… ministère de la Défense. Afin de participer au réarmement national face à la fantasmatique « menace russe ».

« Tout le monde est patriote, c’est le moment de le montrer », dit-il. « Aujourd’hui, l’État français est en difficulté avec une dette de 3.300 milliards et ne peut pas faire face seul à l’effort de défense sans une mobilisation de la population. »

Autrement dit il veut donner l’exemple. Au moment où la majorité des collectivités locales sont en grande difficulté financière… Et pour alimenter le principal fantasme du moment inventé pour faire peur aux Français…

Pauvre type. Avec ses 64.000 €, l’armée ne pourra même pas acheter UN obus guidé pour un canon Caesar. Si la municipalité du Lavandou peut jeter l’argent par les fenêtres, qu’elle le fasse réellement. Au moins il y aura des gens de la commune pour le ramasser.

Monde de fous

Suite à la suggestion du maire Karim Bouamrane, les parents d’élèves de l’école maternelle Emile Zola de Saint-Ouen (93) ont voté pour le déménagement des classes, afin d’éviter les nuisances du « point de deal » voisin.

Les gazettes le rapportent comme une bonne solution. J’ai vu un reportage de la télévision qui soulignait qu’il n’y avait pas d’autre solution pour assurer la sécurité des enfants.

En effet, si une école maternelle perturbe les activités d’un petit commerce de drogue, il faut déplacer l’école. Ça va de soi.

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Tout près de là, à Saint-Denis, dans la célèbre cité du Franc-Moisin, des policiers ont été pris à partie par un groupe de jeunes déchaînés qui les auraient lynchés s’ils n’avaient pu s’enfuir en voiture. Deux agents de la police municipale ont voulu venir en aide à leurs collègues. Ils sont visés par une enquête du parquet de Bobigny pour « faits de violence avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique ».

C’est normal. Si des policiers se mêlent d’aider d’autres policiers à se sortir des griffes d’une meute de voyous, où va-t-on ?

D’ailleurs la police devrait prendre exemple sur l’école de Saint-Ouen. Au lieu d’embêter les voyous, elle n’a qu’à aller voir ailleurs, là où il n’y en a pas.

Courageuse Stephanie Turner


L’escrimeuse professionnelle Stephanie Turner a refusé de concourir contre un homme qui se prétend femme, lors du tournoi des fleurs de cerisier, dans le Maryland, en sachant que cela allait nuire à sa carrière.

Habituellement elle évite les compétitions où elle sait qu’il y aura un homme déguisé en femme. Mais là elle ne l’a appris que la veille au soir. Au moment du match, dit-elle, « j’ai mis un genou à terre, j’ai regardé l’arbitre et j’ai dit : “Je suis désolée, je ne peux pas faire ça. Je suis une femme, et c’est un homme, et c’est un tournoi féminin. Et je ne joue pas contre cet individu. »

Alors son compétiteur lui a dit : « Tu sais, il y a un membre du conseil d’administration ici qui me soutient, et il y a une politique (de la fédération d’escrime) qui me reconnaît en tant que femme, donc j’ai le droit de faire de l’escrime, et tu auras un carton noir. »

De fait, Stephanie Turner a reçu un carton noir (sanction très rare, au-dessus du carton jaune et du carton rouge) : elle a été exclue du tournoi et disqualifiée.

Un porte-parole de la Fédération internationale d’escrime a expliqué :

« Dans le cas de Stephanie Turner, sa disqualification n’était pas liée à une déclaration personnelle, mais était simplement le résultat direct de sa décision de refuser d’affronter une adversaire éligible, ce que les règles de la FIE interdisent clairement. Selon les règles techniques de la FIE (Fédération internationale d’escrime), en particulier l’article t.113, un escrimeur n’est pas autorisé à refuser d’affronter un autre escrimeur correctement inscrit pour quelque raison que ce soit. En vertu de ces règles, un tel refus entraîne la disqualification et les sanctions correspondantes. Cette politique existe pour maintenir des normes de compétition équitables et préserver l’intégrité du sport. »

Sic : ils osent affirmer qu’accepter des hommes dans les compétitions féminines c’est « maintenir des normes de compétition équitables et préserver l’intégrité du sport ».

Stephanie Turner était consciente de ce qui l’attendait :

« Cette épreuve va probablement détruire ma vie, du moins pour un temps. Je ne pense pas que ce sera facile pour moi désormais d’aller aux tournois d’escrime. Je ne pense pas que ce sera facile pour moi à l’entraînement. C’est très difficile pour moi de faire ça. Pourtant je savais ce que je devais le faire parce que la fédération américaine d’escrime n’a pas écouté les objections des femmes. »

Donald Trump a interdit aux hommes de participer aux compétitions féminines là où il peut le faire, c’est-à-dire essentiellement dans les sports universitaires. Mais il n’a pas de pouvoir sur les fédérations professionnelles. Nul doute cependant que le courage de Stephanie Turner ne restera pas sans fruit.

Vendredi de la quatrième semaine de carême

Giotto, Assise.

L’évangile du jour est la résurrection de Lazare. Dans la liturgie byzantine le « samedi de la résurrection de Lazare » se célèbre la veille des Rameaux, puisque les deux événements sont liés dans l’évangile de saint Jean. Le tropaire mêle les deux et anticipe même sur Pâques. Le voici très joliment chanté dans la tradition znamenny par Julia Nazarenko.

О́бщее воскресе́ние/ пре́жде Твоея́ стра́сти уверя́я,/ из ме́ртвых воздви́гл еси́ Ла́заря Христе́ Бо́же./ Те́мже и мы я́ко о́троцы побе́ды зна́мения нося́ще,/ Тебе́ победи́телю сме́рти вопие́м:/ оса́нна в вы́шних,// благослове́н Гряды́й во и́мя Госпо́дне.

Confirmant la résurrection commune avant ta Passion – Christ, Dieu, Tu as relevé Lazare des morts – Portant comme les enfants les signes de la victoire – nous Te disons, à Toi qui as vaincu la mort – Hosanna au plus haut des cieux – Béni est Celui qui vient au nom du Seigneur.