Russie, Ukraine, Etats-Unis

Steve Witkoff est de nouveau à Moscou.

Addendum : la rencontre a duré trois heures.

Mercredi, Donald Trump a notamment déclaré :

Le président ukrainien, Volodymyr Zelenskyy, se vante en première page du Wall Street Journal que « l’Ukraine ne reconnaîtra pas légalement l’occupation de la Crimée. Il n’y a rien à discuter à ce sujet ». Cette déclaration est très préjudiciable aux négociations de paix avec la Russie, dans la mesure où la Crimée a été perdue il y a des années sous l’égide du président Barack Hussein Obama et ne fait même pas l’objet de discussions. Personne ne demande à Zelensky de reconnaître la Crimée comme territoire russe, mais s’il veut la Crimée, pourquoi ne s’est-il pas battu pour elle il y a onze ans, lorsqu’elle a été cédée à la Russie sans un coup de feu ? Ce sont des déclarations incendiaires comme celles de Zelensky qui rendent si difficile le règlement de cette guerre. Il n’y a pas de quoi se vanter ! La situation de l’Ukraine est désastreuse : il peut choisir la paix ou se battre pendant trois ans avant de perdre tout le pays.

Et hier, en recevant le Premier ministre norvégien : la Russie « a arrêté de prendre tout le pays, c’était une grande concession ».

Ubu roumain

Ubu continue son cirque en Roumanie. Une cour d’appel, celle de Ploiești, a donné suite à l’une des quelque 130 requêtes d’annulation de la décision de la Cour suprême d’annulation du premier tour de la présidentielle, en décembre dernier, quand les Roumains avaient mal voté.

La cour d’appel de Ploiești vient donc d’annuler l’annulation de l’élection par la Cour suprême.

Naturellement, aucun tribunal n’a un tel pouvoir.

Mais le texte existe. Et la Cour de cassation va devoir rejeter la décision de la cour d’appel. En attendant, ce nouvel épisode, à quelques jours du nouveau premier tour de la présidentielle, renforce la campagne de George Simion, qui a remplacé Calin Georgescu et se trouve en bonne position.

On remarque aussi en Roumanie que la décision juridiquement absurde de la cour d’appel de Ploiești a été prise au moment où les magistrats sont vent debout contre la réforme de leurs retraites…

Ioana Ene Dogioiu, rédactrice en chef de SpotMedia, écrit :

« Au-delà des causes et des explications, un fait est certain : l’État roumain, qui n’est pas encore complètement dysfonctionnel, est extrêmement fragile, avec des institutions essentielles minées par l’incompétence ou la corruption. »

Addendum

La Cour suprême a annulé l’annulation de l’annulation du premier tour de la présidentielle, moins de 24 heures après : record absolu.

Un monastère incendié

Les Ukrainiens ont délibérément incendié, à l’aide de drones, le monastère de la Nouvelle Jérusalem, à Soukharevo, dans l’oblast de Belgorod. Ce complexe de l’église Saint-Jean Baptiste et de chapelles (et de huit croix sur les collines), tout en bois, a été édifié à partir de 2001. Il ne se trouve pas du tout dans la région frontalière que les Ukrainiens tentent sans arrêt de franchir depuis leur échec dans la région de Koursk. Sans doute s’agit-il d’une vengeance après la reprise du monastère Saint-Nicolas de Gornal par l’armée russe.

Surprise estonienne

Le président estonien Alar Karis a refusé de promulguer la loi interdisant l’Eglise orthodoxe russe, considérant que « les modifications dans leur forme actuelle contreviennent aux articles 40, 48 et 11 de la Constitution », à savoir ceux qui garantissent la liberté de religion et d’association.

Le texte avait été adopté au Parlement par 60 voix contre 13 (16 députés n’avaient pas participé au vote).

Le président appelle à un nouvel examen du projet pour le rendre conforme à la Constitution. On ne voit pas comment…

Vendredi de Pâques

L’évangile de la messe de ce jour est très court. Ce sont les cinq brefs derniers versets de saint Matthieu. Et ils sont d’une densité extrême, bien que nous n’en ayons plus conscience après deux millénaires de vie de l’Eglise. Pour le comprendre, il faut se mettre à la place des apôtres entendant ce que dit Jésus :

– Toute puissance m’a été donnée dans le ciel et sur la terre.

C’est la toute-puissance de Dieu, qui est Dieu même : « Vous verrez le fils de l’homme siégeant à la droite de la Puissance », avait dit Jésus devant le Sanhédrin. Et cette puissance n’est plus seulement celle du Verbe, c’est celle qui a été donnée à l’humanité glorifiée du Christ (c’est Jésus « né de la chair, établi Fils de Dieu en toute puissance, selon l’Esprit de sainteté par sa résurrection des morts », dira saint Paul) – dans le ciel comme sur la terre.

– Allez enseigner toutes les nations.

La mission est désormais clairement universelle. Il ne s’agit plus seulement des « brebis d’Israël ». Le mot « enseigner » veut dire en fait, en grec, faire des disciples. Et de fait ces apôtres si peu nombreux ont fait des disciples de toutes les nations.

les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

Claire révélation de la Sainte Trinité, appliquée au baptême, le sacrement de l’Alliance nouvelle et éternelle. Trinité dans l’Unité, puisqu’il y a deux fois « et » mais un est le Nom. Comme c’est la seule fois dans l’Ecriture que la Sainte Trinité est citée explicitement et littéralement, et à la toute fin d’un évangile, on peut se demander si cela n’aurait pas été ajouté a posteriori. Mais tous les manuscrits ont cette phrase, avec une seule variante : certains ont baptizontes, d’autres baptizantes, au présent ou à l’aoriste (irrégulier), et à l’aoriste cela suggère la précision que le baptême ne peut être donné qu’une seule fois.

– Je suis avec vous jusqu’à la consommation des siècles.

Pas avec les apôtres, puisqu’ils ne vivront pas jusqu’à la fin du monde. Mais avec l’Eglise. L’Eglise constituée de sorte qu’il y soit toujours présent et qu’il en soit la tête, l’Eglise donc hiérarchique et infaillible.