Les sanctions, ça marche

Une nouvelle version du SJ-100 (Soukhoï SuperJet) a effectué hier son premier vol d’essai à Komsomolsk-sur-l’Amour. Tout a bien fonctionné. La certification devrait être achevée à la fin de l’année.

La nouveauté de cet avion court-courrier est qu’il est de fabrication 100% russe, à cause des sanctions occidentales. Son turboréacteur, notamment, d’une poussée de 8 tonnes, a été développé à l’aide de nouveaux matériaux et de technologies de pointe russes.

Verboten !

Par une démarche véritablement obscène, le gouvernement allemand a interdit à l’ambassadeur de Russie de participer aux cérémonies commémorant le 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale.

L’ambassadeur, Sergueï Netchaïev, a répondu : « Nous n’avons pas besoin d’une invitation spéciale pour honorer la mémoire des libérateurs soviétiques et des victimes du nazisme dans des lieux accessibles au public. »

Le ministère allemand des Affaires étrangères (celui de la foldingue Baerbock-360 degrés) avertit que l’ambassadeur pourrait être expulsé s’il tente de s’imposer. Sic.

Le 4 mai prochain aura lieu une cérémonie à Sachsenhausen, pour l’anniversaire de la libération du camp… par les Russes. Les autorités du Brandebourg font savoir qu’elles appliqueront les consignes, « en coordination avec les forces de sécurité ».

La municipalité de Berlin a pris la même décision pour ce qui concerne les cérémonies dans la capitale… du Reich ?

La semaine dernière, Sergueï Netchaïev s’est invité à la commémoration de la bataille des hauteurs de Seelow. Il y a été reçu par les responsables locaux…

Leur Eglise

La conférence conjointe évêques-laïcs allemands (conférence des évêques et comité central des catholiques) a publié hier une résolution adoptée le 4 avril dernier :

La bénédiction donne de la force à l’amour
Bénédictions pour les couples qui s’aiment
Document à distribuer aux pasteur·e·s

Il s’agit ouvertement des bénédictions à donner aux « couples » de même sexe, dans la ligne du document Fiducia supplicans de François, et du « Chemin synodal » allemand qui a établi : « Fortifiés par la bénédiction, ces couples font fructifier leur foi chrétienne et leur relation avec Dieu dans leur couple, dans leur famille, dans leur cercle d’amis et dans leur communauté, et ils sèment les graines d’autres bénédictions dans et pour notre Église. »

Et il s’agit explicitement d’une bénédiction de la sexualité entre personnes de même sexe.

On remarque aussi que les évêques allemands adoptent l’écriture inclusive, y compris quand il s’agit des « pasteur·e·s ». Car, « conformément à la décision du Chemin synodal, tant les ministres ordonnés que les personnes ayant reçu une mission épiscopale pour exercer des services divins peuvent donner des bénédictions ». Car les laïcs aussi, hommes et femmes, exercent des « services divins ». Tous, sans distinction, sont des « agents pastoraux » (et agentes pastorales ?).

Le document précise que la « bénédiction de Dieu » est « accordée de manière fiable » à ces « couples ». L’infaillibilité est garantie.

Jeudi de Pâques

Icône crétoise, vers 1500, église Saint-Georges des Grecs, Venise. Marie Madeleine dit au Christ : « Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et je le prendrai. » Puis, le reconnaissant : « Rabbouni ».

L’évangile de ce jour est celui du « noli me tangere » (Μή μου ἅπτου), expression aujourd’hui défigurée dans sa traduction et son interprétation. saint Romanos le Mélode (VIe siècle), dans sa première hymne de Pâques, centrée sur Marie Madeleine, l’interprète, strophe 11, comme tous les pères de l’Eglise, selon sa signification obvie. (Traduction de José Grosdidier de Matons, Sources chrétiennes.)

9 Alors celui qui voit tout, voyant Marie-Madeleine vaincue par les sanglots, accablée de regret, en eut le cœur touché et se montra, disant à la jeune fille : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu dans le sépulcre ? » Alors Marie se retourna pour lui dire : « Je pleure parce qu’on a enlevé mon Seigneur du tombeau, et je ne sais pas où il repose. Mais certainement c’est là ton ouvrage, car si je ne me trompe, tu es le jardinier. Eh bien ! si tu as enlevé le corps, dis-le-moi, et moi je reprendrai mon Rédempteur. Il est mon maître, il est mon Seigneur, lui qui offre aux hommes déchus la résurrection. »

10 Celui qui sonde les cœurs et qui explore les reins, sachant que Marie reconnaîtrait sa voix, appelait en vrai pasteur l’agnelle bêlante, disant : « Marie ! » Elle dit aussitôt, l’ayant reconnu : « Oui, c’est bien mon bon pasteur qui m’appelle pour me compter désormais avec les quatre- vingt-dix-neuf brebis. Je vois derrière lui qui m’appelle des légions de saints, des armées de justes, aussi je ne dis pas : ‘Qui es-tu, toi qui m’appelles ?’ Car je sais bien qui il est, celui qui m’appelle : je l’avais dit, c’est mon Seigneur, c’est celui qui offre aux hommes déchus la résurrection. »

11 Emportée par la ferveur du désir, par l’embrasement de l’amour, la jeune fille voulut saisir celui qui remplit toute la création sans en recevoir des limites. Mais le Créateur, s’il ne lui reprocha pas son ardeur, l’éleva vers le monde divin en disant : « Ne me touche pas : me prendrais-tu seulement pour un mortel ? Je suis Dieu, ne me touche pas. Ô femme vénérable, ouvre là-haut tes yeux et considère le monde céleste : c’est là que tu dois me chercher. Car je monte vers mon Père, que je n’ai pas quitté : j’ai toujours été en même temps que lui, je partage son trône, je reçois même honneur, moi qui offre aux hommes déchus la résurrection.

12 Que ta langue désormais publie ces choses, femme, et les explique aux fils du royaume qui attendent que je m’éveille, moi, le Vivant. Va vite, Marie, rassembler mes disciples. J’ai en toi une trompette à la voix puissante : sonne un chant de paix aux craintives oreilles de mes amis cachés, éveille-les tous comme d’un sommeil, afin qu’ils viennent à ma rencontre et qu’ils allument des torches. Va dire : ‘L’époux s’est éveillé, sortant de la tombe, sans rien laisser au- dedans de la tombe. Chassez, apôtres, la tristesse mortelle, car il est réveillé, celui qui offre aux hommes déchus la résurrection. »

Dans la « domus ecclesiae » de Doura Europos, où se trouvent les plus anciennes fresques chrétiennes conservées (241), deux femmes portant des torches et des récipients sont ce qui reste d’un double cortège de cinq femmes convergeant vers un bâtiment. On en a fait des myrophores, mais il est clair qu’il s’agit des vierges folles et des vierges sages, même si elles portent des torches et non des lampes. Et ce sont ces vierges portant des torches que chante Romanos : les vierges sages qui figurent les apôtres réveillés par la myrophore… Et nous tous sommes à Pâques ces vierges sages, comme le chante la liturgie byzantine dans le canon pascal, qu’on doit à saint Jean Damascène :

Tenant nos lampes allumées, / comme au-devant de l’Époux / allons à la rencontre du Christ ressuscité, / et tous ensemble célébrons / en festive procession / la divine Pâque où nous trouvons le salut.