L’offertoire de la messe de ce jour, par la chorale des Pères du Saint-Esprit de Chevilly, en 1957-1958 :

Lauda, ánima mea, Dóminum : laudábo Dóminum in vita mea : psallam Deo meo, quámdiu ero, allelúia.
O mon âme, loue le Seigneur. Je louerai le Seigneur pendant ma vie ; je chanterai mon Dieu tant que je serai, alléluia.
Dans la première phrase, le chanteur s’éveille à la louange de Dieu avec une ferveur qui n’est en rien ostentatoire ou spectaculaire, mais qui, pour cette raison même, fait une impression plus profonde sur un esprit réceptif. Les deuxième et troisième phrases en tirent immédiatement les conclusions pratiques : laudabo, psallam. Ce n’est pas seulement l’occupation du chanteur en cet instant, mais pour toute sa vie ; c’est sa vocation. Tant que le sang coulera dans ses veines, tant que son cœur battra dans sa poitrine, ce devoir sacré le poussera à continuer. Car la miséricorde de Dieu l’accompagne tous les jours de sa vie. Les versets qui accompagnaient autrefois ces versets étaient les suivants : « Je chanterai au Seigneur tant que je vivrai. Lui qui garde la vérité pour toujours, qui rend justice à ceux qui souffrent, qui donne du pain à ceux qui ont faim. Je chanterai au Seigneur tant que je vivrai, alléluia. Le Seigneur relève ceux qui sont abattus, le Seigneur délivre ceux qui sont enchaînés, le Seigneur protège l’orphelin, l’étranger et la veuve. Il détruit les voies des pécheurs. Le Seigneur régnera pour toujours, ton Dieu, ô Sion, d’âge en âge. Je chanterai au Seigneur tant que je vivrai, alléluia. »
Seul le Seigneur peut accomplir tout cela. C’est pourquoi le mot Dominum domine tout le reste. Les terminaisons ascendantes du premier Dominum et de mea sont rendues nécessaires par le début plus bas de la phrase suivante. La même raison s’applique peut-être à meo. Sur le plan rythmique, ces terminaisons similaires créent une grande sérénité, à laquelle contribuent les intonations identiques ou du moins très similaires de Lauda, psallam et alleluia. Les deux neumes sur la syllabe non accentuée (quam)-di-(u) s’expliquent peut-être par le fait que le latin familier préférait conserver l’accent sur la syllabe radicale. Le finale alleluia est commun à tous les Offertoires du quatrième mode pendant le temps pascal. Il tire peut-être sa forme de cet Offertoire-ci, puisque sa première partie ressemble à psallam et sa fin à mea.
En savoir plus sur Le blog d'Yves Daoudal
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.