Les chants psalmodiques et les oraisons de cette messe sont ceux de dimanche dernier (l’office de la vigile n’a été établie qu’entre le VIIème et le IXème siècle). Seules, les lectures sont nouvelles. Elles ont été très heureusement choisies et nous offrent deux belles images de l’Ascension.
La première image est une entrée triomphale au ciel ; le divin vainqueur de la mort et de l’enfer s’avance vers le ciel, chargé d’un riche butin, et là il partage son butin ; ce sont les dons spirituels qu’il communique à son Église. Ces dons sont les charismes, les grâces d’état pour la construction du corps mystique du Christ, c’est-à-dire l’Église (Ep.).
La seconde image est, si possible, plus belle encore : le Fils rentre dans la maison paternelle ; maintenant, il frappe à la porte et demande l’entrée (le rétablissement dans sa gloire) pour lui et pour l’humanité rachetée. C’est une pensée délicate de la liturgie de mettre dans la bouche du Sauveur, à la porte du ciel, la prière sacerdotale (Ev.).
« L’office de la vigile n’a été établi qu’entre le VIIème et le IXème siècle », dit dom Parsch. Je le répète à l’attention de ceux qui continuent de parler de « liturgie tridentine ». C’est un office tardif qui date de plusieurs siècles avant le concile de Trente. « L’origine post-grégorienne de cette messe se trahit par l’absence de chants et de prières propres », dit le cardinal Schuster. La liturgie traditionnelle n’est pas « tridentine », elle est essentiellement grégorienne, parce qu’elle a été ordonnée et enrichie par saint Grégoire le Grand. C’est la liturgie de saint Grégoire le Grand, comme la messe byzantine est la divine liturgie de saint Jean Chrysostome, même si divers éléments existaient avant lui et si divers autres ont été ajoutés au cours de siècles suivants.
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