Zelensky veut voir Poutine en vrai ?

Revirement soudain de Zelensky, répondant favorablement à la proposition de Poutine d’entamer des négociations sans condition en Turquie :

« J’attendrai Poutine en Turquie jeudi. Personnellement. J’espère que cette fois, les Russes ne chercheront pas d’excuses. »

Sic. Ce que propose Poutine, c’est tout simplement de « reprendre les pourparlers » d’avril-mai 2022 en Turquie qui avaient capoté sous la pression des Occidentaux, particulièrement des Anglais. Il ne s’agit pas d’une rencontre entre Poutine et Zelensky, qui ne peut pas être ainsi improvisée, sauf à finir comme celle entre Trump et Zelensky, comme le souligne le vice-président du Sénat russe Konstantin Kosatchev.

Que Zelensky ose évoquer d’éventuelles « excuses » des Russes est énorme. Il convient de rappeler quelques faits.

Poutine accepte de parler avec Zelensky comme dirigeant de facto de l’Ukraine, tout en sachant que selon la Constitution ukrainienne il n’est plus président depuis le 20 mai 2024.

Zelensky a signé le 4 octobre 2022 un décret interdisant toute négociation avec Vladimir Poutine. Décret toujours en vigueur, car aucun acte officiel ne l’a annulé.

Le 4 janvier 2023 le chef du renseignement ukrainien Kyrylo Boudanov affirmait que Poutine allait « mourir très vite » d’un cancer. Il suffisait donc d’attendre un peu. Le cancer, puis les deux, puis trois cancers de Poutine qui était mourant ont occupé les médias pendant des mois. Il ne s’agissait pas seulement des psychopathes ukrainiens. Tous les commentateurs russophobes des plateaux télé annonçaient la mort imminente de Poutine. Ils étaient en retard sur les journaux britanniques : le Daily Star avait annoncé la mort de Poutine dès le 28 mai 2022, le Sunday Mirror le lendemain.

Mais le 26 décembre, le grand expert Valery Solovei expliquait sur la foi de rapports de neurologues réputés que Poutine était maintenu en vie artificiellement par des médecins. D’où le propos de Boudanov.

En janvier 2023, il était donc clair que Poutine ne pouvait plus gouverner. Donc le Poutine qu’on voyait était un sosie, l’un des nombreux sosies de Poutine. D’où la déclaration de Zelensky le 19 janvier :

« Pour le moment, je ne sais pas à qui parler. Je ne sais pas si le président russe est toujours en vie. Je ne sais pas s’il est toujours en vie, ou si c’est lui qui prend personnellement les décisions. »

Le 19 mars Poutine se rend à Marioupol. Aussitôt le ministère ukrainien de l’Intérieur affirme que c’est un sosie. Cela sera repris, au moins de façon interrogative, par les médias occidentaux.

Le 20 avril, Poutine visite la région de Kherson. Le secrétaire du Conseil national de sécurité ukrainien, Oleksiï Danilov, déclare à la télévision : « Il n’y avait pas de Poutine là-bas. C’est un sosie, c’est bien connu. »

Enfin, le 26 mars dernier, il y a un peu plus d’un mois et demi, Zelensky déclarait à propos de Poutine :

« Il va mourir bientôt, c’est un fait, et tout sera terminé. »

Mais jeudi il va à Istanbul ?

Saints Nérée, Achille et Domitille, et Pancrace

Sainte Domitille, Flavie Domitille, était de la famille des empereurs Flaviens : Vespasien, Titus et Domitien. Nérée et Achille étaient ses serviteurs. Pancrace fait l’objet de la deuxième notice du martyrologe de ce jour.

La collecte de cette fête est très belle et profonde dans sa concision toute romaine :

Semper nos, Dómine, Mártyrum tuórum Nérei, Achillei, Domitíllæ atque Pancrátii fóveat, quǽsumus, beáta sollémnitas : et tuo dignos reddat obséquio.

Que toujours, nous vous en supplions, Seigneur, l’heureuse fête de vos Martyrs Nérée, Achillée, Domitille et Pancrace nous soutienne, et nous rende dignes de votre service.

Le mot obsequium veut dire « service » dans le latin tardif, mais il est toujours chargé de ses significations premières et fait donc référence à l’attitude de déférence et d’obéissance des serviteurs de Domitille, et de Domitille elle-même, quoique de race impériale, envers le Seigneur. Nous demandons que cette « bienheureuse solennité des martyrs » nous encourage (sens premier de foveat : nous « réchauffe ») afin que nous devenions dignes de servir Dieu comme il le veut.

3e dimanche après Pâques

L’offertoire de la messe de ce jour, par la chorale des Pères du Saint-Esprit de Chevilly, en 1957-1958 :

Lauda, ánima mea, Dóminum : laudábo Dóminum in vita mea : psallam Deo meo, quámdiu ero, allelúia.

O mon âme, loue le Seigneur. Je louerai le Seigneur pendant ma vie ; je chanterai mon Dieu tant que je serai, alléluia.

Dans la première phrase, le chanteur s’éveille à la louange de Dieu avec une ferveur qui n’est en rien ostentatoire ou spectaculaire, mais qui, pour cette raison même, fait une impression plus profonde sur un esprit réceptif. Les deuxième et troisième phrases en tirent immédiatement les conclusions pratiques : laudabo, psallam. Ce n’est pas seulement l’occupation du chanteur en cet instant, mais pour toute sa vie ; c’est sa vocation. Tant que le sang coulera dans ses veines, tant que son cœur battra dans sa poitrine, ce devoir sacré le poussera à continuer. Car la miséricorde de Dieu l’accompagne tous les jours de sa vie. Les versets qui accompagnaient autrefois ces versets étaient les suivants : « Je chanterai au Seigneur tant que je vivrai. Lui qui garde la vérité pour toujours, qui rend justice à ceux qui souffrent, qui donne du pain à ceux qui ont faim. Je chanterai au Seigneur tant que je vivrai, alléluia. Le Seigneur relève ceux qui sont abattus, le Seigneur délivre ceux qui sont enchaînés, le Seigneur protège l’orphelin, l’étranger et la veuve. Il détruit les voies des pécheurs. Le Seigneur régnera pour toujours, ton Dieu, ô Sion, d’âge en âge. Je chanterai au Seigneur tant que je vivrai, alléluia. »

Seul le Seigneur peut accomplir tout cela. C’est pourquoi le mot Dominum domine tout le reste. Les terminaisons ascendantes du premier Dominum et de mea sont rendues nécessaires par le début plus bas de la phrase suivante. La même raison s’applique peut-être à meo. Sur le plan rythmique, ces terminaisons similaires créent une grande sérénité, à laquelle contribuent les intonations identiques ou du moins très similaires de Lauda, psallam et alleluia. Les deux neumes sur la syllabe non accentuée (quam)-di-(u) s’expliquent peut-être par le fait que le latin familier préférait conserver l’accent sur la syllabe radicale. Le finale alleluia est commun à tous les Offertoires du quatrième mode pendant le temps pascal. Il tire peut-être sa forme de cet Offertoire-ci, puisque sa première partie ressemble à psallam et sa fin à mea.

Dom Dominic Johner

Témoignage russe

« L’homme russe a deux grandes valeurs dans la vie : la première – céleste – est la foi en Dieu, la seconde – terrestre – est l’amour de la patrie. Et tant que cela sera vrai, la Russie sera immortelle. »

Nikita Lovitch, auteur-compositeur-interprète, présente ainsi sa chanson Remets-t’en à la patrie. Le clip mis en ligne hier est du réalisateur Vassily Kharkovoy.

Les paroles disent à peu près ceci :

Remets-t’en à la patrie, maman t’a donné la vie.
Confie ta vie à Dieu seul, Dieu s’en chargera, tiens bon.
Ne sois pas orgueilleux, vis avec prudence, nous sommes tous pécheurs.
Dieu est bon et la mère patrie est toujours proche en temps de guerre.

Des vagues noires déferleront, suivies d’une aube revigorante.
Notre tâche est de le gérer avec suffisamment de force, de prières et de victoires.
Et alors nous vivrons une vie de plénitude, des valeurs des gens fidèles.
Des enfants qui jouent, la pelouse près de la maison. Que Dieu bénisse ma Russie.

Que Dieu bénisse ma Russie.

Remets-t’en à la patrie, maman t’a donné la vie…