Chisinau euro-LGBT

La « parade Pride » non officiellement autorisée des militants LGBT moldaves avait lieu hier à Chisinau. Par ailleurs était organisée une « marche de la famille » qui s’est terminée à la cathédrale orthodoxe. Signe des temps, celle-ci était organisée par le parti… socialiste, le parti… communiste, le parti de l’avenir de la Moldavie et autres formations d’opposition, avec la participation de deux anciens présidents, d’un ancien Premier ministre, de députés, de prêtres…

Des fidèles orthodoxes, dont des prêtres, ont tenté de barrer la route à la « parade pride » non autorisée. La police est intervenue de façon ultra-violente, façon police de Valls gazant les militants de la vie, ou police de Castaner contre les gilets jaunes. Une police déjà bien européenne pour faire respecter les « valeurs de l’Europe » et montrer que la Moldavie mérite d’entrer dans l’UE.

L’ancien président Igor Dodon écrit :

« Au lieu d’assurer l’ordre public, la police a en fait accompagné et protégé la marche illégale, tandis que des citoyens orthodoxes pacifiques – des membres du clergé, des femmes et des enfants – ont été victimes de violences. Voici quelques-uns des actes scandaleux commis par la police : un membre du clergé a été jeté sur le bitume. Un père portant un enfant dans ses bras a été renversé et l’enfant a heurté le sol avec sa tête. Des participants pacifiques à la procession ont été battus et arrêtés sans motif… Il s’agit d’une violence à motivation politique, d’un abus de pouvoir flagrant, d’un acte cynique de répression contre les croyants et d’une démonstration du vrai visage du régime Sandu : dictatorial, antireligieux et totalitaire. Nous exigeons une enquête immédiate sur tous les cas d’abus de pouvoir commis par les fonctionnaires du ministère de l’Intérieur. Toutes les victimes de violences policières bénéficieront d’une assistance juridique gratuite avec le soutien des socialistes. »

L’ancien procureur général Alexandr Stoianoglo a ouvertement accusé les autorités du pays d’opprimer les citoyens ordinaires dans le seul but de s’attirer les faveurs de Bruxelles. « Nous ne sommes contre les droits de personne, a-t-il déclaré. Mais dans un pays où les familles nombreuses se tournent vers Facebook pour obtenir une aide financière pour acheter des médicaments, et où les jeunes partent par désespoir, il est inapproprié d’élaborer des politiques qui servent des intérêts extérieurs. »

Ilan Shor, président du bloc Victoire : « Le monde entier peut en être témoin aujourd’hui. Sous les ordres d’un régime inhumain, la police arrache de force un jeune enfant à son père, frappe la tête de l’enfant contre le bitume, jette un prêtre à terre et arrête violemment des citoyens pacifiques pris pour cible uniquement parce qu’ils défendent les valeurs traditionnelles et s’opposent à la propagande LGBT, ce qui est un acte héroïque dans la Moldavie d’aujourd’hui. ».

De la férie

A Tarse, en Cilicie, saint Cyr et sa mère Julitte, martyrs, sous l’empereur Dioclétien. Cyr, enfant de trois ans, voyant sa mère cruellement frappée à coups de nerf de bœuf, en présence du préfet Alexandre, pleurait sans vouloir s’apaiser : on l’assomma contre les marches du tribunal. Quant à Julitte, après une rude flagellation et d’atroces tourments, elle eut la tête tranchée, et parvint ainsi au terme de son martyre.

Telle est la troisième notice du martyrologe de ce jour. Malgré la grande popularité de ces saints au moyen âge (rien qu’en France il y a 43 localités qui portent le nom de saint Cyr, et davantage encore d’églises qui portent les deux noms de Cyr et Julitte, dont la cathédrale de Nevers), ils n’ont pas de fête dans le calendrier général latin.

Ils l’ont en revanche dans le calendrier byzantin, au 15 juillet. En Russie, saint Vladimir, fêté le même jour, leur fait de l’ombre au point de les occulter, mais les icônes de « saint Kirik et sainte Julitta » sont cependant courantes. Souvent très simples, comme celle-ci :

On trouve le même schéma dans cette icône ancienne, avec la vie des martyrs tout autour :

Et il y a la superbe fresque de Dionisios (1502) qui fait partie des 600 mètres carrés peints par maître Denys et son équipe au monastère de Ferapontov (Vologda).

Grossière intimidation

Le patriarche Cyrille s’est rendu hier à Kaliningrad, où il a présidé une réunion du clergé orthodoxe (il est toujours le métropolite en titre de Kaliningrad, à la demande des fidèles quand il a été élu patriarche). Pendant le vol qui l’y amenait, un F-16 s’est approché de l’avion de façon menaçante. Le patriarche y a fait allusion à la fin de son discours :

Je voudrais vous remercier, Votre Éminence, Messeigneurs, et vous tous, mes chers frères et sœurs, pour votre travail ici, à la frontière occidentale de la Russie. Et encore et encore, bien que je l’aie dit à maintes reprises, je voudrais vous dire l’importance de votre ministère : vous êtes face aux forces qui ne veulent pas le bien de la Russie.

Je dirai même une chose quelque chose d’aussi simple que ceci : voici le patriarche à bord d’un avion de ligne. Pourquoi envoyer des avions de chasse de l’OTAN à sa rencontre ? Quel danger peut représenter le patriarche qui se rend auprès de son troupeau ? Et soudain, un F-16 apparaît, une redoutable machine de l’OTAN, et s’approche de plus en plus de l’avion du patriarche.

C’est la question posée aux politiciens occidentaux : Pourquoi faites-vous cela ? Vous ne ferez pas peur au patriarche, c’est certain ! Pour provoquer un conflit qui pourrait faire des victimes ? Mais cela revient à provoquer une aggravation du conflit entre l’Est et l’Ouest.

En d’autres termes, de telles forces existent en Occident. Mais nous ne devons pas suivre les bellicistes. Nous devons suivre notre propre voie civilisationnelle – une voie attrayante, croyez-moi, pour de nombreuses personnes dans le monde. Il s’agit d’un mode particulier de développement de la civilisation. Lorsque nous combinons le spirituel et le matériel, lorsque nous combinons les réalisations de la science avec la piété, lorsque nous construisons des églises parallèlement à la construction de divers types d’installations – scientifiques, techniques, militaires… Je vous le dis franchement : cela n’existe nulle part dans le monde aujourd’hui. Il n’y a pas de construction massive d’églises chrétiennes, et les pays occidentaux « éclairés » ne peuvent même pas imaginer qu’il puisse en être ainsi. Dans notre pays, cela se fait naturellement – personne ne force personne, mais nous faisons ce que nous avons à faire, conscients de l’importance de renforcer le pouvoir spirituel de notre peuple. Et le principal facteur de renforcement de la force spirituelle est la foi orthodoxe, que nous devons servir jusqu’à la fin de notre vie terrestre.

Le patriarche Cyrille célébrait ce matin la divine liturgie à la cathédrale orthodoxe de Kaliningrad (archi-comble). Les chœurs étaient particulièrement énergiques (notamment celui des séminaristes)…

La Très Sainte Trinité

La liturgie byzantine célèbre la Sainte Trinité le jour de la Pentecôte. Voici un document historique : le chant du doxastikon des vêpres, par Thrasyvoulos Stanitsas en la basilique de la Sainte-Trinité de Chalcédoine, en 1960.

Thrasyvoulos Stanitsas, né en 1910 à Constantinople, mort en 1987 à Athènes, fut le « protopsalte de la Grande Eglise » (premier chantre du patriarcat de Constantinople) de 1960 à 1964, date à laquelle il fut expulsé de Turquie.

Chalcédoine est aujourd’hui le quartier d’Istanbul appelé Kadikoï. Le diocèse, élevé au rang de métropole lors du Concile portant son nom (en 451), comptait encore 38 paroisses au début des années 1920. Les diverses mesures anti-grecques (la dernière en 1964) l’ont dépeuplé. Il reste le dernier diocèse dépendant du patriarcat de Constantinople en Asie mineure. Le « métropolite de Chalcédoine » porte un titre très prestigieux mais n’a plus qu’une poignée de fidèles. La basilique de la Sainte Trinité n’est ouverte que le dimanche matin.

La partition a été réalisée d’après le chant par Giorgios Dovoulos, professeur de musique byzantine et chantre lui-même. La voix aiguë qu’on entend et dont on se passerait volontiers est celle qui annonce le texte qui va être chanté, au fur et à mesure. Une vieille tradition grecque qui n’a plus guère de raison d’être depuis qu’il y a des livres…

Δόξα Πατρὶ καὶ Υἱῷ καὶ Ἁγίῳ Πνεύματι. Καὶ νῦν καὶ ἀεὶ καὶ εἰς τοὺς αἰῶνας τῶν αἰώνων. Ἀμήν.

Δεῦτε λαοί, τὴν τρισυπόστατον Θεότητα προσκυνήσωμεν, Υἱὸν ἐν τῷ Πατρί, σὺν ἁγίῳ Πνεύματι· Πατὴρ γὰρ ἀχρόνως ἐγέννησεν Υἱόν, συναΐδιον καὶ σύνθρονον, καὶ Πνεῦμα ἅγιον ἦν ἐν τῷ Πατρί, σὺν Υἱῷ δοξαζόμενον, μία δύναμις, μία οὐσία, μία Θεότης, ἣν προσκυνοῦντες πάντες λέγομεν· Ἅγιος ὁ Θεός, ὁ τὰ πάντα δημιουργήσας δι’ Υἱοῦ, συνεργίᾳ τοῦ Ἁγίου Πνεύματος, Ἅγιος ἰσχυρός, δι’ οὗ τὸν Πατέρα ἐγνώκαμεν, καὶ τὸ Πνεῦμα τὸ Ἅγιον ἐπεδήμησεν ἐν κόσμῳ, Ἅγιος ἀθάνατος, τὸ Παράκλητον Πνεῦμα, τὸ ἐκ Πατρὸς ἐκπορευόμενον, καὶ ἐν Υἱῷ ἀναπαυόμενον, Τριὰς ἁγία, δόξα σοι.

Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Venez, tous les peuples, adorons en trois personnes l’unique Dieu: le Fils dans le Père avec le saint Esprit; car le Père engendre le Fils hors du temps, partageant même trône et même éternité, et l’Esprit saint est dans le Père, glorifié avec le Fils: une seule puissance, une seule divinité, un seul être devant qui nous tous, les fidèles, nous prosternons en disant: Saint Dieu qui as tout créé par le Fils avec le concours du saint Esprit, Saint fort par qui le Père nous fut révélé et par qui le Saint-Esprit en ce monde est venu; Saint immortel, Esprit consolateur qui procèdes du Père et reposes dans le Fils, Trinité sainte, gloire à toi.

Le lectionnaire de la néo-liturgie

L’un des principaux arguments des novateurs est que le « lectionnaire » est beaucoup plus fourni dans la néo-liturgie et donc que les fidèles bénéficient d’une plus grande quantité de lectures bibliques. Ce principe est d’abord anti-liturgique, car la liturgie n’est pas un enseignement biblique, c’est un culte que l’Eglise rend à Dieu. Ensuite, comme il était à prévoir, le texte biblique est abondamment censuré. On en a retiré ce qui ne convient pas à l’homme moderne, conformément aux principes explicitement affirmés par les fabricants, ce qui donne lieu à d’invraisemblables dentelles de textes pleins de trous, comme pour les psaumes de ce qui reste de l’office. Par exemple « Isaïe 61:1-3a.6a.8b-9 » ou « 2 Samuel 7:4-5a.12-14a.16 »… « a » et « b » (voire « c ») indiquent qu’on coupe le verset en deux (voire en trois), pour ne garder que ce qui convient à l’homme moderne.

Agnieszka Fromme, docteur en théologie, a étudié de près les différences entre les deux lectionnaires. Plusieurs de ses observations ont déjà été faites, mais son étude est systématique. Le blog New Liturgical Movement a publié l’article qui comporte le relevé qu’elle a fait. Ce relevé est précédé d’une longue introduction narrant l’histoire du lectionnaire et rappelant les fondements de la théologie catholique, et suivi d’une conclusion qui synthétise ses observations. On trouvera ci-dessous la traduction du relevé. Ce sera un nouveau chapitre de mon texte sur « la réforme liturgique, en quoi elle est irrecevable » (ci-contre, en haut de la colonne de droite).

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