Axion estin

Le 11 juin 982, un jeune moine de l’Athos chantait l’office dans sa cellule devant l’icône de la Mère de Dieu de miséricorde. On frappe à la porte. Un moine inconnu lui demande s’il peut prier avec lui. A la fin de l’office, comme le jeune moine entonne l’hymne à la Vierge « Toi plus vénérable que les chérubins… », l’étranger lui dit qu’il doit commencer par « Il est digne, en vérité, de te célébrer » : Axion estin… Et il se met à chanter. Le jeune moine est subjugué par la beauté de ce chant et demande au visiteur de lui écrire le texte. Mais il n’y ni papier ni crayon dans la cellule. Le visiteur prend une pierre et grave le texte avec son doigt. Puis il disparaît, après avoir dit, ou fait comprendre, qu’il est l’archange Gabriel. La pierre fut transférée à Sainte-Sophie de Constantinople. L’icône fut installée à la place d’honneur dans l’église de Karyès, la capitale de l’Athos, où elle se trouve toujours. Elle est désormais appelée Axion estin. Le 11 juin (le 24 dans le calendrier julien) est devenu la fête de l’icône Axion estin (Dostoïno iest en slavon). Et l’hymne complète est devenue celle que l’on chante à la divine liturgie après la consécration.

Ἄξιόν ἐστιν ὡς ἀληθῶς μακαρίζειν σε τὴν Θεοτόκον, τὴν ἀειμακάριστον καὶ παναμώμητον καὶ μητέρα τοῦ Θεοῦ ἡμῶν. Τὴν τιμιωτέραν τῶν Χερουβεὶμ καὶ ἐνδοξοτέραν ἀσυγκρίτως τῶν Σεραφείμ, τὴν ἀδιαφθόρως Θεὸν Λόγον τεκοῦσαν, τὴν ὄντως Θεοτόκον, σὲ μεγαλύνομεν.

Il est digne, en vérité, de te célébrer, ô Mère de Dieu toujours bienheureuse et tout immaculée, et mère de notre Dieu. Toi, plus vénérable que les Chérubins, et incomparablement plus glorieuse que les Séraphins, qui sans corruption enfantas Dieu le Verbe, toi, véritablement Mère de Dieu, nous te magnifions.

Mercredi des quatre temps de Pentecôte

Deus, dum egrederéris coram pópulo tuo, iter fáciens eis, hábitans in illis, allelúia : terra mota est, cæli distillavérunt, allelúia, allelúia.

O Dieu, quand vous marchiez devant votre peuple, leur traçant la route, habitant avec eux, la terre fut ébranlée et les cieux distillèrent, alléluia, alléluia.

Les quatre temps d’été sont une action de grâce pour la moisson, qui est censée être terminée (autour de la Méditerranée). La moisson donne le grain qui donne le pain. Dans la liturgie, et pour la vie spirituelle, le vrai pain est le pain du ciel, le pain eucharistique.

Il y est fait allusion dès l’introït de la messe de ce jour, chanté ci-dessus à l’église Saint-Eugène de Paris le mercredi des quatre temps de Pentecôte de l’an dernier.

Le texte vient du psaume 67. Mais, alors que toutes les versions évoquent explicitement la traversée du désert, l’expression est remplacée ici par « leur traçant la route, habitant avec eux », pour insister sur la présence particulière de Dieu après la Pentecôte, Dieu avec nous…

Comme dans le psaume, « distillaverunt » reste sans complément. Les cieux « dégouttèrent », firent tomber goutte à goutte. Mais quoi ? Eh bien la manne. Le pain qui descendait du ciel comme des gouttes de rosée qui givraient : « Et la surface de la terre en étant couverte, on vit paraître dans le désert quelque chose de menu et comme pilé au mortier, qui ressemblait à de la gelée blanche sur la terre. Ce que les enfants d’Israël ayant vu, ils se dirent l’un à l’autre : Manhu, c’est-à-dire : Qu’est-ce que cela ? Car ils ne savaient ce que c’était. Moïse leur dit : C’est là le pain que le Seigneur vous donne à manger. »

Dans l’évangile de ce jour Jésus fait explicitement référence à la manne pour dire qu’il est le vrai pain de vie : « Je suis le pain de vie. Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts. Voici le pain qui descend du ciel, afin que celui qui en mange ne meure point. Je suis le pain vivant, qui suis descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, pour la vie du monde. »

C’est pourquoi les antiennes du Benedictus (aux laudes) et du Magnificat (aux vêpres) orientent également la prière dans ce sens :

Ego sum panis vivus, dicit Dóminus, qui de cælo descéndi, allelúia, allelúia.

Moi je suis le pain vivant, dit le Seigneur, qui suis descendu du ciel, alléluia, alléluia.

Ego sum panis vivus, qui de cælo descéndi : si quis manducáverit ex hoc pane, vivet in ætérnum : et panis, quem ego dabo, caro mea est pro mundi vita, allelúia.

Je suis le pain vivant, moi qui suis descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement : et le pain que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde, alléluia.

Bah oui…

Ursule propose le 18e paquet de sanctions contre la Russie : on va abaisser de 60 à 45 dollars le plafond du prix de vente du baril de pétrole russe… qu’on n’achète pas, soi-disant.

Au même moment le ministère russe des Finances publiait ses dernières statistiques : les recettes non pétrolières et non gazières du budget fédéral russe ont augmenté de 12,3 % en glissement annuel entre janvier et mai 2025, ce qui est « légèrement supérieur à l’objectif fixé, et constitue une base stable pour la poursuite de la croissance des recettes ».

Ubursule va aussi proposer, dans le même paquet, des sanctions (plusieurs) contre le gazoduc Nord Stream qui ne fonctionne pas…

La Russie isolée

La 28e édition du Forum économique international de Saint-Pétersbourg se déroulera du 18 au 21 juin.

Des représentants de 137 pays ont confirmé leur participation. On attend comme chaque année une dizaine de milliers d’acteurs économiques.

Le thème central du Forum cette année est : « Les valeurs communes — fondement de la croissance dans un monde multipolaire ».

Robert Agee, le président de la Chambre de commerce américaine en Russie, déclare:

« Le Forum économique international de Saint-Pétersbourg reste l’un des rares lieux où les représentants d’entreprises de différents pays peuvent discuter ouvertement et de manière pragmatique des défis réels. C’est une occasion importante d’écouter les uns les autres, de construire de nouveaux vecteurs de coopération et de rechercher des solutions qui profitent à tous les acteurs de l’économie mondiale. »