Au Pakistan, le chantage au blasphème

La Haute Cour d’Islamabad ordonne au gouvernement d’instituer une commission d’enquête spéciale sur le nombre croissant de chantage au « blasphème en ligne ».

Depuis des années, nombre de chrétiens, mais aussi de musulmans, se font piéger par des messages sur les réseaux sociaux sans voir qu’ils seront poursuivis par ceux qui les ont incités ou les ont récupérés : c’est la version moderne de l’accusation de blasphème (contre Mahomet, contre l’islam) portée par le voisin qui veut s’accaparer la boutique ou le terrain du chrétien. Mais cela donne lieu désormais à un « commerce du blasphème ». Un réseau criminel fait circuler des messages de blasphème sur les forums en ligne et réclame de l’argent pour ne pas porter plainte. Comme le blasphème contre Mahomet est puni de mort (il n’y a jamais eu d’exécution mais on peut passer jusqu’à dix ans en prison avant d’être blanchi… mais marqué à vie), les personnes visées paient.

Selon les observateurs, l’organisation à l’origine de ce phénomène est vaste et complexe, et comprend même des associations d’avocats chargés de surveiller les plateformes en ligne à la recherche de contenus blasphématoires…

« La Haute Cour a ordonné la création d’une commission dans les 30 prochains jours afin d’enquêter sur cette question. La commission devra présenter ses conclusions dans un délai de quatre mois. Cette directive donne de l’espoir aux familles touchées par ces accusations », souligne dans un entretien avec l’agence Fides l’avocat catholique Khalil Tahir Sandhu, engagé dans la défense des victimes d’accusations de blasphème. « Je pense que cette fois-ci, le gouvernement réagira positivement, je suis convaincu que la commission sera mise en place et qu’elle ira au fond de cette affaire, qui a pris des proportions très graves. La loi sur le blasphème au Pakistan, telle qu’elle est actuellement configurée, se prête à être instrumentalisée et manipulée, y compris par des organisations criminelles qui spéculent et détruisent la vie d’innocents. »

Non à la violation du secret de la confession

Le juge fédéral du district ouest de Washington, David Estudillo, donne raison aux évêques américains, qui contestaient la loi de l’Etat de Washington supprimant le secret de confession pour certains abus, et prévoyant pour les prêtres qui s’y opposeraient des amendes et des peines de prison.

Le juge a rejeté les arguments de l’Etat de Washington, qui osait avancer que les évêques n’avaient pas encore qualité pour agir puisqu’aucun prêtre n’avait encore été inculpé…

« Il ne fait aucun doute que le projet de loi SB 5375 porte atteinte à la liberté de religion des plaignants », a conclu le juge, et la loi est donc bloquée alors qu’elle devait entrer en vigueur le 27 juillet.

Ce n’est que la première étape de la bataille juridique, mais elle est de bon augure. D’autant que le juge Estudillo n’a pas été nommé par Trump, comme on pouvait le penser, mais par Biden.

Pologne anti-chrétienne : le retour

Le gouvernement polonais de l’eurocrate Donald Tusk retrouve des accents antichrétiens des grandes années staliniennes. Une illustration de plus du rapport entre l’UE et l’URSS. Ubu en plus.

Il vient en effet de remettre au Saint-Siège une note diplomatique demandant que soient démis de leurs fonctions deux évêques polonais qui osent critiquer son action, et… qui ne sont plus en fonction.

Le document exprime « une profonde indignation » face aux propos de Mgr Antoni Długosz et Mgr Wiesław Mering lors d’un pèlerinage à Czestochowa, qui « sapent les bonnes relations entre la Pologne et l’Allemagne, calomnient le gouvernement et manifestent un soutien clair aux groupes nationalistes ».

Ces deux évêques à la retraite ont osé critiquer la politique d’immigration du gouvernement, qui ne réagit pas alors que « la police allemande jette les immigrants illégaux à travers la frontière comme des objets », et ont apporté leur soutien aux « patrouilles citoyennes » qui surveillent la frontière.

Mgr Długosz a dit notamment :

« Nous, les Polonais, savons ce qu’est la miséricorde, et cela ne signifie pas que nous devons ouvrir nos portes à tous les immigrants illégaux. Cela crée de graves problèmes dans les pays où ils arrivent. Depuis des décennies, l’islamisation de l’Europe progresse grâce à l’immigration massive. Ce dont nous sommes témoins aujourd’hui en Pologne n’est que le début. Cela a commencé de la même manière en Occident. »

Et d’ajouter : « La Pologne est désormais dirigée par des gangsters politiques », utilisant le mot même par lequel Tusk désignait les membres de l’ancien gouvernement.

Mgr Mering a tenu des propos semblables, et a dit aussi que « les écoles sont détruites par la barbarie » parce que le gouvernement « supprime les contenus patriotiques et nationaux ».

A la fin de sa longue lettre, l’ambassadeur exige des conséquences « appropriées » afin que « des déclarations similaires, malheureuses, fausses et injustifiées ne soient plus prononcées dans le discours public à l’avenir et ne ternissent pas la bonne réputation de l’Église catholique ». Et il rappelle que le concordat inclut l’obligation de supporter les conséquences des actions des évêques dénoncés par le gouvernement, « y compris leur révocation s’ils dépassent les limites des bonnes relations ou violent les principes décrits dans le concordat ».

Le moins qu’on puisse dire est que le gouvernement Tusk dépasse les bornes. On attend avec intérêt la réponse du Saint-Siège…

Saint Vincent de Paul

Extrait de sa conférence du 31 juillet 1634 aux Filles de la Charité.

Votre première pensée doit être à Dieu ; rendez-lui grâce de vous avoir préservées la nuit, regardez succinctement Si vous ne l’avez point offensé, remerciez-le ou demandez-lui pardon, offrez-lui toutes vos pensées, les mouvements de votre cœur, vos paroles et œuvres ; proposez-vous de ne rien faire qui lui déplaise ; et tout ce que vous ferez le jour tirera sa force de cette première offrande faite à Dieu ; car, voyez-vous, mes filles, faute d’offrir tout à Dieu, vous perdrez la récompense de vos actions. Saint Paul dit combien vous perdez quand votre esprit, en sa première pensée, se remplit d’autre chose que de Dieu. Le diable fait son possible, à votre réveil, pour jeter d’autres pensées. C’est pourquoi abreuvez-vous bien à ce saint exercice, comme bonnes chrétiennes et vraies Filles de la Charité.

La première chose que vous devez faire, étant levées et un peu vêtues, est de vous mettre à genoux pour adorer Dieu. Que pensez-vous que soit adorer Dieu ? C’est lui rendre un honneur qui n’appartient qu’à lui seul, et le reconnaître pour votre créateur et souverain Seigneur. Vous lui demanderez ensuite sa sainte bénédiction, vous inclinant un peu pour la recevoir avec dévotion et intention qu’elle rende toutes vos pensées, paroles et actions agréables à sa divine Majesté, et vous donne la volonté de les faire toutes pour la gloire de son très saint amour.

Après vous être habillées et avoir fait votre lit, vous vous mettrez à l’oraison. O mes filles, c’est le centre de la dévotion, et vous devez beaucoup désirer de vous y bien habituer. Non, ne craignez pas que de pauvres filles de village, ignorantes comme vous pensez être, ne doivent pas prétendre à ce saint exercice. Dieu est si bon et a déjà été si bon en votre endroit, que de vous appeler en l’exercice de la charité ; pourquoi penseriez-vous qu’il vous déniât la grâce dont vous avez besoin pour bien faire oraison ? Que cela ne vous entre point en l’esprit. J’ai été aujourd’hui tant édifié, parlant à une bonne fille de village, qui est maintenant une des plus grandes âmes que je connaisse !

Commencez toujours toutes vos prières par la présence de Dieu car quelque fois, faute de cela, une action laissera de lui être agréable. Voyez-vous, mes filles, encore que nous ne voyions pas Dieu la foi nous enseigne sa sainte présence partout, et c’est un des moyens que nous nous devons proposer, que cette présence en tout lieu, pénétrant intimement toutes choses et même nos cœurs, et cela est plus vrai que de nous croire toutes présentes ici, car nos yeux nous peuvent décevoir, mais la vérité de Dieu en tout lieu ne manquera jamais.

Un autre moyen pour nous mettre en la présence de Dieu, c’est de nous imaginer être devant le très Saint Sacrement de l’autel. C’est là, mes chères filles, que nous recevons les plus chers témoignages de son amour. Aimons-le bien et souvenons-nous qu’il a dit, étant sur terre : « Si quelqu’un m’aime, nous viendrons en lui » parlant de son Père et du Saint-Esprit ; et les âmes seront conduites par sa sainte Providence comme un navire par son pilote.

Soyez soigneuses de rendre compte de votre oraison le plus tôt que vous pourrez l’avoir faite. Vous ne sauriez croire combien cela vous sera utile. Dites-vous les unes aux autres tout simplement les pensées que Dieu vous aura données, et surtout retenez bien les résolutions que vous y avez prises. La bienheureuse sœur Marie de l’Incarnation s’est servie de ce moyen pour se beaucoup avancer à la perfection. Elle rendait soigneusement compte à sa servante. Oh ! oui, mes filles, vous ne sauriez croire combien cela vous profitera et le plaisir que vous ferez à Dieu en usant de la sorte. Voyez-vous, la bonne sainte Madeleine cachait dans son cœur les bonnes pensées qu’elle recueillait des paroles de Notre-Seigneur ; et il est dit de même de la sainte Vierge. Ce sont des reliques que les bonnes pensées que Dieu vous donne en l’oraison ; ramassez-les soigneusement pour les mettre en pratique, et vous réjouirez le cœur de Dieu ; doncques vous serez la joie de Dieu, et tous les saints en feront fête.

Allez à la sainte messe tous les jours, mais allez-y avec une grande dévotion, et tenez-vous dans l’église avec grande modestie, et soyez exemple de vertu à tous ceux qui vous verront. Et il me faut donner en exemple une bonne dame, nommée Madame Pavillon, qui depuis longues années est en admiration à sa paroisse. Il semble que son marcher et son maintien sont visiblement en la présence de Dieu ; elle paraît presque insensible à toute chose, hormis le péché. Elle se laissera trépigner aux pieds plutôt que de s’en détourner. C’est ainsi, mes filles, qu’il faut être révéremment à l’église, et principalement durant la sainte messe.

Que pensez-vous faire, y étant ? Ce n’est pas le prêtre seul qui offre le saint sacrifice, mais ceux qui y assistent ; et je m’assure que, quand vous aurez été bien instruites, vous y aurez grande dévotion ; car c’est le centre de la dévotion.

Mes filles, sachez que, quand vous quitterez l’oraison et la sainte messe pour le service des pauvres, vous n’y perdrez rien, puisque c’est aller à Dieu que servir les pauvres ; et vous devez regarder Dieu en leurs personnes. Soyez doncques bien soigneuses de tout ce qui leur est nécessaire, et veillez particulièrement à l’aide que vous leur pouvez donner pour leur salut : qu’ils ne meurent pas sans les sacrements. Vous n’êtes pas seulement pour leur corps, mais pour les aider à se sauver. Surtout exhortez-les à faire des confessions générales, supportez leurs petites humeurs, encouragez-les à bien souffrir pour l’amour de Dieu, ne vous courroucez jamais contre eux et ne leur dites point de paroles rudes, ils ont assez à faire de souffrir leur mal. Pensez que vous êtes leur ange gardien visible, leur père et mère, et ne les contredites qu’en ce qui leur est contraire ; car en cela c’est une cruauté de leur accorder ce qu’ils demandent. Pleurez avec eux ; Dieu vous a constituées pour être leur consolation.

Vous voyez, mes filles, la fidélité que vous devez à Dieu. L’exercice de votre vocation consiste dans le souvenir fréquent de la présence de Dieu, et pour vous le faciliter, servez-vous des avertissements que le son de l’horloge vous donnera, et lors faites quelqu’acte d’adoration. Faire cet acte, c’est dire en votre cœur : « Mon Dieu, je vous adore », ou bien : « Mon Dieu, vous êtes mon Dieu », « mon Dieu, je vous aime de tout mon cœur », « je voudrais, ô mon Dieu, que tout le monde vous connût et honorât pour honorer les mépris que vous avez soufferts sur terre. » Au commencement de votre acte, vous pouvez fermer les yeux pour vous recueillir.

Attention, le Monténégro arrive

« Le Monténégro envoie des soldats à la mission de l’OTAN en Ukraine. »

Diable. L’armée du Monténégro en Ukraine ?

Mais non. La commission de la Défense du Parlement du Monténégro a adopté la décision d’envoyer des soldats au « programme OTAN de formation et d’assistance à la sécurité en faveur de l’Ukraine », en Allemagne.

La décision, qui doit encore être votée par le Parlement, concerne le « déploiement » de… deux (bien 2) soldats, et le texte souligne qu’ils « exerceront exclusivement des fonctions d’état-major et des missions non combattantes ».

Il s’agit pour le Monténégro de montrer son engagement dans l’OTAN. Ah bon.