Sancti Andréæ Corsíni, ex Ordine Carmelitárum, Epíscopi Fæsuláni et Confessóris ; cujus dies natális ágitur octávo Idus Januárii.
Saint André Corsini, de l’Ordre des Carmes, évêque de Fiésole (1349-1374) et confesseur. Son anniversaire est mentionné le 8 des ides de janvier.
Le 8e jour avant les ides de janvier, c’est le 6 : le jour de l’Epiphanie. D’où le transfert de sa fête (instituée en 1697).
Mais aujourd’hui c’est aussi le mercredi de la Septuagésime, et les leçons des matines sont le récit de la chute originelle au chapitre 3 de la Genèse.
Quand Adam et Eve eurent mangé le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, « leurs yeux s’ouvrirent ». Origène remarque qu’il s’agit des yeux des sens corporels qui s’ouvrent au péché quand les yeux intérieurs se ferment :
Moïse, décrivant la création du monde, représente l’être humain avant sa transgression tantôt voyant, tantôt ne voyant pas : il est dit voyant, lorsqu’il est écrit de la femme : « Le femme vit que l’arbre était appétissant à manger, séduisant pour les yeux, désirable pour acquérir l’entendement. » Il est dit ne voyant pas, non seulement dans les paroles du serpent à la femme, qui supposent des yeux aveugles : « Car Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront », mais encore lorsqu’il est dit : « Ils en mangèrent et leurs yeux à tous deux s’ouvrirent. » Ils s’ouvrirent donc, les yeux de leurs sens qu’ils avaient eu raison de tenir fermés, pour n’être pas empêchés par les distractions de regarder avec l’œil de l’âme ; mais les yeux de l’âme qu’ils avaient jusqu’alors plaisir à tenir ouverts sur Dieu et son Paradis, voilà ceux, je crois, qu’ils fermèrent par leur péché.
De là vient aussi que notre Sauveur, sachant qu’il y a en nous ces deux sortes d’yeux, déclare : « C’est pour un jugement que je suis venu en ce monde : pour que voient ceux qui ne peuvent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles. » Par ceux qui ne voient pas, il laisse entendre les yeux de l’âme, à qui le Logos donne de voir, et par ceux qui voient, les yeux des sens que le Logos rend aveugles, pour que l’âme voie sans distraction ce qu’elle doit voir. Tout homme donc vivant son christianisme comme il convient tient éveillé l’œil de son âme et fermé celui des sens. Et dans la mesure où l’œil supérieur est ouvert et fermée la vue des sens, chacun comprend et contemple le Dieu suprême et son Fils, qui est Logos, Sagesse, etc.
Origène, Contre Celse, VII, 39, traduction Marcel Borret.
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