Sexagésime

Du livre de saint Ambroise sur Noé et l’Arche, au deuxième nocturne du bréviaire monastique.

On nous dit que le Seigneur fut irrité, car bien que Dieu eût pensé, c’est-à-dire eût su, que l’homme, placé en ce bas monde et chargé du poids de la chair, ne peut être sans péché (car la terre est comme un lieu de tentation et la chair comme un appât de corruption), cependant les hommes ont un esprit doué de raison et une force d’âme infuse à leur corps, et ils avaient dû écarter toute réflexion, pour se précipiter dans une déchéance d’où ils ne voulaient pas revenir. Dieu ne pense point à la manière des hommes, en sorte qu’un sentiment nouveau puisse succéder pour lui à une opinion précédente, il ne s’irrite pas non plus comme s’il était sujet au changement ; mais ces expressions se trouvent dans l’Écriture afin de marquer la malice de nos péchés, qui a mérité la disgrâce divine. C’est comme si l’écrivain sacré nous disait que nos fautes sont montées jusqu’à un tel excès qu’elles ont même paru provoquer Dieu à la colère, tout incapable qu’il soit, par sa nature, d’être ému de colère, de haine ou de quelque autre passion.

De plus, Dieu menace d’exterminer l’homme : « J’exterminerai, dit-il, depuis l’homme jusqu’aux animaux, depuis le reptile jusqu’aux oiseaux du ciel. » En quoi les créatures dépourvues de raison avaient-elles offensé Dieu ? Elles n’avaient point péché, mais comme elles étaient faites pour l’homme, il était logique que leur destruction suivît celle de l’homme à cause de qui elles avaient été créées, du moment que celui-ci n’existerait plus pour s’en servir.

Dans un sens plus élevé, ce passage nous manifeste ceci, que l’homme possède une intelligence capable de raison. L’homme se définit en effet un animal vivant, mortel et raisonnable. Quand ce qu’il y a de meilleur en l’homme vient à s’éteindre en lui, le sens s’éteint aussi ; il n’y a plus rien en lui à sauver, lorsque le fondement du salut, qui est la vertu, fait défaut.

C’est pour condamner les autres hommes et nous manifester la bonté divine, que l’Ecriture nous dit que Noé a trouvé grâce devant Dieu. On voit en même temps que l’homme juste n’est point noirci par les crimes des pécheurs, puisque Noé, loin de périr, est réservé pour être le père de toute une race. Il est loué, non pas à cause de la noblesse de sa naissance, mais à raison du mérite de sa justice et de sa sainteté. Ce qui fait la race de l’homme de bien, c’est la noblesse de ses vertus. Les familles humaines sont ennoblies par la noblesse de leur race, celle des âmes leur vient de leurs vertus. Une famille est illustre par la splendeur de sa race ; c’est l’éclat des vertus qui, de sa grâce, illustre les âmes.

*

La mission de Noé.

L’introït.

Le graduel.

Le trait.

L’offertoire.

La communion.

La protection de saint Paul.

Le spermologos.

Seminat seminare semen.

Le sermon de saint Grégoire le Grand.


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