Samedi après les cendres

Estampe d’après Gustave Doré.

L’évangile de ce jour est la fin du chapitre 6 de saint Marc : Jésus marche sur les eaux et calme la tempête, puis ayant débarqué à Génésareth il guérit tous les malades. On trouve dans ce passage plusieurs éléments caractéristiques du pittoresque du récit de saint Marc : il n’était pas là, mais il voit les scènes des yeux de saint Pierre.

Jésus voit les apôtres « peiner à la rame », dit la Vulgate. Mais le mot grec est plus brutal. Il dit au minimum que les apôtres « se tourmentaient à ramer », et le verbe est celui qu’on utilise pour dire « torturer »…

Tel était le souvenir de saint Pierre, d’où la stupéfaction des apôtres quand Jésus calme immédiatement la tempête. Le latin dit : « plus magis intra se stupebant » : ils étaient stupéfaits en eux-mêmes plus plus. Le latin a deux mots, mais « magis » ne peut que se traduire par plus, comme plus… Le grec a également deux mots : l’un veut dire « tout à fait extrêmement », « excessivement », l’autre veut dire « d’une façon tout à fait excessive »… C’est dire que saint Pierre ne trouvait pas les mots pour décrire leur stupéfaction.

Dès qu’ils abordent, les gens du pays reconnaissent Jésus, et dit saint Marc, ils courent partout et font le tour de tous les hameaux, les bourgs et les villes (percurrentes) pour amener à Jésus de tout côté (circumferre) les malades et les estropiés. On le priait de laisser les malades toucher la frange de son vêtement : on se souvenait du récent miracle de l’hémorroïsse. « Et tous ceux qui le touchaient étaient sauvés. » Cette finale se trouve aussi dans saint Matthieu, et c’est saint Matthieu qui note à plusieurs reprises que Jésus guérissait tous les malades. Sauf à Nazareth…


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