Ils tuent aussi les prêtres

Un prêtre maronite, Pierre Raï, a été tué par l’armée la plus morale du monde. Il faisait partie de ces chrétiens qui ont décidé de ne pas quitter le sud du Liban parce qu’ils ne sont pas armés et ne menacent personne.

Les Israéliens ont tiré un obus sur une maison à l’entrée du village de Qlaya. Les habitants se sont précipités pour secourir les éventuels blessés : le couple habitant la maison avait été touché. Alors un second obus a été tiré. Il y a eu plusieurs blessés, dont le prêtre, tué par le second obus.

Le maire du village a déclaré : « On dit que des groupes se trouvaient dans la maison, mais c’est faux. Ce sont des mensonges. Il n’y avait que les habitants de la maison et des personnes du village venues porter secours aux blessés. Nous sommes des gens pacifiques et nous ne faisons de mal à personne. Tout ce que nous demandons, c’est de pouvoir rester chez nous en paix. Nous resterons ici et nous ne partirons pas. Nous ne savons pas s’il existe un plan visant à nous déplacer, mais nous resterons sur notre terre et nous ne la quitterons pas. »

Le 5 mars, l’agence Fides avait publié un reportage sur un autre village de la région, Rmeish. Le curé maronite, Toni Elias, déclarait :

« Ce qui se passe est clair. L’opération de l’armée israélienne sur le territoire libanais est déjà en cours. Et dans les villages où vivent les chrétiens, du moins ceux avec lesquels nous sommes en contact, nous avons choisi de ne pas quitter nos maisons, car il est certain que si nous quittons nos villages, nous ne pourrons peut-être plus y revenir »

« À Rmeish et dans les villages voisins de Debel et Ain Ebel, nous sommes tous restés chez nous, tout comme les habitants d’Alma el Shaab et des villages plus à l’ouest. Les druzes sont également restés chez eux. »

« Nous n’avons pas d’armes, nous n’avons pas de missiles, nous ne représentons un danger pour personne. Nous restons ici en demandant la protection de Dieu. Nous sommes reconnaissants à notre évêque Charbel Abdallah, au Nonce Apostolique Paolo Borgia et au général Diodato Abagnara (le chef de l’opération de maintien de la paix des Nations unies dans le sud du Liban), avec lesquels nous sommes en contact permanent et qui nous ont assurés de leur soutien. »

Mais le soutien de l’évêque, du nonce et du général de l’ONU ne pèse rien face à la soldatesque israélienne tout autant antichrétienne qu’antimusulmane.

*

Il est vrai que pendant ce temps-là le Hezbollah lançait, depuis le Liban, un missile de haute précision qui a détruit un centre de communications satellites tout près de Tel Aviv. Une habitante disait à la télévision i24 qu’il n’y a pas eu de sirènes, juste le bruit du missile faisant exploser les installations. Donc il n’y a plus de radars permettant de prévenir.

Il y a de quoi être énervé…


En savoir plus sur Le blog d'Yves Daoudal

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire