Ubukraine

Le ministère ukrainien de la Culture a officiellement transféré à l’« Église orthodoxe d’Ukraine » (l’Eglise du pouvoir), pour 50 ans, le bâtiment de Simferopol en Crimée où se trouvait auparavant sa « cathédrale ». Cette décision confère officiellement au bâtiment le statut de « sanctuaire principal » en Crimée.

Ce bâtiment, qui avait été transformé en « cathédrale » par l’ajout de quatre colonnes et d’un fronton devant l’entrée, est aujourd’hui celui du ministère des relations foncières et immobilières de Crimée.

Sur la photo on voit avec le ministre de la Culture le « métropolite Clément », qui a la lourde tâche de diriger en Crimée une Eglise qui n’existe pas et où il ne peut pas mettre les pieds.

*

Autrement plus grave est l’affaire Boutiaguine, révélant le degré de la russophobie polonaise jusque dans les rouages de la Justice.

Hier, un tribunal polonais a approuvé l’extradition de l’archéologue russe Alexandre Boutiaguine vers l’Ukraine. Un pays où il sera condamné à cinq ans de prison pour avoir fait son métier, si par miracle il n’est pas assassiné avant.

Alexandre Boutiaguine est un des grands archéologues russes. Professeur d’archéologie et d’histoire de l’art à l’université de Saint-Pétersbourg, organisateur d’expositions, chef du secteur archéologique de la région nord de la mer Noire au musée de l’Ermitage, chef de l’expédition archéologique de Myrmekion en Crimée (site grec, puis romain) depuis 1999, il est accusé par l’Ukraine d’avoir continué ses recherches après 2014, donc sans autorisation du gouvernement ukrainien… Il est inculpé pour « fouilles illégales sur un site du patrimoine archéologique, destruction, dégradation ou endommagement d’objets du patrimoine culturel » ukrainien. Il est également accusé d’avoir « volé » tout ce qu’il a trouvé, dont un trésor de pièces d’or en 2022. A quoi la Russie répond que tout ce que Boutiaguine a trouvé à Myrmekion se trouve dans un musée en République de Crimée.

Le 4 décembre 2025, Alexandre Boutiaguine a été arrêté à l’aéroport de Varsovie, à la demande de l’Ukraine, alors qu’il allait prononcer une conférence.

Depuis lors la Russie demande la libération de l’archéologue. Mais hier la justice polonaise a donc décidé de le livrer aux « autorités » de Kiev. Il fait appel de cette décision, et la Russie exige sa libération immédiate.


En savoir plus sur Le blog d'Yves Daoudal

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire