
Les obsèques du catholicos-patriarche Elie II, qui a dirigé l’Eglise orthodoxe de Géorgie pendant près de 50 ans, ont été suivies par une foule gigantesque, comme si toute la Géorgie était là. Et cela fait rêver de voir l’armée faire une haie d’honneur sur tout le parcours, chaque soldat portant le beau drapeau à croix rouge, et le président et le Premier ministre et le gouvernement en bonne place dans la cathédrale… (Un mauvais jour pour Salomé Zourabichvili, qui se prétend toujours présidente, et qui n’était pas invitée…)
Les funérailles étaient présidées par le patriarche de Constantinople Bartholomée. Parmi les nombreuses délégations, il y avait celle de l’Eglise orthodoxe ukrainienne, menée par le métropolite Serge de Ternopil. Il y avait aussi le métropolite Longin, l’un des évêques les plus persécutés en Ukraine. En revanche l’Eglise du pouvoir ukrainien, la seule qui est reconnue par Bartholomée, était absente : elle n’avait pas été invitée par les Géorgiens… (Il y avait aussi une délégation de l’Eglise orthodoxe russe, menée par le métropolite de Minsk – autre message…)
Et un événement diplomatique : la présence de l’ancien ministre russe de la Culture Mikhaïl Chvydkoï, envoyé spécial de Vladimir Poutine venu transmettre les condoléances du président russe au clergé géorgien et au peuple. Or il n’y a officiellement pas de relations diplomatiques entre la Russie et la Géorgie depuis 2008. Mais le chef par intérim de l’Eglise géorgienne et peut-être successeur d’Elie II est le métropolite Moudjiri, dont on dit qu’il « entretient des liens étroits tant avec l’Église russe qu’avec le parti au pouvoir en Géorgie »…
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