Le président du Parlement géorgien, Shalva Papuashvili, a publié sur X de très belles et impressionnantes images des funérailles du patriarche Elie II (et un très beau texte).
La musique est un Kyrie composé par le patriarche. On l’entend intégralement par exemple ici :
Et voici le message du président du Parlement :
C’est un jour où les mots pèsent lourd. Car ce que nous ressentons dépasse la douleur ordinaire ; ce que nous vivons surpasse le deuil ordinaire. En ces jours, nous restons debout dans un silence rempli de prière.
Notre saint patriarche, Sa Sainteté et Béatitude Elie II, est parti rejoindre le Seigneur, emportant avec lui son labeur et ses œuvres.
Nous, son peuple, son troupeau, ses enfants spirituels, sommes ses œuvres.
Le Seigneur nous l’a envoyé en tant qu’un seul homme, et il repart avec toute une nation – si visible, si unie, si soudée, comme ces jours solennels l’ont révélé.
Nous sommes la génération du Patriarche. Nous sommes les témoins d’un événement unique, où une nation entière est spirituellement unie autour d’une seule personne ; où chaque membre actif du clergé en Géorgie a été ordonné avec sa bénédiction ; où presque tous les chrétiens de Géorgie ont été baptisés avec sa bénédiction. L’état actuel, le caractère et la forme de notre Église vieille de deux mille ans ont été façonnés par lui.
Sa Sainteté et Béatitude est devenue ce lien solide pour notre nation et notre Église qui a relié notre passé au présent, et le présent à l’avenir, en une ère apocalyptique d’athéisme et de nihilisme.
En vérité, nous avons été témoins d’un miracle de Dieu : l’Église géorgienne, ressuscitée de ses cendres et façonnée à nouveau par lui seul, de ses propres mains.
Il a pu accomplir cela parce qu’il comprenait ce qui importait le plus.
Dans le monde d’aujourd’hui, de nombreuses valeurs se disputent la primauté : liberté, égalité, solidarité, justice. Sa Sainteté et Béatitude a donné à chacune sa place, mais nous a enseigné la vérité la plus importante : la liberté, l’égalité et toutes les autres choses perdent leur sens si elles ne sont pas fondées sur la valeur suprême : l’amour.
Nous avions un patriarche d’amour, dont la prédication inlassable l’incarnait. Par sa vie, il est devenu un exemple de la manière dont on peut aimer tout le monde : les siens et les étrangers, les amis et les ennemis, les justes et les pécheurs.
Il a accompli l’impossible : en tant que chrétien, il a accompli la loi du Christ ; en tant que moine, il a tenu ses vœux ; en tant que patriarche, il a porté la croix la plus lourde de sa nation.
Son voyage terrestre a pris fin, mais l’amour demeure : son amour pour nous, que toute la nation lui a rendu ces jours-ci avec gratitude.
Tel était son rêve principal : voir sa nation unie dans l’Église du Christ. Il l’a accompli. Et c’est ainsi qu’il est entré en présence du Seigneur – juste et plein de grâce.
C’est nous, sa génération – ceux qui ont vécu avec lui, l’ont vu, ont ressenti sa grâce et témoignent de sa grandeur.
Mais son histoire ne s’arrête pas là.
Après nous, une fois encore, sa génération poursuivra le chemin – la génération de ses filleuls, de nos enfants, qui portent son nom, sa bénédiction et sa grâce.
C’est ainsi qu’il a jeté un pont à travers le temps et uni notre nation.
« Tu es grand, ô Seigneur, et merveilleuses sont Tes œuvres. »
Que la mémoire de notre Patriarche soit éternelle ! Que ses prières et son intercession protègent toute la Géorgie !
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Ce qu’écrit ce President est très beau.
Il eût été souhaitable que nous pussions en dire autant de Bergoglio mais, hélas, trois fois hélas…
Le nouveau pape qui semble traîner quelques casseroles avec soi et qui est (déjà !!!) si décevant, ne méritera sans doute pas les mêmes éloges…sauf miracle !…(il ne faut jamais désespérer car, pour un chrétien, c’est quand on désespère qu’il faut espérer le plus…).
En tout cas, il ne faut jamais oublier les paroles de Notre-Dame, la Très Sainte Mère de Dieu à Fatima : « À la fin, mon Cœur Immaculé Triomphera ».
Amen.
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