La dérive

Le cardinal Jean-Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg, ancien rapporteur du synode synodal, précise sa pensée sur l’ordination sacerdotale des femmes :

« Je ne peux pas imaginer, à long terme, comment l’Église pourrait subsister si la moitié du peuple de Dieu souffrait de ne pas avoir accès au ministère ordonné. (…) J’ai également appris, en tant qu’évêque, que ce n’est pas seulement une revendication de quelques associations de femmes de gauche. »

C’était lors d’un symposium, à Bonn, le 19 mars, intitulé « Synodalité et Praedicate Evangelium – deux éléments fondamentaux de la réforme de l’Église du pape François ».

En 2020 il disait : « Je ne sais vraiment pas. Mais j’y suis ouvert. Il est clair, cependant, que la situation actuelle n’est pas suffisante. »

Aujourd’hui il sait que la moitié féminine du peuple de Dieu doit avoir accès au sacerdoce. Toutefois il constate que c’est une revendication occidentale, et qu’il faudra encore du temps pour que cette question soit abordée de la même manière dans toutes les cultures…

Le même jour, l’évêque d’Anvers, Mgr Johan Bonny, annonçait dans une lettre pastorale son intention d’ordonner prêtres des hommes mariés d’ici 2028 (donc de façon ouvertement illicite). Cela n’est pas passé inaperçu dans la presse, mais on n’a pas remarqué qu’il était aussi question de l’ordination des femmes, même si c’est de façon moins brutale que chez Hollerich : « Un point difficile reste la demande de rendre le sacrement de l’ordre accessible aux femmes, à commencer par l’ordination diaconale. »

Ce matin, le pape s’est fendu d’un long message « à la Très Révérende et Très Honorable Dame Sarah Mullally, Archevêque de Canterbury » à l’occasion de son « intronisation », hier. Le baratin de congratulation et d’éloge du dialogue œcuménique (avec recours deux fois à Paul VI et deux fois à François) se termine ainsi :

« Avec ces sentiments fraternels, j’invoque sur vous les bénédictions de Dieu Tout-Puissant alors que vous assumez vos hautes responsabilités. Que le Saint-Esprit descende sur vous et rende fructueux votre service du Seigneur. »

Il n’y a nulle part la moindre allusion au fait que, quoi qu’on pense des ordinations anglicanes, une femme ne peut pas être archevêque. Quant à l’appel au Saint-Esprit pour que cette imposture soit fructueuse…


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