La psychose norvégienne

Plusieurs milliers de Norvégiens propriétaires de bâtiments, de bateaux, d’immeubles et de machines recevront lundi une lettre de l’armée les informant que leurs biens pourraient être réquisitionnés en cas de guerre. Quelque 13.500 réquisitions « préparatoires » seront émises.

« L’importance d’être préparés aux crises et à la guerre a fortement augmenté ces dernières années. La Norvège se trouve dans la situation sécuritaire la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale. Notre société doit être prête à faire face à des crises de sécurité et, dans le pire des cas, à la guerre. Nous avons entamé un renforcement massif de la préparation militaire et civile », a déclaré le chef de l’Organisation logistique des forces armées, le général Anders Jernberg.

Dès 2022 les autorités norvégiennes ont commencé à procéder à ce qu’elles appellent des « demandes d’achat anticipées ». Mais en 2022 et 2023 il ne s’agissait que de véhicules : on vous informait qu’en cas de guerre votre voiture serait prise par l’armée. Depuis 2024 le champ des « demandes d’achat anticipées » ne cesse de s’agrandir…

Extension du wokisme

La plupart des gens continuent de penser que l’antispécisme est une stupidité. Pourtant cette idéologie ne cesse de progresser, de façon insidieuse, notamment à la faveur des campagnes sur le « bien-être animal » qui profitent des plus abjectes conditions d’élevage comme des plus absurdes lubies (les orques d’Antibes).

Un exemple parmi tant d’autres, ce titre relevé dans un média local de Besançon a priori sans idéologie :

Le lynx est décédé. Comme si c’était une personne. Car les mots décès, décéder, ne s’appliquent qu’aux hommes. C’était dans la définition de la 4e édition du Dictionnaire de l’Académie française (1762) :

C’était mentionné dans la 8e édition (1935), avec cette précision que c’est surtout en style administratif :

Et ce l’est toujours dans la 9e édition :

De la férie

Le martyrologe commence ainsi :

A Rome, sur la voie Cornélienne, les saints martyrs Marius et Marthe, son épouse, et leurs enfants Audifax et Abachum, persans de noble origine. Au temps de l’empereur Claude, ils étaient venus à Rome pour y prier. Marthe, après avoir enduré la bastonnade, le chevalet, les flammes, les ongles de fer, l’amputation des mains, fut noyée au lieu-dit « La Nymphe » ; les autres furent décapités, et on brûla leurs corps.

Leurs reliques, transférées en 752 à l’abbaye de Prüm en Allemagne, y sont vénérées sous le nom des « trois saints docteurs », la tradition disant que Marius et ses deux fils étaient médecins. Les corps avaient été brûlés, mais une fidèle nommée Félicité recueillit les restes et les enterra à Tenuta di Boccea. C’était le 20 janvier 270. Leur fête (dont il reste la mémoire) fut avancée au 19 parce que le 20 c’était la fête de saint Sébastien.

Illustration des Vies des saints de Dimitri de Rostov (né près de Kiev en 1651, devenu métropolite de Rostov), édition populaire de 1904 (un gros volume par mois). C’est au 6 juillet, après saint Sisoès. Curieusement, alors que ces martyrs ne sont guère vénérés en Russie, ils ont le droit à une illustration pleine page, ce qui est très rare…

Musique française à Saint-Pétersbourg

Depuis que je m’intéresse à tout ce qui se passe en Russie, j’ai été surpris de voir à quel point la musique française est présente dans les programmes de concert. Celui de cet après-midi n’est en rien une exception. Ce qui est plus rare en revanche est que le chef lui aussi est français : Emmanuel Leducq-Barôme. Il dirige l’Orchestre de chambre de la Baltique, à Saint-Pétersbourg. Orchestre ici étoffé de musiciens de l’Orchestre philharmonique de la ville, sous le nom d’« Ensemble émérite de Russie ». Le soliste est le remarquable premier violon du Philharmonique, Lev Klitchkov (cofondateur de l’Orchestre de chambre de la Baltique avec Emmanuel Leducq-Barôme).

Le programme : « Six chefs-d’œuvre pour toute la famille » : Dukas : L’Apprenti sorcier. Massenet : Médiation de Thaïs. Saint-Saëns : Introduction et Rondo capriccioso. Ravel : Une barque sur l’océan, Alborada del gracioso, Pavane pour une infante défunte. Et le Boléro en prime.

2e dimanche après l’Epiphanie

Cathédrale de la Transfiguration, Tsalendjikha, Géorgie (XIVe siècle).

Aux laudes de l’Epiphanie, la liturgie chantait : « Aujourd’hui, l’Eglise s’est unie à l’Epoux céleste, qui l’a lavée de ses péchés dans le Jourdain, les Mages accourent avec leurs présents aux noces royales dont les convives se réjouissent de la transformation de l’eau en vin. Alléluia ! »

Hodie cælésti sponso juncta est Ecclésia, quóniam in Jordáne lavit Christus ejus crímina : currunt cum munéribus Magi ad regáles núptias, et ex aqua facto vino lætántur convívæ, allelúia !

Aux vêpres de l’Epiphanie, la liturgie chantait : « Nous honorons aujourd’hui un jour orné de trois miracles : aujourd’hui, l’étoile a conduit les Mages à la crèche ; aujourd’hui, l’eau est devenue du vin aux noces ; aujourd’hui, dans le Jourdain, le Christ a voulu être baptisé par Jean, pour nous sauver, alléluia. »

Tribus miráculis ornátum diem sanctum cólimus : hódie stella Magos duxit ad præsépium : hódie vinum ex aqua factum est ad núptias: hódie in Jordáne a Joánne Christus baptizári vóluit, ut salváret nos, allelúia.

Dom Guéranger a fait une belle paraphrase de ces textes :

« L’Etoile a conduit l’âme à la foi, l’Eau sanctifiée du Jourdain lui a conféré la pureté, le Festin Nuptial l’unit à son Dieu. Nous avons chanté l’Époux sortant radieux au-devant de l’Épouse ; nous l’avons entendu l’appeler des sommets du Liban ; maintenant qu’il l’a éclairée et purifiée, il veut l’enivrer du vin de son amour. »

L’évangile de ce dimanche est celui qui évoque le troisième des mystères de l’Epiphanie : les noces de Cana.

Il s’agit en effet d’une épiphanie, et l’évangéliste, saint Jean, l’a lui-même souligné, car il termine son récit en disant : « Tel fut, à Cana de Galilée, le premier des miracles que fit Jésus, et il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui. »

Il manifesta sa gloire : c’est le sens même du mot épiphanie (le verbe grec est ἐφανέρωσεν, éphanérosen). La manifestation, ici, est celle de l’eau changée en vin. Elle se produit à l’intérieur de la matière. Cette manifestation est une transsubstantiation. Et ce premier miracle annonce directement le dernier miracle que fera Jésus avant sa mort et sa résurrection : quand il changera le vin en son sang.

C’est ce que souligne l’antienne de communion, car, tandis que les fidèles communient, la liturgie chante un texte composé de quatre extraits de l’évangile, mis bout à bout, qui sont un concentré du mystère.