Vendredi de la sexagésime

La lecture des matines donne la généalogie de deux des fils de Noé, puis raconte l’épisode de la tour de Babel :

Ils s’entre-dirent encore : Venez, faisons-nous une ville et une tour dont le sommet touche le ciel ; et rendons notre nom célèbre avant que nous nous dispersions en toute la terre. Or le Seigneur descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les enfants d’Adam. Et Il dit : Ils ne font tous maintenant qu’un peuple, et ils ont tous le même langage ; et, ayant commencé à faire cet ouvrage, ils ne quitteront point leur dessein qu’ils ne l’aient achevé entièrement. Venez donc, descendons en ce lieu, et confondons tellement leur langage, qu’ils ne s’entendent plus les uns les autres. C’est en cette manière que le Seigneur les dispersa de ce lieu dans tous les pays du monde, et qu’ils cessèrent de bâtir la ville.

Lucas van Valckenborgh, 1594, Le Louvre.

L’histoire de la tour de Babel n’est pas seulement le mythe qui expliquerait la multiplicité des langues de la terre. C’est un écho du péché originel. C’est le « péché originel » d’après le Déluge, mais il n’est pas originel puisqu’il est une conséquence de celui de l’origine. Les hommes veulent monter jusqu’à la porte du ciel (Bab El) par leurs propres forces et pour leur propre gloire. On verra cela dans toute l’histoire de l’humanité : c’est l’orgueil de l’homme (« Rendons notre nom célèbre ») qui croit pouvoir se sauver tout seul et croit ne pas avoir besoin d’un Dieu sauveur, ou de son Eglise. Le résultat est qu’il régresse à un niveau inférieur à celui où il se trouvait au départ. Au lieu de porter l’unité à son sommet, il se disperse et s’enlise dans la multiplicité de la création, et dans l’incommunicabilité, image de l’enfer.

Bravo Geadis Geadi

Dénoncez vos voisins : la militante de la culture de mort Valérie Hayer (pitoyable présidente du groupe macroniste) dénonce la présence d’une affiche pro vie au Parlement européen, exige qu’elle soit retirée et que les responsables soient sanctionnés…

« C’est une vie, pas un choix. »

L’affiche est signée Geadis Geadi, député européen de Chypre. Il est l’unique élu du Front populaire national, et au Parlement européen il fait partie du groupe ECR (Conservateurs et réformistes européens) qui est donc également responsable de l’affiche. (Ce groupe, qui était celui des conservateurs britanniques avant le Brexit, est surtout aujourd’hui celui des Frères d’Italie et du PïS polonais. Le président du groupe est actuellement le Polonais Patryk Jaki.)

Cette affiche répond modestement à celle de la gauche, en décembre dernier (Mon corps, ma voix, mon choix), dont personne n’avait demandé le retrait.

L’Européen de l’année

Non, ce n’est pas une blague. Le prix de l’Européen de l’année a été remis à Thierry Breton hier soir, lors de la 34e cérémonie des Prix du Trombinoscope.

Le premier trophée de la soirée a été remis à Yaël Braun-Pivet. Il y avait de nombreux autres prix, dont celui du député de l’année, remis à Olivier Faure, de ministre de l’année, remis à Amélie de Montchalin, « la femme qui compte » (ah ah ah), de la personnalité politique de l’année, remis (par Christophe Barbier, président du jury) à Sébastien Lecornu… Et de la « révélation politique de l’année », qui est allé à Sarah Knafo (quelle audace !)…

« Diversité »

Voilà un rire qui fait du bien : celui de l’acteur Mads Mikkelsen et du réalisateur Nikolaj Arcel, lorsqu’on leur demande pourquoi dans le film The promised land (en France King’s land, de son vrai titre danois Bastarden), il n’y a aucun noir, aucune diversité.

« Comme ça, dès le début ? » réagit Mads Mikkelsen, en éclatant de rire.

« Oui, dès le début », reprend le journaliste, très sérieux malgré le sourire de commisération du réalisateur.

Lequel répond, sérieux lui aussi : « Euh, d’abord, le film se situe au Danemark dans les années 1750… ».

La séquence date sans doute de fin 2023 ou début 2024 selon le lieu de la conférence de presse. En fait la question va de soi, pour un journaliste qui baigne dans l’idéologie woke, et qui a déjà vu des dizaines de films historiques assaisonnés de non-blancs qui n’ont rien à y faire, et même qui ont un rôle de personnage célèbre. (Seulement dans ce sens-là. Toute diversité serait inconcevable dans un film se passant dans une société non blanche.)

Ce qui est intéressant ici c’est que Mads Mikkelsen et Nikolaj Arcel réagissent comme si on leur posait une question incongrue et ridicule : même dans ce milieu il y a donc encore des gens qui ne sont pas complètement woke…

« Dérogation humanitaire »

La Belgique a accordé une « dérogation humanitaire » à Jacques Baud (qui habite Bruxelles) lui permettant d’avoir accès à son compte bancaire malgré la sanction qui le frappe.

Jacques Baud, ancien colonel de l’armée suisse et analyste du renseignement, a été ajouté le 15 décembre à la liste des personnes soumises à des « mesures restrictives » de l’UE « eu égard aux activités déstabilisatrices menées par la Russie ». Car « il agit comme porte-parole de la propagande pro-russe ».

Une accusation énorme et clairement injustifiée, sauf si l’on considère qu’il n’y a plus du tout de liberté d’opinion sur la guerre en Ukraine.

En attendant que ses recours contre cette infamie soient examinés, ses avocats ont donc obtenu qu’il puisse ne pas mourir de faim…

« Avec cette dérogation humanitaire, j’ai le droit d’accéder à mon compte bancaire pour les besoins essentiels », a confirmé Jacques Baud.