Léon XIV et le scandale Durbin

Alors que dix évêques américains ont dénoncé la remise d’une décoration par l’archevêque de Chicago le cardinal Blase Cupich, prévue le 27 octobre prochain, au sénateur Dick Durbin, militant de l’avortement, Léon XIV a répondu à une question sur ce sujet. Sa réponse apparaît comme un copié-collé de ce que disait son prédécesseur :

« Je ne connais pas très bien ce cas particulier. Je pense qu’il est important d’examiner l’ensemble du travail accompli par un sénateur au cours de, si je ne me trompe pas, 40 ans de service au Sénat américain. Je comprends la difficulté et les tensions. Mais je pense, comme je l’ai déjà dit par le passé, qu’il est important d’examiner de nombreuses questions liées aux enseignements de l’Église. Quelqu’un qui dit être contre l’avortement mais qui est favorable à la peine de mort n’est pas vraiment pro-vie. Quelqu’un qui dit être contre l’avortement mais qui est d’accord avec le traitement inhumain des immigrants aux États-Unis, je ne sais pas si c’est pro-vie. Ce sont donc des questions très complexes et je ne sais pas si quelqu’un détient toute la vérité à leur sujet, mais je demanderais avant tout qu’ils se respectent les uns les autres et que nous cherchions ensemble, en tant qu’êtres humains et, dans ce cas, en tant que citoyens américains et citoyens de l’État de l’Illinois, ainsi qu’en tant que catholiques, à dire que nous devons être attentifs à toutes ces questions éthiques. Et à trouver la voie à suivre en tant qu’Église. L’enseignement de l’Église sur chacune de ces questions est très clair. »

Léon XIV défendait ainsi la distinction accordée au sénateur par le fait qu’il s’agissait de l’honorer pour sa défense des « immigrants », et non pour son combat en faveur de l’avortement (y compris par démembrement du fœtus)…

Mais il était inutile de jouer au François II, car, peu après, le sénateur Durbin décidait de ne pas recevoir le prix.

A Chicago pour les migrants et l’avortement

Le sénateur Dick Durbin recevra le 27 octobre, des mains du cardinal Blase J. Cupich, archevêque de Chicago, le prix du « Bureau du Ministère de l’Immigration pour la Dignité humaine et la Solidarité » pour « l’ensemble de sa carrière pour le soutien des immigrants ».

On ne doute pas que le sénateur Durbin soutienne les « immigrants » et mérite une médaille pour cela. Mais le sénateur Durbin est surtout connu comme militant de la culture de mort.

Il a même voté contre la proposition de loi interdisant ce qu’ils osent appeler « l’avortement par naissance partielle », à savoir le découpage du fœtus dans le ventre de la mère pendant les derniers mois de grossesse. Il a voté aussi contre le texte sur la protection des enfants à naître « capables de ressentir la douleur », qui visait à interdire les avortements après 20 semaines, et contre la loi sur la protection des survivants de l’avortement nés vivants, qui aurait rendu obligatoire la prise en charge médicale des nourrissons nés vivants à la suite d’un avortement raté. Et il a voté la loi « sur la protection de la santé des femmes », qui reprenait l’arrêt Roe v. Wade, alors que la Cour suprême l’avait jugé inconstitutionnel.

Et alors qu’il se prétend catholique il avait harcelé Amy Coney Barrett, candidate à la Cour suprême, l’accusant de se faire plus catholique que les catholiques et lui demandant si elle portait un chapelet…

L’année suivante il avait été interdit de communion par son évêque Mgr Paprocki.

La cérémonie de remise du prix au sénateur Durbin aura lieu au Collège Saint-Ignace. L’entrée est de 100 ou 250 $. (80% de la recette ira au « ministère pour l’Immigration », 20% à la « pastorale nationale des migrants ».)

L’OMS perfectionne sa culture de mort

Dans sa liste des « médicaments essentiels », l’OMS inclut les substances abortives : mifepristone et misoprostol, dans sa section 22 : « Médicaments pour la santé reproductive et le soin périnatal ».

Dans sa liste actualisée à paraître, elle les met dans une nouvelle sous-section de « médicaments pour l’avortement médical », et supprime les encadrés. Lesquels précisaient que ces « médicaments » contre la maladie qu’est la grossesse ne peuvent être utilisés que dans les pays où l’avortement est autorisé ou considéré comme culturellement acceptable.

Désormais les pesticides humains sont des « médicaments essentiels », dans l’absolu pour tout le monde, même où c’est interdit…

L’avortement en Russie

Un quart des cliniques privées en Russie ont cessé de pratiquer des avortements, selon le père Fyodor Loukyanov, président de la Commission patriarcale sur les questions familiales, la protection de la maternité et de l’enfance :

« Déjà 25 % des cliniques privées de la Fédération de Russie ont décidé de refuser de pratiquer des avortements. Les mesures de soutien de l’État aux femmes enceintes contribuent à réduire le nombre d’avortements. Grâce à l’Année de la famille et aux diverses mesures prises pour préserver la santé des mères et la vie des enfants à naître, 2024 a vu un minimum absolu dans la circulation de substances abortives : les établissements médicaux en ont reçu 33 % de moins qu’en 2023 et 46 % de moins qu’en 2022. »

Le 1er septembre, des lois interdisant de contraindre une femme à avorter sont entrées en vigueur dans les provinces de Kirov et de Briansk. Désormais 23 régions ont une telle loi, et deux autres sont en train de la voter. Les contraintes sont définies comme « des actions visant à forcer une femme enceinte à avorter par la persuasion, l’offre, la corruption ou la tromperie ». La Mordovie a été la première région à adopter une telle loi, en 2023. Le patriarche Cyrille a appelé à l’introduction d’une telle interdiction au niveau fédéral.

Selon les estimations de Rosstat, le nombre d’avortements en Russie est en baisse constante depuis le début des années 1990, en moyenne de 6 % par an.

Les tordus de l’avortement

La Commission européenne a validé le 1er septembre l’« initiative citoyenne européenne » « Ma voix, mon choix : Pour un avortement sûr et accessible », qui a recueilli plus d’un million de signatures, ce qui oblige la Commission à l’examiner.

Les institutions de l’UE n’ont pas compétence dans ce domaine, qui relève uniquement des Etats membres. La Commission le souligne. La pétition également.

Alors ? Alors on a trouvé un biais : on ne demande pas le « droit à l’avortement » dans tous les pays de l’UE, on demande à la Commission de « présenter, dans un esprit de solidarité, une proposition de soutien financier aux États membres qui seraient en mesure de réaliser des interruptions de grossesse pour toute personne en Europe qui n’aurait toujours pas accès à un avortement sans danger et légal ». Par exemple l’UE financerait les avortements de Polonaises en Allemagne.

En bref, on reconnaît que la question de l’avortement relève exclusivement des Etats membres, mais on demande à l’UE, qui n’a pas compétence, de subventionner l’avortement…

La Commission reçoit toutefois l’initiative avec des pincettes :

« La présentation de l’initiative n’influe pas sur la décision finale de la Commission quant à son bien-fondé, ni sur les mesures qu’elle pourrait prendre. La Commission a jusqu’au 2 mars 2026 pour présenter sa réponse officielle, exposant les mesures qu’elle a l’intention de prendre, le cas échéant. La Commission rencontrera les organisateurs pour discuter en détail de l’initiative dans les semaines à venir. Une audition publique sera ensuite organisée par le Parlement européen. »

Lequel Parlement européen va évidemment massivement soutenir l’initiative.

Il n’est pas inintéressant de constater que les pilotes de l’initiative sont deux personnes plus connues pour leur militantisme LGBT que sur la question spécifique de l’avortement : La « représentante » est Nika Kovač, fondatrice en Slovénie de l’« Institut du 8 mars » en réponse au recul des droits LGBT (sic), et sa suppléante Alice Coffin, cofondatrice de la Conférence européenne lesbienne et de l’Association des journalistes LGBT.

En 2022 Nika Kovač suivait une « formation » à la Fondation Obama (la deuxième à partir de la gauche). Son « Institut du 8 mars » est financé par Soros depuis 2021 (250.000 $ en 2023).