L’euthanasie au Canada

Le gouvernement du Canada a publié son sixième rapport annuel sur l’euthanasie légale, dite « aide médicale à mourir » (AMM), pour l’année 2024 : 16.499 personnes ont été tuées de cette façon l’année dernière. Un chiffre en augmentation de 6,9% par rapport à 2023.

Le texte rappelle et souligne que « l’AMM n’est pas classée comme cause de décès par l’Organisation mondiale de la santé ». Car c’est « un service de santé fourni dans le cadre de soins de fin de vie ou complexes auquel une personne peut accéder dans des circonstances très limitées ». Mais de moins en moins limitées. D’ailleurs on ne voit pas pourquoi il faudrait limiter un « service de santé »…

Au Canada, deux « voies » sont prévues pour demander l’« aide médicale à mourir ». Il y a la « voie 1 » si la mort est « raisonnablement prévisible » (sic) ou la « voie 2 » si elle ne l’est pas du tout : la « voie 2 » a été mise en place en 2021 pour pouvoir tuer des gens qui ne sont pas malades.

En 2024, 95,6% des cas d’AMM relevaient de la voie 1, et 4,4% de la voie 2. Mais le taux de croissance est nettement supérieur pour la seconde voie : 17,1% entre 2023 et 2024. Il s’agit en majorité des femmes et déclarant une situation de handicap à 61,5%, ont témoigné souffrir de solitude ou d’isolement pour 44,7% d’entre elles et craindre d’être perçues comme une « charge » pour leur famille, amis ou proches aidants, pour plus de la moitié.

« Santé Canada continuera de travailler avec les systèmes de santé provinciaux et territoriaux, les experts, les intervenants, les partenaires autochtones et les membres du public afin de s’assurer que l’AMM soit administrée de façon sécuritaire, appropriée, respectueuse, inclusive et fondée sur la dignité humaine », déclare Marjorie Michel, ministre de la Santé… Ce qui fait au moins cinq diaboliques et inhumains mensonges en une seule phrase.

Les pervers

Le gouvernement britannique a interdit l’usage des bloqueurs de puberté censés permettre aux enfants de « changer de genre ». Mais des « essais cliniques encadrés » sont possibles. Le King’s College de Londres va donc entreprendre un « essai clinique » sur une centaine d’enfants…

La responsable du projet reconnaît que les effets négatifs possibles « incluent des impacts sur la fertilité, le développement neurologique et la structure osseuse ». Mais c’est l’idéologie transgenre qui prime : les traitements sont censés réduire l’anxiété et la dépression, en « alignant mieux le corps sur l’identité ressentie ».

Intéressant référendum slovène

« Soutenez-vous l’entrée en vigueur de la loi sur la fin de vie assistée, qui a été approuvée par le Parlement le 24 juillet 2025 ? »

Telle était la question du référendum organisé hier en Slovénie. La réponse est non à 53%.

Ce résultat est intéressant, car il montre un revirement certain de l’opinion publique.

La loi avait été adoptée à une très large majorité de 50 voix contre 10. Elle avait été précédée par un référendum qui avait donné 55% en faveur du « suicide assisté ».

La loi votée devait entrer en vigueur ces jours-ci. Mais un groupe soutenu par l’Eglise catholique a rassemblé plus de 40.000 signatures permettant de bloquer le texte et d’organiser un nouveau référendum.

Naturellement, le dernier sondage donnait le oui à 54,3%. Mais le résultat est un non à 53%.

La loi est donc bloquée pour un an. Après, on recommence…

Le veto du prince Albert

Le 15 mai dernier, le Conseil national de Monaco avait voté par 19 voix contre 2 une proposition de loi visant à légaliser l’avortement jusqu’à la 12e semaine de grossesse.

Le 18 novembre, le prince Albert a déclaré qu’il ne donnerait pas suite à cette proposition de loi. Il dit comprendre « la sensibilité de ce sujet, l’émotion qu’il peut soulever et le souvenir douloureux qu’il peut évoquer pour certaines personnes », mais considère que « le cadre actuel respecte ce que nous sommes au regard de la place qu’occupe la religion catholique dans notre pays, tout en garantissant un accompagnement sûr et plus humain ».

L’avortement reste donc interdit à Monaco sauf en cas de viol, de maladie ou de malformation fœtale irréversible, et de danger pour la vie de la mère.

Ce pape

Léon XIV s’est rendu jeudi matin 20 novembre à Assise, où étaient réunis les évêques italiens pour leur 81e Assemblée générale. Après avoir souligné qu’« une Eglise synodale (…) doit se renouveler sans cesse » et que par conséquent les évêques de 75 ans doivent « apprendre à dire au revoir », il a dit qu’il voulait une Eglise « qui intervient prophétiquement dans le débat public pour diffuser une culture de la légalité et de la solidarité » : una cultura della legalità e della solidarietà.

Si les mots ont un sens (ou quand les mots avaient un sens), cela veut dire que c’est une attitude « prophétique » de respecter les lois et de contribuer à les faire respecter.

Jusqu’ici on croyait que c’était simplement vivre en bon citoyen…

Mais surtout, c’est tirer un trait sur les martyrs, abolir le martyrologe. Ce qui était « prophétique », chez les martyrs, est que précisément ils rejetaient la loi, et y laissaient la vie. Il vaut mieux obéir à Dieu qu’aux hommes, et ils n’obéissaient pas aux lois obligeant sous peine de mort à sacrifier aux idoles.

Et aujourd’hui, la « culture de la légalité », c’est respecter les lois de la culture de mort, le droit à l’avortement, le droit à l’euthanasie, le droit au « mariage » entre personnes de même sexe ?

Une attitude prophétique, pour le pape, c’est cultiver le droit maçonnique ?

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« Mgr Michael Martin, qui a cruellement relégué la communauté de Charlotte pratiquant la messe en latin dans une église délibérément trop petite, a rencontré hier le pape Léon XIV et l’a remercié pour son “message clair” en faveur des migrants en détresse. Il se moque éperdument de l’expulsion massive des fidèles traditionnels ! »

(Plus précisément, Mgr Martin a supprimé les quatre messes traditionnelles de son diocèse et n’a autorisé qu’une messe dans une petite chapelle au milieu de nulle part, demandant aux fidèles de ne pas y aller tous les dimanches…)