La dictature de la culture de mort

Des « collectifs féministes » ont revendiqué les collages et dégradations effectués dans la nuit du 11 au 12 juin sur la façade de la maison médicale La Présence, dans le 3e arrondissement de Lyon, parce que les médecins qui exercent dans cette maison créée par une association catholique font jouer la clause de conscience et refusent de délivrer des contraceptifs.

Ainsi agissent des adeptes de la tolérance et du vivre ensemble contre des médecins qui sont dans leur droit.

Il s’agit d’actions d’intimidation, puisqu’on peut se faire prescrire des contraceptifs partout ailleurs, et clairement revendiquées comme telles, avec en prime l’exigence de la suppression de la clause de conscience :

En réaction aux diverses enquêtes (Médiapart  et Rue89) , lettre ouverte et face à l’inaction de l’État, nous, les Collages féministes Lyon, les Lesbiennes contre le patriarcat et Nous Toutes Rhône, nous sommes unies pour dénoncer à nouveau et tant qu’il le faudra les agissements de la maison médicale La Présence, qui ne respecte pas certains droits fondamentaux pourtant inscrits dans la loi, et qui institutionnalise le recours à une clause de conscience dont nous voulons souligner la dangerosité pour nos corps et nos libertés.

On note l’ignoble mensonge sur la « dangerosité » de la clause de conscience, mais on se demande aussi pourquoi les lesbiennes ont un besoin vital de contraceptifs.

Oui, c’est un meurtre

Nos gazettes soulignent que la justice du Texas ose poursuivre pour « meurtre » un homme qui a fait avorter une femme à son insu.

C’était en septembre 2024. La femme que fréquente Justin Anthony Banta lui apprend qu’elle est enceinte. L’homme, qui travaille au département informatique du ministère américain de la Justice, lui propose de payer les frais de l’avortement. La femme refuse : l’avortement est interdit au Texas, et elle veut garder l’enfant. Le 17 octobre, elle passe une échographie : le fœtus est en parfaite santé. Le même jour, Banta l’attend dans un café et une boisson lui est préparée. Elle la boit. Le lendemain, à cause de saignement vaginaux importants et d’une extrême fatigue, elle se rend aux urgences. Le surlendemain elle perd son enfant.

L’enquête a abouti la semaine dernière à l’inculpation de Justin Anthony Banta pour « meurtre capital » et falsification de preuves matérielles.

Et c’est une occasion de s’en prendre au Texas qui a « une des lois les plus restrictives aux Etats-Unis » sur l’avortement. Mais ce qui chez nous est un droit est à Austin un meurtre. Parce que c’en est un, objectivement.

L’avortement au Mexique

Au Mexique, le Parlement de Guanajuato, un Etat du centre du pays, a rejeté hier la dépénalisation de l’avortement, par 19 voix contre 17.

La semaine dernière, un vote avait abouti à 18 voix contre et 18 voix pour. L’ONU avait demandé un nouveau vote (sic), afin que cet Etat se mette en conformité avec la décision de la Cour suprême du Mexique, qui en 2021 a décidé que l’interdiction de l’avortement était anticonstitutionnelle.

Mais un député du parti Vert a changé d’avis, dans le « mauvais » sens…

Un recours a été immédiatement porté devant la Cour suprême, qui a déjà obligé deux Etats à décriminaliser l’avortement.

Car au Mexique comme dans divers autres Etats d’Amérique latine, c’est la Cour suprême qui pilote la culture de mort, façon dictatoriale.

Russie : davantage de cliniques pro-vie

Lors d’une conférence de presse, le père Feodor Loukian, président de la Commission patriarcale pour la protection de la famille, de la maternité et de l’enfance, a fait savoir que désormais 686 cliniques privées refusent de pratiquer des avortements, soit une hausse de 28,9% en un an.

Le prêtre a également souligné que des mesures visant à soutenir les initiatives de l’Église concernant les restrictions en matière d’avortement ont été adoptées dans 87 régions du pays. « Mais nous aimerions beaucoup que les responsables régionaux qui n’ont pas encore rejoint cette initiative y participent, car ils devront ensuite rendre compte au président des taux de natalité dans leur région… »

De plus en plus de demandes émanant des administrations de tout le pays demandent que cette question soit résolue au niveau fédéral.

« Toutes les mesures – juridiques, organisationnelles et restrictives – doivent poursuivre un seul objectif : chaque enfant que le Seigneur envoie ici doit naître dans notre pays, car personne n’est superflu aux yeux de Dieu. »

Continuité vaticane

Léon XIV a nommé président de l’Académie pontificale pour la Vie Mgr Renzo Pegoraro. Il remplace Mgr Vincenzo Paglia, qui a eu 80 ans le mois dernier.

Mgr Pegoraro était le chancelier de cette institution depuis 2011 et il est dans la ligne de l’immonde Paglia. Ou plutôt il est pire que Paglia. Car celui-ci (en dehors de son militantisme LGBT) noyait le poisson dans les questions de défense de la vie. Pegoraro quant à lui a justifié ouvertement le « suicide assisté » comme « moindre mal » et donc sa légalisation sous certaines conditions. Ce qui est littéralement contraire à l’encyclique Evangelium Vitae qui est en quelque sorte la charte de l’Académie pontificale pour la Vie. Sa nomination le jour où notre Assemblée nationale vote la légalisation de « l’aide à mourir », c’est comme un clin d’œil, qui n’est pas de la Providence…

Pendant que Mgr Pegoraro était chancelier, l’Académie pontificale pour la Vie a demandé de se faire piquer contre le covid pour le « salut commun », a invité des conférenciers favorables à l’avortement, retwitté des articles demandant à repenser la doctrine de l’Eglise sur la contraception, publié Theological Ethics of Life, rassemblant les contributions à un « séminaire d’étude pluridisciplinaire », dont certaines demandent une « flexibilité pastorale » sur la contraception et sur la PMA.

Les mots employés ne sont plus ceux de la théologie catholique, mais ceux de la psychologie profane maquillés en « pastorale » : accompagnement, compassion, complexité…

Comme Mgr Paglia, Mgr Pegoraro évoque très rarement l’avortement, alors qu’il est intarissable sur les migrants, le changement climatique et la justice sociale.