Poutine dans l’UE…

La rencontre annoncée de Poutine et Trump à Budapest fait hurler évidemment les eurocrates et tous les russophobes compulsifs européens. Parce que ce sera une nouvelle preuve que leurs sanctions ne fonctionnent pas, et parce que ce sera une énorme claque pour eux si Poutine et Trump se rencontrent dans une capitale de l’UE pour parler de l’Ukraine sans aucun représentant de l’UE…

On parle de cette rencontre tant à Washington qu’à Moscou sans même évoquer un seul instant le fait que théoriquement Poutine ne peut pas venir en avion dans un pays de l’UE : l’espace aérien de l’UE est fermé à tous les aéronefs russes depuis 2022.

Le ministre polonais Sikorski a déclaré que dans le cas où Poutine survolerait la Pologne, si un tribunal le demandait, les autorités polonaises devraient obliger l’avion à atterrir pour arrêter Poutine et le transférer à La Haye.

« Je ne peux même pas imaginer qu’il traverse notre espace aérien, dit le ministre lituanien. Il n’y a pas de place en Europe pour les criminels de guerre. Le seul endroit où Poutine a sa place en Europe, c’est à La Haye, devant le Tribunal. »

Mais on sait désormais par où va passer Poutine. En marge d’une réunion des ministres des Affaires étrangères à Luxembourg, hier, le ministre bulgare Georg Georgiev a déclaré que son pays laisserait passer l’avion russe : « Lorsque des efforts sont faits pour parvenir à la paix, si la condition pour y parvenir est d’organiser une telle rencontre, il est tout à fait logique que cette rencontre fasse l’objet d’une médiation par tous les moyens possibles. »

De fait entre la mer Noire et Budapest il y a que la Bulgarie et la Serbie, et les liaisons aériennes de Belgrade avec la Russie continuent comme avant (et plus qu’avant puisque l’aéroport de Belgrade est le seul en Europe occidentale à assurer la liaison).

Leurs valeurs

La Commission européenne a publié sa « Stratégie LGBTIQ+ Egalité » pour 2026-2030. Car l’Union européenne est une « Union of Equality ». Le texte n’est disponible qu’en anglais, alors que les Anglais ne font plus partie de l’UE et que le français est l’une des trois langues de travail de la Commission européenne. Mais on a l’habitude.

Le texte de 20 pages est plein de répétitions, obsessionnelles, sur la lutte contre les discriminations et pour l’égalité. Et il est imprégné de l’idéologie LGBT qu’il faut répandre et imposer, alors que cela relève des Etats et que plusieurs d’entre eux n’en veulent pas, comme on le reconnaît en passant, mais en supposant que cela changera, et on fera tout pour que ça change : les futurs candidats à l’adhésion à l’UE devront être clairs sur le sujet.

L’acceptation et la promotion de l’idéologie LGBT s’abrite derrière différents noms, comme l’inclusion, et « il est essentiel de promouvoir l’inclusion dès le plus jeune âge pour le bien-être et le développement des personnes LGBTIQ+ » :

« Les environnements inclusifs et favorables aident les jeunes à développer leur confiance, leur résilience et un sentiment d’identité positif, tout en encourageant l’empathie et le respect entre tous. Lorsque les enfants grandissent dans des environnements qui célèbrent la diversité, ils ont plus de chances de s’épanouir sur le plan scolaire, social et émotionnel, et de conserver ces valeurs inclusives à l’âge adulte, les transmettant ainsi aux générations futures. »

Car il faut « célébrer la diversité », et l’UE promeut partout la gay pride, le mois des fiertés, etc. On n’oublie pas de souligner que « la Commission a saisi la CJUE d’un recours contre la Hongrie au sujet de règles nationales qui discriminent les personnes en raison de leur orientation sexuelle et de leur identité de genre ». Or il s’agit uniquement d’une interdiction de la propagande LGBT auprès des mineurs. Mais cela est une intolérable « discrimination ».

Tout au long du texte la Commission européenne fait ouvertement la promotion de la discrimination positive et s’engage à le faire elle-même. Car tout va mieux quand on promeut les invertis, les trans et les drag-queens :

« Les villes qui accueillent et intègrent les personnes LGBTIQ+ disposent d’“écosystèmes d’innovation” plus solides, d’une plus grande concentration de compétences et de talents, d’un niveau d’entrepreneuriat plus élevé et d’une meilleure qualité de vie. »

« Les entreprises qui promeuvent activement la diversité et l’inclusion sont plus susceptibles d’attirer et de retenir les talents, de favoriser l’innovation et d’obtenir de meilleurs résultats financiers. »

Bien sûr la Commission européenne va allouer toujours plus d’argent des contribuables à sa propagande. Par exemple, « au sein d’AgoraEU, la Commission a proposé d’allouer 3,6 milliards d’euros au nouveau volet “Citoyens, égalité, droits et valeurs+”, soit plus du double du budget prévu dans le cadre du programme actuel “Citoyens, égalité, droits et valeurs”. »

Et naturellement elle s’engage à promouvoir ces « valeurs de l’Europe » dans le monde entier, qui en a bien besoin.

La Pologne revient…

Le président polonais Karol Nawrocki a envoyé une lettre à Ursule dans laquelle il avertit que la Pologne ne participera à aucun plan de l’UE visant à transférer des migrants en situation irrégulière dans le pays : « Je ne consentirai pas à la mise en œuvre du pacte sur la migration et l’asile en Pologne. »

Le ministre de l’Intérieur, qui est pourtant du gouvernement Tusk, dit lui aussi que qu’il rejette toute disposition obligeant les États membres à relocaliser les migrants.

Réaction de Viktor Orban :

« L’Europe est en train de basculer : le président Nawrocki refuse de mettre en œuvre le pacte migratoire en Pologne. Nous le refusons aussi. Nous sommes désormais deux. Si un troisième nous rejoint, ce sera déjà une rébellion. »

Un bon résumé de la politique d’Ursule

Le Parlement européen a rejeté hier, sans surprise, deux motions de censure contre Ursule, puisqu’une large majorité des élus est de la même farine avariée. Pourrie, plutôt. Parmi les interventions en défense des motions de censure, celle d’Ewa Zajączkowska a été remarquée. Ewa Zajączkowska, membre du groupe Europe des nations souveraines (à majorité AfD), est en Pologne la porte-parole du parti Confédération Liberté et Indépendance.

En Tchéquie

Le parti Le parti d’Andrej Babiš, ANO, a remporté les les élections législatives, avec 34,5% des voix. Ce n’est pas une aussi grande victoire que ce que l’on dit ici et là, puisqu’il n’obtient que 8 députés de plus : ce qui fait 80, sur 200.

Le « populiste » ou « démagogue » Babiš devrait pouvoir former une coalition majoritaire avec « l’extrême droite », comme disent les gazettes, à savoir avec le SPD du nationaliste Tomio Okamura (un vrai Japonais né à Tokyo), et avec le parti des automobilistes proche de l’ancien président Vaclav Havel, donc très europhobe.

Andrej Babiš a déjà été chef du gouvernement de 2017 à 2021, et il ne laisse pas de grands souvenirs. Cela dit, depuis lors, ses députés européens, qui étaient dans le groupe libéral, sont depuis l’an dernier dans le groupe Patriotes, avec ceux d’Orban et ceux du RN – et celui des automobilistes. (Le député SPD est dans le groupe ENS de l’AfD.)

Il est donc vraisemblable, et même probable, que son gouvernement sera nettement eurosceptique, notamment sur l’immigration et l’écologie. En ce qui concerne son attitude concernant l’Ukraine, c’est beaucoup plus flou (volontairement flou pendant sa campagne).