Pschitt…

Dans le baratin du communiqué final du conseil européen extraordinaire d’urgence réuni hier en raison de l’imminente et terrifiante menace russe, il n’y a… rien.

Aucune décision. La seule mention d’un chiffre se trouve ici :

Le Conseil européen prend note de l’intention de la Commission de présenter une proposition relative à un nouvel instrument de l’UE visant à accorder aux États membres des prêts soutenus par le budget de l’Union à hauteur de 150 milliards d’euros, et invite le Conseil à examiner cette proposition de toute urgence.

Le Conseil prend note d’une proposition de la Commission… et s’invite lui-même à l’examiner…

Autrement dit, comme d’habitude, mais bien plus que d’habitude, tous les discours avant et après le Conseil sont du bidon, du vent. A commencer par la rodomontade d’Ursule sur les « 800 milliards » et sa recette pour les trouver…

Ce Conseil n’a même pas pu renouveler son soutien à l’Ukraine, en raison de l’opposition de Viktor Orban à tout nouvel engagement de dépenses militaires… Le communiqué renvoie seulement à un texte en annexe, signé par 26 Etats.

Routine démocratique

En Autriche, puisque la strèmdroate a gagné les élections et a le plus grand nombre de députés, la droite, la gauche et les libéraux se sont unis pour gouverner ensemble. Ils ont mis exactement cinq mois pour y arriver, et ce n’est pas encore sûr, mais il faut ce qu’il faut quand on est confronté au danger d’une politique qui pourrait remettre le pays sur les rails.

En Allemagne la strèmedroate n’a pas gagné les élections mais le résultat est le même : il faut que la droite et la gauche s’unissent (là-bas les libéraux viennent de disparaître) pour constituer une majorité…

Des majorités forcément vouées à ne pouvoir rien faire. Mais puisque c’est Bruxelles qui décide…

Au Parlement européen

Le député européen polonais Grzegorz Braun a encore mis un peu d’animation dans l’hémicycle, mercredi. Alors que les députés étaient appelés à observer une minute de silence pour « les victimes de l’Holocauste », il a crié : « Prions pour les victimes du génocide juif à Gaza ». Puis 12 secondes plus tard, il a crié : « Merci beaucoup. Merci à tous d’avoir prié pour les victimes du génocide juif à Gaza. » Et il s’est fait expulser. Trop tard… Il a alors ajouté : « Toutes les victimes sont égales, mais certaines sont plus égales que d’autres. »

Plus bas que le fond ?

Le Financial Times nous apprenait hier que Kaja Kallas compte proposer, pour le prochain paquet de sanctions contre la Russie, le 22 février, troisième anniversaire de la guerre en Ukraine, l’interdiction de l’exportation de consoles de jeux (PlayStation, Xbox, etc.).

L’information a été répercutée partout ce matin, très sérieusement. Car, selon la même Kallas, les Russes se servent de ces consoles « pour piloter les drones ».

Evidemment, ça change des puces de machines à laver. Mais c’est encore plus grotesque. Pour la bonne raison que, premièrement, les constructeurs de jeux vidéo ont arrêté leurs exportations vers la Russie dès le début de la guerre, et que, deuxièmement, ces consoles sont presque toutes fabriquées en Chine, et commercialisées éventuellement du Japon ou des Etats-Unis, mais d’aucun pays de l’UE.

En bref on interdirait l’exportation de produits que nous ne fabriquons pas et que nous ne commercialisons pas. Là ça dépasse toutes les débilités kalassiennes connues. On croyait avoir touché le fond, mais on continue de creuser. Dans l’hilarité mondiale qui devient un hennissement cosmique.

Au point qu’on se demande si ce n’est pas une blague (anti-UE) du Financial Times, bien que ce ne soit pas le style du journal.

Au fait, UE ou pas UE, arrêt ou non des exportations des constructeurs, on trouve comme on veut en Russie ces consoles de jeux (comme le reste)… Et elles ne sont même pas réquisitionnées par l’armée (pas plus que les machines à laver, ni même les pelles).

Et ce n’est certainement pas la ridicule Kallas, qui ridiculise toute l’UE, qui y changera quelque chose…

Hongrie et Géorgie

Viktor Orban : « Il est temps pour les bureaucrates de Bruxelles et le réseau de Soros d’arrêter d’attaquer le gouvernement de Géorgie. J’ai exprimé mon soutien au président du Parlement Chalva Papouachvili dans leur combat pour la souveraineté de la Géorgie. »

C’était hier, le jour où le Conseil européen a décidé de suspendre certaines parties de l’accord UE-Géorgie, ce qui obligera les diplomates et les fonctionnaires géorgiens à demander un visa lorsqu’ils se rendent dans l’UE.

Le ministre polonais de l’intérieur et de l’administration Tomasz Siemoniak, qui présidait la séance, a été très fier de piétiner les Géorgiens qui ont mal voté : « Les droits fondamentaux et les valeurs démocratiques sont des principes fondamentaux de l’intégration européenne. Les fonctionnaires représentant un pays qui foule aux pieds ces valeurs ne doivent pas bénéficier d’un accès facilité à l’UE. »