Saint Cyrille d’Alexandrie

Extrait de la Vie des Saints du site Foi orthodoxe.

Monastère de Râşca, Roumanie.

Pendant ce temps Nestorius, appuyé sur l’autorité impériale et par ses amis à la cour, tentait d’imposer ses idées dans la capitale par des menaces, par la corruption, des excommunications et des persécutions envers quiconque osait lui résister. La situation devint telle que le clergé orthodoxe supplia Théodose de réunir un concile œcuménique pour mettre fin au “scandale universel” de l’évêque de Constantinople. Mais par un tour habile ce fut l’hérétique qui obtint du souverain la convocation du Concile, à Éphèse pour la Pentecôte de l’année suivante (431), afin de juger saint Cyrille sur ses Anathématismes, taxés d’hérésie. Cyrille et Nestorius étant parvenus à Éphèse à la tête de suites imposantes, on attendit la venue de l’archevêque Jean d’Antioche et des évêques orientaux, que Nestorius avait acquis à sa cause, non pas sur le rejet du Théotokos, mais en leur envoyant les Anathématismes de Cyrille, qu’ils ne pouvaient lire, tirés de leur contexte, que comme une restauration de l’hérésie apollinariste. [Apollinaire de Laodicée soutenait que le Christ était Un, car le Verbe s’était, selon lui, uni à une humanité incomplète, en prenant la place de la partie intellective de l’âme (noûs).] Finalement on décida d’ouvrir sans eux la première session, le 22 juin 431. Saint Cyrille la présidait, au titre de remplaçant du Pape de Rome, dont les légats avaient eux aussi tardé. Après avoir fait lire le Symbole de Nicée, la lettre de Cyrille à Nestorius et la réponse de ce dernier, les quelques deux cents Pères présents proclamèrent la légitimité du Théotokos et déposèrent Nestorius, qui avait refusé à trois reprises de se présenter. Au sortir de l’église ils furent accueillis par les ovations d’une foule de fidèles attachés à la vénération de la Mère de Dieu, les femmes brûlant de l’encens sur leur passage. Dès leur arrivée à Éphèse, cinq jours plus tard, Jean d’Antioche et les siens, offensés de ce qu’on ne les avait pas attendus, se réunirent en concile, au nombre de quarante-trois évêques, et accusant Cyrille d’avoir renouvelé l’hérésie d’Apollinaire, ils prononcèrent sa déposition, sans autre forme de procès, ainsi que celle de Mémnon d’Éphèse.

Le Concile Œcuménique se trouva ainsi transformé en une lutte violente et passionnée entre deux partis qui essayaient de s’attirer la protection de l’empereur. Mal informé et éloigné, Théodose, après de vaines tentatives de réconciliation, fit arrêter Cyrille et Mémnon, tout en déclarant Nestorius hérétique, et il ordonna de dissoudre l’assemblée. Le seul résultat du Concile était d’avoir proclamé le bien-fondé du terme Théotokos et d’avoir procédé à la déposition de Nestorius, qui fut renvoyé dans son monastère d’Antioche, puis exilé en Lybie (435), où il mourut lamentablement. On se trouvait néanmoins devant une nouvelle et cruelle division. Au moment où l’Empire, menacé par les barbares, avait besoin de la plus grande cohésion, on ne voyait alors, sous prétexte d’attachement à la vérité, que querelles, anathèmes mutuels et désordres, qui exposaient la sainteté de l’Église à la raillerie de ses ennemis. Pendant les laborieuses tractations qui suivirent, saint Cyrille, qui avait regagné Alexandrie où le peuple l’avait accueilli triomphalement, manifesta non seulement son orthodoxie, mais aussi son humilité et l’abondance de sa vertu. Renonçant à demander justice des mauvais traitements qu’il avait endurés à Éphèse pendant son emprisonnement, il donna aux Orientaux des explications sur les Anathématismes, qui les avaient si fort touchés, précisant qu’ils ne visaient que les dogmes hérétiques de Nestorius, et il se déclara prêt à les corriger, à condition que Jean et son parti consentent à la condamnation de Nestorius. On parvint finalement à un accord, et les Orientaux envoyèrent à Cyrille une confession de foi, que celui-ci accueillit par une lettre aux accents de jubilation. Dans un esprit de paix, mais sans abandonner sa thèse fondamentale, il faisait de justes concessions à la terminologie traditionnelle d’Antioche, et souscrivait à la distinction qui y était faite des deux natures unies, sans confusion ni mélange, dans l’unique personne de Jésus-Christ. [«…le même consubstantiel au Père selon la divinité et le même consubstantiel à nous selon l’humanité. Car de deux natures l’union s’est accomplie, c’est pourquoi nous confessons un Christ, un Fils, un Seigneur. En raison de cette union sans confusion, nous confessons que la sainte Vierge est Mère de Dieu (Théotokos), parce que le Dieu Verbe a pris chair et s’est fait homme, et, dès l’instant de sa conception, s’est uni le temple pris d’elle » cité dans la lettre 39 (PG 77, 177).]

Cet Acte d’Union (avril 433), quoiqu’il ne soit pas une décision du Concile, est pourtant considéré comme la profession de foi du Troisième Concile Œcuménique et la règle de l’Orthodoxie. Il réfutait à l’avance les propositions hérétiques d’Euthychès et des monophysites, qui se réclameront des écrits de saint Cyrille pour soutenir que la nature humaine du Christ a été comme “absorbée” par la divinité ; et le Concile de Chalcédoine (451) ne fera qu’en reprendre et en préciser les termes essentiels.

Sexagésime

Du livre de saint Ambroise sur Noé et l’Arche, au deuxième nocturne du bréviaire monastique.

On nous dit que le Seigneur fut irrité, car bien que Dieu eût pensé, c’est-à-dire eût su, que l’homme, placé en ce bas monde et chargé du poids de la chair, ne peut être sans péché (car la terre est comme un lieu de tentation et la chair comme un appât de corruption), cependant les hommes ont un esprit doué de raison et une force d’âme infuse à leur corps, et ils avaient dû écarter toute réflexion, pour se précipiter dans une déchéance d’où ils ne voulaient pas revenir. Dieu ne pense point à la manière des hommes, en sorte qu’un sentiment nouveau puisse succéder pour lui à une opinion précédente, il ne s’irrite pas non plus comme s’il était sujet au changement ; mais ces expressions se trouvent dans l’Écriture afin de marquer la malice de nos péchés, qui a mérité la disgrâce divine. C’est comme si l’écrivain sacré nous disait que nos fautes sont montées jusqu’à un tel excès qu’elles ont même paru provoquer Dieu à la colère, tout incapable qu’il soit, par sa nature, d’être ému de colère, de haine ou de quelque autre passion.

De plus, Dieu menace d’exterminer l’homme : « J’exterminerai, dit-il, depuis l’homme jusqu’aux animaux, depuis le reptile jusqu’aux oiseaux du ciel. » En quoi les créatures dépourvues de raison avaient-elles offensé Dieu ? Elles n’avaient point péché, mais comme elles étaient faites pour l’homme, il était logique que leur destruction suivît celle de l’homme à cause de qui elles avaient été créées, du moment que celui-ci n’existerait plus pour s’en servir.

Dans un sens plus élevé, ce passage nous manifeste ceci, que l’homme possède une intelligence capable de raison. L’homme se définit en effet un animal vivant, mortel et raisonnable. Quand ce qu’il y a de meilleur en l’homme vient à s’éteindre en lui, le sens s’éteint aussi ; il n’y a plus rien en lui à sauver, lorsque le fondement du salut, qui est la vertu, fait défaut.

C’est pour condamner les autres hommes et nous manifester la bonté divine, que l’Ecriture nous dit que Noé a trouvé grâce devant Dieu. On voit en même temps que l’homme juste n’est point noirci par les crimes des pécheurs, puisque Noé, loin de périr, est réservé pour être le père de toute une race. Il est loué, non pas à cause de la noblesse de sa naissance, mais à raison du mérite de sa justice et de sa sainteté. Ce qui fait la race de l’homme de bien, c’est la noblesse de ses vertus. Les familles humaines sont ennoblies par la noblesse de leur race, celle des âmes leur vient de leurs vertus. Une famille est illustre par la splendeur de sa race ; c’est l’éclat des vertus qui, de sa grâce, illustre les âmes.

*

La mission de Noé.

L’introït.

Le graduel.

Le trait.

L’offertoire.

La communion.

La protection de saint Paul.

Le spermologos.

Seminat seminare semen.

Le sermon de saint Grégoire le Grand.

Au bord des fleuves de Babylone

La liturgie byzantine chante solennellement le psaume 136 aux matines des deuxième, troisième et quatrième dimanches d’avant-carême. Donc pour la première fois ce soir ou demain matin (dimanche du fils prodigue). Voici la version du monastère des Grottes de Kiev, qui vient de la mettre en ligne. On remarque que la déploration s’accompagne d’alléluias à la fin de chaque verset, ce qui est requis par les rubriques.

Au bord des fleuves de Babylone, nous nous sommes assis et avons pleuré, quand nous nous sommes souvenus de Sion. Sur les saules au milieu nous avons suspendu nos instruments, car là, ceux qui nous avaient capturés nous ont interrogés sur les paroles des chants et ceux qui nous avaient emmenés nous ont demandé de chanter : « Chantez-nous les chants de Sion ». Comment chanterions-nous les chants du Seigneur sur une terre étrangère ? Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite m’oublie ! Que ma langue s’attache à mon palais, si je ne me souviens pas de toi, si je ne place pas Jérusalem au principe de ma joie. Souviens-toi, Seigneur, des fils d’Édom au jour de Jérusalem, qui disaient : « Rasez, rasez jusqu’à ses fondations ». Fille de Babylone, malheureuse ! Heureux celui qui te rendra la pareille, comme tu nous as rendu la pareille ; heureux celui qui saisira et brisera tes enfants contre le roc.

(La peinture est du Français James Tissot. C’est celle qui a été choisie aussi par le site Miloserdie.ru – miséricorde – sur la page qui explique l’emploi de ce psaume.)

Saint Tite

Monastère patriarcal de Peć, Kosovo.

Saint Tite, disciple de saint Paul, destinataire d’une épître, premier évêque de Crète, est inscrit au martyrologe romain le 4 janvier. Sa fête fut instituée par Pie IX en 1854, avec latitude de la célébrer au premier jour libre après cette date, et fixée par saint Pie X, lors de sa réforme du calendrier, au 6 février.

Saint Paul et saint Tite.

La cathédrale Saint-Tite d’Héraklion et le tropaire.

Le site de Gortyne.

On fait mémoire de sainte Dorothée, dont c’était la fête dans le bréviaire de 1570, et encore dans l’Année liturgique de Dom Guéranger (qui met saint Tite entre le 31 janvier et le 1er février, pour être célébré au « premier jour libre après le 13 janvier »).

Mais c’est aussi le vendredi de la Septuagésime, et les leçons des matines poursuivent la lecture de la Genèse. Aujourd’hui c’est la descendance de Caïn, jusqu’à Lamech (« On vengera sept fois la mort de Caïn, et celle de Lamech soixante-dix fois sept fois »), la naissance de Seth, nouveau fils d’Adam, et la mort d’Adam à 930 ans après avoir engendré « des fils et des filles ».

Sainte Agathe

L’apolytikion, par Georges Lemonopoulos, protopsalte de la cathédrale Saint-Démétrios d’Elassona (au pied de l’Olympe), professeur de musique byzantine, directeur de la chorale byzantine Thessaloni Melodi.

Ρόδον εύοσμον, της παρθενίας, νύμφη άφθορος, του Ζωοδότου, αναδέδειξαι Αγάθη πανεύφημε, των αγαθών την πηγήν γαρ ποθήσασα, μαρτυρικώς εν τω κόσμω διέπρεψας. Μάρτυς ένδοξε, λιταίς σου θείαις αγάθυνον, τους πόθω μεγαλύνοντας τους άθλους σου.

Rose parfumée de la virginité, épouse sans tache de celui qui donne la vie, Agathe [Bonne] la bien nommée, tu as désiré la Source de tous les biens et excellé comme martyre dans le monde. Glorieuse martyre, honore [agathinon : fais du bien à] par tes divines prières ceux qui magnifient avec amour ton combat.