De la férie

Les répons des matines de novembre sont appelés « des prophètes » parce que les lectures du mois sont les prophètes à partir d’Ezéchiel. Ces répons sont plus ou moins inspirés des prophètes. Celui-ci est inspiré de Jérémie (qui ne fait pas partie des lectures de novembre, mais du temps de la Passion), 14, 19-21.

℟. Sustinúimus pacem, et non venit : quæsívimus bona, et ecce turbátio : cognóvimus, Dómine, peccáta nostra ; * Non in perpétuum obliviscáris nos.
℣. Peccávimus, ímpie géssimus, iniquitátem fécimus, Dómine, in omnem justítiam tuam.
℟. Non in perpétuum obliviscáris nos.
℣. Glória Patri, et Fílio, * et Spirítui Sancto.
℟. Non in perpétuum obliviscáris nos.

℟. Nous comptions sur la paix, et elle n’est pas venue ; nous avons cherché le bonheur, et voici le trouble. Nous reconnaissons, Seigneur, nos péchés : Ne nous oubliez pas à jamais.
℣. Nous avons péché, nous avons agi en impies, nous avons commis l’iniquité, Seigneur, contre toute votre justice.
℟. Ne nous oubliez pas à jamais.
℣. Gloire au Père, au Fils, et au Saint-Esprit.
℟ . Ne nous oubliez pas à jamais.

Le texte de Jérémie :

Exspectavimus pacem, et non est bonum : et tempus curationis, et ecce turbatio. Cognovimus, Domine, impietates nostras, iniquitates patrum nostrorum, quia peccavimus tibi. Ne des nos in opprobrium, propter nomen tuum, neque facias nobis contumeliam solii gloriæ tuæ : recordare, ne irritum facias fœdus tuum nobiscum.

Nous attendions la paix, et il ne vient rien de bon ; le temps de la guérison, et voici le trouble. Seigneur, nous reconnaissons nos impiétés et l’iniquité de nos pères, car nous avons péché contre vous. Ne nous livrez pas à l’opprobre, à cause de votre nom, et ne couvrez pas de confusion à cause de nous le trône de votre gloire ; n’oubliez pas, ne rompez pas l’alliance que vous avez faite avec nous.

De la férie

Le martyrologe se termine ainsi :

Lemóvicis, in Aquitánia, sancti Leonárdi Confessóris, qui fuit beáti Remígii Epíscopi discípulus. Hic, nóbili génere ortus, solitáriam vitam delégit, et sanctitáte ac miráculis cláruit; ejúsque virtus præcípue in liberándis captívis enítuit.

« A Limoges, en Aquitaine, saint Léonard confesseur, disciple du bienheureux évêque Remi. De noble famille, il embrassa la vie solitaire et brilla par ses miracles et sa sainteté. Sa puissance se manifesta particulièrement dans la délivrance des captifs. »

Selon sa Vita du XIe siècle, Léonard fut converti en même temps que Clovis, auquel il demanda le droit de visiter les prisonniers et de libérer ceux qu’il jugeait dignes de l’être.

Refusant l’épiscopat, il se fit moine à l’abbaye Saint-Mesmin près d’Orléans, puis ermite dans le Limousin, où il eut de nombreux disciples (dont des prisonniers qu’il avait libérés). Le roi lui donna des terres à Noblat, où il fonda un monastère.

L’abbaye de Noblat et le village construit à côté, qui prit le nom de Saint-Léonard-de-Noblat, devinrent une étape du pèlerinage de Compostelle, et le culte de saint Léonard se répandit en Europe.

Saint Léonard libérant des prisonniers, Vita du XIIIe siècle, Bibliothèque nationale de France.

Tombeau de saint Léonard.

De la férie

Le martyrologe commence ainsi :

Sancti Zacharíæ, Sacerdótis et Prophétæ, qui pater éxstitit beáti Joánnis Baptístæ, Præcursóris Dómini.
Item sanctæ Elísabeth, ejúsdem sanctíssimi Præcursóris matris.

Saint Zacharie, prêtre et prophète, père du bienheureux Jean Baptiste, Précurseur du Seigneur.
De même, sainte Elisabeth, mère du même saint Précurseur.

Le synaxaire byzantin célèbre les parents de saint Jean Baptiste le 5 septembre. Voici ce qu’en dit la tradition orientale.

Le saint prophète Zacharie, prêtre de la classe d’Abia, avait pour épouse Élisabeth, qui était une parente de la très sainte Vierge Marie et descendait de la lignée d’Aaron. Tous deux étaient justes devant Dieu, mais n’avaient pas d’enfants et étaient déjà avancés en âge. Alors qu’il accomplissait son service habituel dans le temple, Zacharie entra dans le sanctuaire où l’archange Gabriel lui apparut et lui annonça la naissance de son fils Jean, qui serait grand devant le Seigneur non par son corps, mais par son esprit, et qui serait le précurseur du Messie afin de lui préparer le chemin.

Ce qui avait été annoncé par l’ange s’accomplit, et Élisabeth, qui était jusqu’alors stérile, donna naissance à Jean. Le temps vint où Jésus-Christ naquit à Bethléem, et les mages venus d’Orient annoncèrent à Hérode la naissance du nouveau-né roi. Alors Hérode, envoyant des soldats à Bethléem pour tuer tous les enfants mâles âgés de trois ans, ordonna de mettre à mort le fils de Zacharie, dont il avait beaucoup entendu parler. Mais les envoyés ne trouvèrent pas saint Jean. Car, lorsque commença le massacre impie des enfants à Bethléem, sainte Élisabeth, prenant son fils, le jeune Jean, qui avait déjà un an et demi, s’enfuit avec lui dans les montagnes. Les montagnes s’ouvrirent et les cachèrent des meurtriers. Ne trouvant pas ceux qu’ils cherchaient, les messagers revinrent bredouilles auprès du roi. Alors Hérode envoya un ordre à Zacharie dans le temple, lui demandant de lui remettre son fils Jean. « Je sers aujourd’hui le Seigneur Dieu, répondit saint Zacharie, je ne sais pas où se trouve mon fils. »

Furieux, Hérode envoya une seconde fois des soldats et ordonna de tuer Zacharie lui-même s’il ne livrait pas son fils.

Zacharie périt aux mains des assassins, mais Élisabeth, protégée par Dieu, resta avec son fils dans la montagne qui s’était ouverte. Par la volonté de Dieu, une grotte fut aménagée pour eux, une source d’eau jaillit, et au-dessus de la grotte poussa un palmier dattier qui donna des fruits en abondance.

Quarante jours après le meurtre de Zacharie, sainte Élisabeth mourut, et saint Jean fut nourri par un ange jusqu’à l’âge adulte. Il fut gardé dans le désert jusqu’au jour où il se révéla aux Israélites.

Commémoraison de tous les fidèles défunts

Le magnifique deuxième répons des matines, du quatrième mode, magnifiquement chanté par les moines de Fongombault, qui ont enlevé les deux bémols du Liber usualis, et ont bien fait.

℟. Qui Lázarum resuscitásti a monuménto fœtidum, * Tu eis, Dómine, dona réquiem, et locum indulgéntiæ.
℣. Qui ventúrus es iudicáre vivos et mórtuos, et sǽculum per ignem.
℟. Tu eis, Dómine, dona réquiem, et locum indulgéntiæ.

℟. Vous qui avez délivré du tombeau Lazare déjà fétide, * Vous, Seigneur, donnez-leur le repos et le lieu du pardon.
℣. Vous qui devez venir juger les vivants et les morts, et ce siècle par le feu.
℟. Vous, Seigneur, donnez-leur le repos et le lieu du pardon.