La messe à Cleveland : c’est encore pire

Dans un courriel aux fidèles de la messe traditionnelle, le curé d’Akron dit que l’évêque avait demandé un sursis de cinq ans, mais que Rome n’a accordé que deux ans. Et le Saint-Siège a ajouté :

« Nous vous demandons de continuer résolument à guider les fidèles attachés à l’ancienne forme rituelle vers une pleine appréciation et acceptation des livres liturgiques rénovés par décrets du Second Concile du Vatican et promulgués par les Papes saint Paul VI et saint Jean-Paul II. En outre ils (?) recommandent que l’une des Messes habituellement célébrées selon le Missale Romanum de 1962 soit célébrée en latin en utilisant le Missel actuel. »

De la Sainte Vierge le samedi

Quid dicébas, o Adam ? Múlier quam dedísti mihi, dedit mihi de ligno, et comédi. Verba malítiæ sunt hæc, quibus magis áugeas quam déleas culpam. Verúmtamen Sapiéntia vicit malítiam. Rédditur nempe fémina pro fémina, prudens pro fátua, húmilis pro supérba ; quæ pro ligno mortis gustum tibi pórrigat vitæ, et pro venenóso cibo illo amaritúdinis, dulcédinem páriat fructus ætérni. Muta ergo iníquæ excusatiónis verbum in vocem gratiárum actiónis, et dic : Dómine, múlier quam dedísti mihi, dedit mihi de ligno vitæ, et comédi ; et dulce factum est super mel ori meo, quia in ipso vivificásti me. Ecce enim ad hoc missus est Angelus ad Vírginem. O admirándam et omni honóre digníssimam Vírginem ! O féminam singuláriter venerándam, super omnes féminas admirábilem, paréntum reparatrícem, posterórum vivificatrícem !

Adam ! Que disais-tu ? « C’est la femme que tu as mise auprès de moi qui m’a donné de l’arbre, et j’ai mangé ! » Ce sont des paroles perfides. Par elles tu augmentes la faute plus que tu ne l’effaces. Cependant la Sagesse a vaincu la perfidie. Il fut donné femme pour femme ; la prudente pour l’insensée ; l’humble pour l’orgueilleuse. Au lieu du bois de la mort, qu’elle t’offre le goût de la vie, et au lieu de cet aliment empoisonné d’amertume, qu’elle engendre la douceur du fruit éternel. Transforme donc la parole de malhonnête excuse en chant d’action de grâces, et dis : Seigneur, la femme que tu as mise auprès de moi m’a donné de l’arbre de vie, et j’ai mangé, et c’est devenu doux à mon palais plus que le miel, car par lui tu m’as rendu la vie. Voilà pourquoi l’ange fut envoyé à la Vierge ! O Vierge admirable, la plus digne de tout honneur ! O femme singulièrement vénérable, merveilleuse au-delà de toutes les femmes ; pour les parents, réparatrice ; pour les enfants, vivificatrice !

Saint Bernard, De laudibus Virginis Mariae, 2e sermon.

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Aujourd’hui dans le calendrier orthodoxe russe, et biélorusse, et ukrainien, c’est la fête de l’icône miraculeuse de la Mère de Dieu de Roudnya (diocèse de Moguilev, aujourd’hui en Biélorussie). C’est un exemple parmi des centaines d’autres de la réalité du « monde russe » qui comprend la Russie, la Biélorussie et l’Ukraine. Cette icône a été « révélée » en 1687 à Roudnya. Deux ans plus tard, le prêtre local la transférait au monastère féminin des Grottes de Kiev, puis elle fut installée au monastère Florovski après sa fusion avec celui des Grottes de Kiev en 1712. Ornée de diamants, elle disparut après la révolution bolchevique…

Parmi les nombreuses copies de l’icône, certaines sont plus connues, notamment celle de Loubny (région de Poltava, Ukraine), celle d’Olichovka (région de Tchernigov, Ukraine), et celles de villages des régions de Grodno et Vitebsk (Biélorussie).

La copie la plus célèbre est celle qui se trouve dans l’église de la Nativité de la Mère de Dieu à Krylatskoïe, un quartier de Moscou. Selon la tradition populaire, vers le milieu du XIXe siècle, l’icône fut trouvée par les paysans de ce qui était alors un village, dans le ravin près d’une source. Une chapelle fut érigée à cet endroit, et une copie de l’image placée dans l’église locale de la Nativité de la Sainte Vierge. Avant la révolution bolchevique, les habitants de Krylatskoïe faisaient en procession le tour de nombreuses églises de Moscou avec l’icône le jour de sa fête. En 1936, l’icône de la chapelle fut détruite, mais les fidèles conservèrent celle de l’église. Elle a été restaurée et a retrouvé sa place en 1989. C’est celle-ci :

On voit mieux les particularités sur celle-ci, réalisée en Malorossia (Petite Russie, Ukraine) en 1798 :

De la férie

La première notice du martyrologe évoque sainte Marie Salomé, la mère des apôtres saint Jean et saint Jacques, et l’une des myrophores. Je l’ai évoquée l’an dernier.

L’avant-dernière notice dit :

In Túscia sancti Donáti Scoti, Epíscopi Fæsuláni.

En Toscane, saint Donat, « Ecossais », évêque de Fiésole.

En réalité, à l’époque, Scot veut dire irlandais. Donat est un nom latin (donatus, donné), mais son vrai nom est Donagh. Jeune lettré élevé au monastère d’Inis Cealtra, ordonné prêtre, vers 816 il se rendit en pèlerinage à Rome. S’en retournant il passa par Fiesole, où le peuple voulut aussitôt qu’il devienne l’évêque de la ville. Il le fut pendant 47 ans et eut une grande influence en Toscane. Il répandit la dévotion à sainte Brigitte de Kildare en écrivant sa vie, en vers : Vita metrica sancta Brigida. Le texte est parsemé de petits poèmes dont le plus connu est celui où il décrit la beauté de l’Irlande et la piété des Irlandais. Plus tard on inventera une sainte Brigitte de Fiésole, venue avec Donat et un certain André, qui éclipsera dans la région sainte Brigitte de Kildare…

Les ruines d’Inis Cealtra et son église Sainte-Brigitte.