Saint Michel

Le doxastikon des vêpres, au monastère de Docheiarou, du mont Athos, en 2011. Le monastère est dédié aux saints archanges Michel et Gabriel, dont la fête, le 8 novembre, est donc la fête patronale. D’où l’ampleur de la mélodie, qui est de Jacques le Protopsalte, premier chantre de Constantinople vers la fin du XVIIIe siècle.

Δόξα Πατρὶ καὶ Υἱῷ καὶ Ἁγίῳ Πνεύματι.
Συγχάρητε ἡμῖν, ἅπασαι αἱ τῶν Ἀγγέλων ταξιαρχίαι· ὁ πρωτοστάτης γὰρ ὑμῶν, καὶ ἡμέτερος προστάτης, ὁ μέγας Ἀρχιστράτηγος, τὴν σήμερον ἡμέραν, ἐν τῷ σεπτῷ αὐτοῦ τεμένει, παραδόξως ἐποπτανόμενος ἁγιάζει· Ὅθεν κατὰ χρέος, ἀνυμνοῦντες αὐτὸν βοήσωμεν· Σκέπασον ἡμᾶς ἐν τῇ σκέπῃ τῶν πτερύγων σου, μέγιστε Μιχαήλ Ἀρχάγγελε.

Gloire au Père au Fils et au Saint-Esprit.
Réjouissez-vous avec nous, toutes les divisions angéliques : car celui qui est votre chef, et notre protecteur, le grand archistratège, sanctifie la présente journée en se montrant de merveilleuse façon dans son temple sacré ; c’est pourquoi, le célébrant comme il se doit, nous lui crions : Protège-nous à l’ombre de tes ailes, archange Michel.

16e dimanche après la Pentecôte

Jésus guérit un hydropique un jour de sabbat, Monreale.

Voici d’abord la guérison d’un hydropique, en qui le poids de la chair accablait l’âme et éteignait l’ardeur de l’esprit. Puis vient une leçon d’humilité, quand le Seigneur condamne ceux qui, dans le banquet nuptial, choisissent les premières places : il le fait néanmoins avec douceur, voulant qu’une bonté persuasive tempère la sévérité de la réprimande, que la raison serve à la persuasion, et que la correction réprime la convoitise. Cette leçon d’humilité est accompagnée d’une leçon de miséricorde, et les paroles du Seigneur nous prouvent que la miséricorde doit se pratiquer envers les pauvres et les faibles ; car être hospitalier pour ceux qui en récompenseront, c’est plutôt de l’avarice que de la charité.

Enfin, à l’un des convives, comme à un vétéran qui a fourni ses années de service, Jésus-Christ donne pour récompense le précepte du mépris des richesses ; puisque le royaume des cieux ne peut être acquis, ni par celui qui, tout aux choses d’ici-bas, s’est acheté des possessions terrestres, le Seigneur ayant dit : « Vends ce que tu as et suis-moi », ni par celui qui s’est acheté des bœufs (Élisée ayant égorgé et distribué ceux qu’il avait), ni enfin par ceux qui, ayant pris femme, pensent aux choses de ce monde, et non à celles de Dieu. Certes, l’état conjugal n’est point blâmé ; seulement la virginité est appelée à un plus grand honneur. « Car la femme non mariée et la veuve pensent aux choses qui sont du Seigneur, afin d’être saintes de corps et d’esprit. »

Mais, pour rentrer maintenant en grâce avec les gens mariés, comme plus haut nous nous sommes concilié les personnes veuves, disons que nous ne nous refusons point à l’opinion de plusieurs interprètes, estimant que les trois genres d’hommes exclus de la participation au grand festin sont : les païens, les Juifs et les hérétiques. L’Apôtre nous dit de fuir l’avarice, de crainte qu’embarrassés, comme les Gentils, dans l’iniquité, la malice, l’impudicité et l’avarice, nous ne puissions arriver au royaume du Christ. « Car aucun impudique, ou avare, ce qui est une idolâtrie, n’a d’héritage dans le royaume du Christ et de Dieu. »

Saint Ambroise, commentaire sur saint Luc, leçon des matines (bréviaire monastique)

L’âne et le bœuf.
La dernière place, selon saint Bède et selon la règle de saint Basile.
Les trois collectes (Schuster).
L’introit.
L’offertoire.
Le graduel.
L’alléluia.
La communion.

Samedi des Quatre Temps de septembre

Notre Seigneur et Rédempteur, dans son Évangile, s’adresse à nous tantôt par des paroles, tantôt par des faits ; quelquefois il parle d’une façon en paroles, d’une autre, en actions ; parfois il exprime la même chose en paroles qu’en actions. Vous avez en effet, mes frères, entendu parler de deux choses dans la lecture de l’Évangile : d’un figuier stérile, et d’une femme courbée : au sujet de l’un et de l’autre, notre piété doit s’exercer. Le Sauveur cite le figuier en forme de comparaison, il guérit la femme par un miracle visible aux yeux. Mais le figuier stérile signifie la même chose que la femme courbée, et le figuier qui obtient un délai la même chose que la femme redressée.

Que signifie le figuier, sinon la nature humaine ? Que signifie, que montre la femme courbée, si ce n’est la même nature ? Cette nature a été, et bien plantée comme le figuier, et bien créée comme la femme : mais tombée de son plein gré dans la faute, elle ne conserve pas le fruit des soins de son maître ni l’état de rectitude. Se jetant en effet vers le péché de sa volonté, elle a perdu la droiture parce qu’elle n’a pas voulu porter les fruits de l’obéissance. Elle, créée à l’image de Dieu, en ne persistant pas dans sa dignité, a dédaigné de conserver l’état dans lequel elle avait été plantée ou créée.

C’est pour la troisième fois que le maître de la vigne vient au figuier, parce qu’il a recherché le genre humain avant la loi, sous la loi, sous le règne de la grâce : en l’attendant, en l’avertissant, en le visitant. Il est venu avant la loi, parce que chacun, par son intelligence naturelle, a appris comment il devait agir à l’égard de son prochain. Il est venu sous la loi, parce qu’il a enseigné par des préceptes. Il est venu après la loi, par la grâce, parce qu’il a montré, en la faisant paraître, la présence de sa bonté. Et cependant il se plaint de n’avoir pas, en trois ans, trouvé de fruit, parce que la loi naturelle, qui nous est innée, ne corrige pas les esprits de certains hommes pervers, que les préceptes ne les instruisent pas, que les miracles de son incarnation ne les convertissent pas. Qu’est-ce qui est signifié par celui qui cultive la vigne, sinon l’ordre des supérieurs ? Eux qui, en dirigeant l’Église, s’occupent assurément de la vigne du Seigneur.

Saint Grégoire le Grand, sermon 31 sur les évangiles, leçon des matines.

Evangéliaire copte avec gloses arabes, 1250, bibliothèque de Fels (Institut catholique de Paris).

Vendredi des Quatre Temps de septembre

Elle vint avec un vase d’albâtre, répandit le parfum, se tint en arrière aux pieds du Seigneur, inonda ses pieds de ses larmes, les essuya avec ses cheveux, et elle ne cessa de baiser ces mêmes pieds qu’elle inondait et essuyait. C’est donc nous que cette femme représente, si, après nos péchés, nous retournons au Seigneur de tout cœur, si nous imitons les pleurs de sa pénitence. Que veut en effet dire ce parfum, si ce n’est la bonne odeur de notre réputation ? C’est pourquoi saint Paul dit : « Nous sommes en tout lieu pour Dieu la bonne odeur du Christ. » Si donc nous faisons des œuvres bonnes, qui répandent dans l’Église l’odeur d’une bonne réputation, que faisons-nous en ce qui concerne le corps du Seigneur, sinon de l’inonder de parfum ?

Mais la femme se tint aux pieds de Jésus : nous nous mettons devant les pieds du Seigneur quand nous nous opposons à ses voies par nos péchés ; mais si nous nous convertissons après nos fautes et embrassons une pénitence sincère, alors nous nous tenons en arrière, à ses pieds, car nous voulons suivre ses pas au lieu de les arrêter. La femme arrose ses pieds de ses larmes : ce que nous faisons aussi vraiment si, par un sentiment de compassion, nous nous inclinons vers le moindre des membres du Seigneur, si nous prenons part à la souffrance de ses saints dans la tribulation ; si, leur tristesse, nous la considérons comme notre tristesse.

Nous essuyons donc de nos cheveux les pieds du Seigneur, lorsque nous montrons notre pitié pour ses saints, auxquels nous compatissons par charité, même au moyen de notre superflu : de telle façon que notre esprit souffre dans sa compassion, au point qu’une main généreuse montre le sentiment vif de la douleur. Celui-là en effet mouille de ses larmes les pieds du Rédempteur, mais ne les essuie pas de ses cheveux, qui compatit, il est vrai, à la douleur de son prochain, mais ne lui vient pas en aide de son superflu. Il pleure, mais il n’essuie pas, celui qui lui présente les paroles de la douleur, mais qui, ne lui présentant pas ce qui lui manque, n’enlève pas du tout la force de la douleur.

La femme baise les pieds qu’elle essuie ; ce que nous aussi nous faisons véritablement, si nous aimons ardemment ceux que nous soutenons de notre libéralité, de façon que le besoin du prochain ne nous soit pas à charge ; que son indigence, que nous soulageons, ne nous soit pas un fardeau et que, alors que la main présente le nécessaire, notre esprit ne soit pas engourdi loin de l’affection.

Saint Grégoire le Grand, homélie 33 sur les évangiles, leçon des matines.

« C est lystoire. Coment sainte Marie Magdalene lava deses lermes les pies a notre seigneur Ihesu Crist, & les essua de ses cheveus. Ensi que saint Luc le dist enson evangile, u septime capitle. » Bible moralisée de Naples, commandée par Robert d’Anjou, roi de Naples et comte de Provence de 1309 à 1343. (En fait saint Luc ne parle pas de Marie-Madeleine, mais c’est l’opinion de la tradition occidentale depuis saint Augustin et surtout saint Grégoire le Grand, notamment dans cette homélie. Mais curieusement, alors qu’il y a insisté dans la première partie, ensuite il dit seulement « la femme », comme l’évangile.)

De la férie

Le martyrologe de ce jour commence par saint Cléophas, celui des deux « pèlerins. D’Emmaüs » dont l’évangile donne le nom.

Ver la fin on trouve une suite de quatre évêques français :

A Lyon, en France, la mise au tombeau de saint Loup, qui d’anachorète devint évêque.

A Auxerre, saint Aunachaire, évêque et confesseur.

A Blois, en Gaule, saint Solenne, évêque de Chartres, célèbre par ses miracles.

Le même jour, saint Principe, évêque de Soissons, frère du bienheureux évêque Remi.

Avant saint Loup de Lyon il y avait eu saint Loup évêque de Troyes, mort en 478, et peu avant lui un saint Loup évêque de Soissons, qui avait participé au concile d’Orléans de 511 quand saint Loup de Lyon préside celui de 538. Saint Loup de Soissons était le successeur de saint Principe, qui était son père en même temps que le frère de saint Remi. Il y aura au siècle suivant un saint Loup de Sens et un saint Loup de Limoges.

Saint Loup de Lyon était ermite près de l’abbaye de l’Ile-Barbe dont il devint abbé. Les moines fuient l’île lors de la guerre entre Francs et Burgondes, et Loup devient évêque de Lyon, d’abord sous tutelle burgonde, puis sous tutelle franque. Il se serait ensuite retiré dans son abbaye, dont une chapelle lui sera dédiée.