Mesquinerie vaticane

Au Texas, dans le diocèse de San Angelo, le P. Ryan Rojo exprime publiquement toute sa gratitude au pape et au dicastère pour le culte divin de prolonger de deux ans la permission de célébrer la messe traditionnelle dans l’église de la paroisse Sainte-Marguerite de San Angelo, par dérogation exceptionnelle au motu proprio Traditionis custodes. C’est la seule messe traditionnelle du diocèse.

L’évêque le confirme, et précise :

« Comme auparavant, l’octroi de cette dispense repose sur un effort continu visant à promouvoir la pleine appréciation et l’acceptation des livres liturgiques renouvelés par le décret du Concile Vatican II et promulgués par les papes Saint Paul VI et Saint Jean-Paul II. »

En bref, vous continuez à pouvoir bénéficier de la messe traditionnelle (seulement d’une messe le dimanche et d’une messe le jeudi, à l’exclusion de toute autre célébration liturgique et tout autre sacrement) pendant deux ans, à condition de faire la promotion pleine et entière de la néo-liturgie dont vous ne voulez pas…

On peut supposer qu’à force d’en faire la promotion, les fidèles auront compris dans deux ans qu’ils veulent désormais cette messe-là.

La décision du dicastère laisse entendre que Traditionis custodes sera toujours en vigueur dans deux ans. Mais qu’il se passera peut-être quelque chose dans deux ans, parce qu’on ne voit pas pourquoi la prolongation arbitraire de deux ans ne serait pas d’un an ou de trois ans.

Alors la messe traditionnelle sera complètement interdite ? Ou bien Traditionis custodes sera abrogé ?

Wait and see, comme on dit chez le pape.

On aura une pensée pour les fidèles du diocèse de Detroit, ou la dérogation n’a pas été prolongée, et où la messe traditionnelle disparaît, à partir de ce 1er juillet, de la dizaine de paroisses où elle était célébrée.

Le précieux Sang

Introït

Redemísti nos,Dómine, in sánguine tuo, ex omni tribu et lingua et pópulo et natióne : et fecísti nos Deo nostro regnum.
Misericórdias Dómini in ætérnum cantábo : in generatiónem et generatiónem annuntiábo veritátem tuam in ore meo.

Vous nous avez rachetés, Seigneur, par votre Sang, de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation : et vous nous avez fait royaume pour notre Dieu.
Les miséricordes du Seigneur éternellement je les chanterai : de génération en génération j’annoncerai votre vérité par ma bouche.

C’est, comme l’indique l’Apocalypse, le chant des saints au ciel, le chant qui continue de résonner pour toute l’éternité. Et seule l’éternité suffira pour rendre grâce pour notre rédemption par le sang du Christ, pour notre gracieuse vocation à être membres du royaume du Christ. Ce chant a célébré l’avènement de chaque âme humaine au milieu des saints, et a été repris par tous ceux qui, de toutes tribus, langues, peuples et nations, ont atteint la Jérusalem céleste. Aussi inefficaces et faibles que puissent être nos chants et notre gratitude sur terre, il est réconfortant de savoir que ce même chant est rendu avec la plus grande perfection par les saints dans le ciel. Notre but doit être de tendre vers l’idéal de ce chœur de chanteurs célestes, de devenir des sujets aussi fidèles et persévérants du roi céleste qu’ils le sont.

Dom Johner

Commémoraison de saint Paul

Fin de la longue notice de l’Année liturgique.

Louange donc à vous, ô Apôtre, et maintenant et toujours ! L’éternité ne saurait épuiser notre reconnaissance à nous, nations. Achevez votre œuvre en chacun de nous pour ces siècles sans fin ; ne permettez pas que, par la défection d’aucun de ceux qu’appelait le Seigneur à compléter son corps mystique, l’Épouse soit privée d’un seul des accroissements sur lesquels elle pouvait compter. Soutenez contre le découragement les prédicateurs de la parole sainte, tous ceux qui, par la plume ou à un titre quelconque, poursuivent votre œuvre de lumière ; multipliez les vaillants apôtres qui reculent sans fin les limites de la région des ténèbres sur notre globe. Vous promîtes autrefois de rester avec nous, de veiller toujours au progrès de la foi dans nos âmes, d’y faire germer sans fin les très pures délices de l’union divine. Tenez votre promesse ; en allant à Jésus, vous n’en laissez pas moins votre parole engagée à tous ceux qui, comme nous, ne purent ici-bas vous connaître. Car c’est à eux que, par l’une de vos Épîtres immortelles, vous laissiez l’assurance de pourvoira « consoler leurs cœurs, les ordonnant dans l’amour, versant en eux dans sa plénitude et ses richesses immenses la connaissance du mystère de Dieu le Père et du Christ Jésus, en qui sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science ».

Dans cette saison du Cycle où règne l’Esprit qui fait les saints, faites comprendre aux chrétiens de bonne volonté que leur seul baptême suffit à les investir de cette vocation sublime, où trop souvent ils ne voient que la part du petit nombre. Puissent-ils pénétrer la grande, et pourtant si simple notion, que vous leur donnez du mystère où réside le principe le plus universel, le plus absolu de toute vie chrétienne : ensevelis avec Jésus sous les eaux, incorporés à lui par le seul fait, comment n’auraient-ils pas tout droit, tout devoir, d’être saints, de prétendre s’unir à Jésus dans sa vie comme ils l’ont fait dans sa mort ? « Vous Êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu », disiez-vous à nos pères. Ce que vous proclamiez pour tous alors sans distinction, répétez-le à tous, ô grand Apôtre ! Docteur des nations, ne laissez pas dévier en elles la lumière, au grand détriment du Seigneur et de l’Épouse.

Saints Pierre et Paul

Le graduel et l’offertoire ont le même texte : la deuxième partie du verset 17 et le début du verset 18 du psaume 44. L’offertoire va jusqu’au bout de la première partie du verset 18. Voici la fin complète du psaume 44 (qui est le chant des noces de l’Eglise, écho du Cantique des cantiques) :

Pro patribus tuis nati sunt tibi filii ; constitues eos principes super omnem terram.
Memores erunt nominis tui in omni generatione et generationem : propterea populi confitebuntur tibi in æternum, et in sæculum sæculi.

A la place de vos pères, des fils te sont nés ; tu les établiras princes sur toute la terre.
Ils se souviendront de ton nom de génération en génération. C’est pourquoi les peuples te loueront éternellement, et dans les siècles des siècles.

La mélodie du graduel a été reprise (et allongée) pour le graduel de la messe de la Sainte Trinité.

Solesmes 1963, dom Gajard.

Vigile des saints Pierre et Paul

Cette messe semble plus ancienne que celle de la fête. Le thème principal est la prédiction du Seigneur annonçant à Pierre qu’il mourrait sur la croix. Ce thème retentit déjà dans l’Introït. Le psaume directeur est le psaume 18 qui, depuis l’antiquité, est appelé « Apóstolus », et fait allusion à la prédication apostolique.

La leçon nous raconte la guérison du paralytique par saint Pierre (c’est la leçon du premier nocturne de la fête). L’Apôtre est le chef de l’Église, et l’Église nous dit aujourd’hui et chaque jour : « Au nom de Jésus-Christ, lève-toi et marche ».

L’Évangile nous transporte sur les bords du lac de Génésareth. Là, le Seigneur ressuscité et glorifié prend avec ses disciples un mystérieux repas ; il fait de Pierre le pasteur de son Église et il lui annonce en même temps son martyre : « Par ces paroles, il indiquait par quelle mort il glorifierait Dieu ». Nous aussi nous devons être aujourd’hui Pierre.

A la Communion, le Seigneur demande à chacun de nous : « M’aimes-tu plus que ceux-ci ? » Répondons : « Tu sais tout, tu sais aussi que je t’aime ».

Dom Pius Parsch