L’antienne du Magnificat, aux vêpres, reprend deux phrases de l’évangile, qui sont mises bout à bout et s’accordent fort bien sans changer le sens. Mais la deuxième a été amputée de « quia ego a Deo exívi ». Ce n’est pas seulement « parce que vous avez cru que je suis sorti de Dieu » que le Père vous aime, mais parce que vous croyez, dans l’absolu de la foi. Comme Marie chantant le Magnificat.
Pétite, et accipiétis, * ut gáudium vestrum sit plenum: ipse enim Pater amat vos, quia vos me amástis, et credidístis, allelúia.
Demandez et vous recevrez, afin que votre joie soit complète, car le Père Lui-même vous aime, parce que vous, vous m’aimez et vous avez cru, alléluia.
Par le Saint Jude’s Chant Club, à Linwood, un village de l’Ontario.
Miráre utrúmlibet, et élige quid ámplius miréris, sive Fílii benigníssimam dignatiónem, sive Matris excellentíssimam dignitátem. Utrímque stupor, utrímque miráculum. Et quod Deus féminæ obtémperet, humílitas absque exémplo : et quod Deo fémina principétur, sublímitas sine sócio. In láudibus vírginum singuláriter cánitur, quod sequuntur Agnum quocumque íerit. Quibus ergo láudibus júdicas dignam, quæ étiam præit ? Disce, homo, obedíre ; disce, terra, subdi ; disce, pulvis, obtemperáre. De Auctóre tuo loquens Evangelísta : Et erat, inquit, súbditus illis. Erubésce, supérbe cinis ! Deus se humíliat, et tu te exáltas ? Deus se homínibus subdit, et tu dominári géstiens homínibus, tuo te præpónis Auctóri ?
Étonne-toi de ce que tu veux, et choisis ce qui va t’étonner le plus : ou bien la condescendance si bienveillante du Fils, ou bien la transcendance si excellente de la mère. Double stupeur, double merveille : d’une part, humilité sans précédent, Dieu obéit à une femme ; et d’autre part, sublimité sans égale, une femme commande à Dieu. A la louange de ceux qui sont vierges, on chante à titre unique : « Ceux-là escortent l’Agneau partout où il va. » De quelles louanges juges-tu digne celle qui même le précède ? Homme, apprends à obéir ; terre, apprends à te soumettre ; poussière, apprends à obtempérer. L’évangéliste, parlant de ton Auteur, dit : « Et il leur était soumis. » Rougis, cendre orgueilleuse ! Dieu s’abaisse, et toi, tu t’élèves ? Dieu se soumet aux hommes, et toi, t’efforçant de dominer les hommes, tu te préfères à ton Auteur ?
Saint Bernard, De laudibus Virginis Matris, sermon 1, leçon des matines.
Avant 1960, à la fin des laudes et des vêpres des féries du temps pascal la « commémoration de la Croix » remplace le « suffrage de tous les saints ». L’antienne est différente aux laudes et aux vêpres.
Aux laudes
Ant. Crucifíxus surréxit a mórtuis, et redémit nos, allelúja, allelúja. Le Crucifié est ressuscité des morts, et il nous a rachetés, alléluia, alléluia.
Aux vêpres
Ant. Crucem sanctam súbiit, qui inférnum confrégit; accínctus est poténtia, surréxit die tértia, allelúja. Il a été attaché à une croix qu’Il a sanctifiée, Celui qui a brisé l’enfer ; Il s’est revêtu de puissance, Il est ressuscité le troisième jour, alléluia.
Puis on dit le verset et l’oraison.
℣. Dícite in natiónibus, allelúja. ℟. Quia Dóminus regnávit a ligno, allelúja.
℣. Dites parmi les nations, alléluia. ℟. Que le Seigneur règne par le bois, alléluia.
Orémus. Deus qui pro nobis Fílium tuum Crucis patíbulum subíre voluísti, ut inimíci a nobis expélleres potestátem: concéde nobis fámulis tuis; ut resurrectiónis grátiam consequámur. Per eúmdem Dóminum nostrum Jesum Christum Fílium tuum, qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti, Deus, per ómnia sǽcula sæculórum. ℟. Amen.
Ô Dieu, qui avez voulu que Votre Fils subisse, pour nous, le tourment de la Croix afin de nous soustraire au pouvoir de l’ennemi : accordez à Vos serviteurs que nous sommes, d’obtenir la grâce de la résurrection. Par le même Jésus Christ, Votre Fils, notre Seigneur, Lui qui vit et règne avec Vous et le Saint-Esprit, Dieu, maintenant et pour les siècles des siècles. ℟. Ainsi soit-il.
L’antienne du Benedictus rappelle un des événements de Pâques, l’antienne du Magnificat annonce la venue du Saint-Esprit à la Pentecôte.
Obtulérunt discípuli * Dómino partem piscis assi, et favum mellis, allelúia, allelúia.
Les disciples présentèrent au Seigneur un morceau de poisson rôti et un rayon de miel, alléluia, alléluia.
Non enim loquétur * a semetípso: sed quæcúmque áudiet, loquétur: et quæ ventúra sunt, annuntiábit vobis, allelúia.
En effet il ne parlera pas de Lui-même, mais tout ce qu’Il aura entendu, Il le dira et Il vous annoncera les choses à venir, alléluia.
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Dans le martyrologe de ce jour, en quatrième position :
In Córsica sanctæ Júliæ Vírginis, quæ crucis supplício coronáta est.
En Corse, sainte Julie vierge, qui, par le supplice de la croix, obtint la couronne de gloire.
Selon la tradition locale on lui coupa les seins qui furent jetés dans les rochers, il en jaillit une double source qui ne tarit jamais, la Fontaine des Mamelles, où viennent boire notamment les mères qui allaitent.