Saint Grégoire de Nazianze

L’apolytikion, le kondakion et le mégalynaire, par le hiéropsalte Apostolos Koutsimanis. On aperçoit la main droite de saint Grégoire le Théologien (comme l’appellent les byzantins) à 1’10, et son tombeau à 1’35, puis à 2’17, en la cathédrale patriarcale Saint-Georges du Phanar à Istanbul.

Ὁ ποιμενικὸς αὐλὸς τῆς θεολογίας σου, τὰς τῶν ῥητόρων ἐνίκησε σάλπιγγας· ὡς γὰρ τὰ βάθη τοῦ Πνεύματος ἐκζητήσαντι, καὶ τὰ κάλλη τοῦ φθέγματος προσετέθη σοι· Ἀλλὰ πρέσβευε Χριστῷ τῷ Θεῷ, Πάτερ Γρηγόριε, σωθῆναι τὰς ψυχὰς ἡμῶν.

Ta flûte pastorale de Théologien * l’emporta sur les trompettes des rhéteurs ; * toi qui scrutais les profondeurs de l’Esprit, * tu as atteint la sublimité du langage par surcroît. * Intercède, Père Grégoire, auprès du Christ notre Dieu * pour le salut de nos âmes.

Θεολόγῳ γλώττῃ σου, τὰς συμπλοκὰς τῶν ῥητόρων, διαλύσας ἔνδοξε, ὀρθοδοξίας χιτῶνα, ἄνωθεν ἐξυφανθέντα τὴν Ἐκκλησίαν, ἐστόλισας· ὃν καὶ φοροῦσα, σὺν ἡμῖν κράζει, τοῖς σοῖς τέκνοις· Χαίροις Πάτερ, θεολογίας ὁ νοῦς ὁ ἀκρότατος.

De ta langue de Théologien * ayant effacé les compositions des rhéteurs, * illustre Grégoire, tu revêtis l’Eglise de l’orthodoxie, * cette tunique tissée par le ciel ; * la portant, elle s’écrie maintenant * avec nous, tes enfants : * Réjouis-toi, Père, sommet de la théologie.

Χαίροις ο ουράνιος θείος νους, στόμα το πυρίπνουν, ο της χάριτος οφθαλμός, σάλπιγξ ευσεβείας, πηγή θεολογίας, υπερκοσμίων μύστης, σοφέ Γρηγόριε.

Réjouis-toi, esprit céleste, bouche ardente, œil de la grâce, trompette de la piété, source de la théologie, initiateur des réalités d’au-dessus du monde, Grégoire le sage.

De la férie

L’hymne des vêpres au temps pascal, par les moines de Solesmes en 1955 (strophes 1 à 4 et doxologie). Traduction de Bossuet.

Ad cenam Agni próvidi,
Et stolis albis cándidi,
Post tránsitum maris Rubri
Christo canámus Príncipi.

Après avoir passé la mer Rouge, allons, revêtus d’habits blancs, au festin de l’Agneau, et chantons les louanges de Jésus-Christ notre Roi.

Cujus corpus sanctíssimum
In ara crucis tórridum,
Cruóre ejus róseo
Gustándo vívimus Deo.

Son saint corps a été dans les souffrances ; comme dans un feu, sur l’autel de la croix : en goûtant le sang qui en est sorti, nous vivons pour Dieu.

Protécti paschæ véspere
A devastánte Angelo,
Erépti de duríssimo
Pharaónis império.

Par ce sang nous avons été délivrés de l’ange exterminateur au soir de la Pâque, et nous avons été affranchis de la rigoureuse tyrannie de Pharaon.

Jam pascha nostrum Christus est,
Qui immolátus agnus est :
Sinceritátis ázyma
Caro ejus obláta est.

Ainsi Jésus-Christ est notre Pâque, c’est l’Agneau qui a été immolé pour notre salut ; sa chair offerte pour nous est le vrai pain sans levain, et l’azyme de sincérité dont nous devons nous nourrir.

O vere digna hóstia,
Per quam fracta sunt tártara,
Redémpta plebs captiváta,
Réddita vitæ prǽmia.

O victime d’un prix infini, par vous les portes de l’enfer ont été brisées, les captifs ont été rachetés, et la vie a été rendue aux morts.

Consúrgit Christus túmulo,
Victor redit de bárathro,
Tyránnum trudens vínculo
Et Paradísum réserans.

Jésus-Christ ressuscite du tombeau, il revient victorieux de l’enfer : il a enchaîné le tyran, et il a ouvert le paradis.

Quǽsumus, Auctor ómnium,
In hoc pascháli gáudio,
Ab omni mortis ímpetu
Tuum defénde pópulum.

O Dieu Créateur de toutes choses, nous vous prions, dans cette joie sainte que nous donne la solennité de Pâques, de défendre votre peuple contre toutes les attaques de la mort.

Glória tibi Dómine,
Qui surrexísti a mórtuis,
cum Patre et almo Spíritu,
in sempitérna sǽcula. Amen.

Gloire vous soit rendue, ô Seigneur, qui êtes ressuscité d’entre les morts : et soyez honoré avec le Père et le Saint-Esprit dans toute l’éternité. Ainsi soit-il.

« Christos anesti » à Saint-Pétersbourg

A 56’18, intéressante interprétation du tropaire de Pâques, en grec, ce matin, lors de la divine liturgie en l’église de la Nativité de Saint-Jean-Baptiste du Palais de Tchesmé à Saint-Pétersbourg. (Une curieuse petite église rose bonbon construite en 1780 pour Catherine II. Elle a été rendue au culte et restaurée dans les années 1990, et l’on a retrouvé son iconostase intacte dans les… archives de la Marine…)

Saint Stanislas

Le tombeau de saint Stanislas, au centre de la cathédrale de Cracovie.

Le souvenir du ministère de saint Stanislas sur le siège de Cracovie, qui dura à peine sept ans, et en particulier le souvenir de sa mort, accompagna sans cesse, au cours des siècles, l’histoire de la nation et de l’Église qui est en Pologne. Et dans cette mémoire collective, le saint Évêque de Cracovie resta présent comme le Patron de l’Ordre moral et de l’ordre social dans notre patrie.

En tant qu’évêque et pasteur, il annonça à nos ancêtres la foi en Dieu, il greffa en eux, à travers le saint Baptême, la Confirmation, la Pénitence et l’Eucharistie, la puissance salvifique de la Passion et de la Résurrection de Jésus Christ. Il enseigna l’ordre moral dans la famille fondée sur le mariage sacramentel. Il enseigna l’ordre moral au sein de l’État, rappelant même au roi que dans son action, il devait garder à l’esprit la loi immuable de Dieu. Il défendit la liberté, qui est le droit fondamental de chaque homme et qu’aucun pouvoir, sans violer l’ordre établi par Dieu lui-même, ne peut ôter à personne sans raison. A l’aube de notre histoire, Dieu, Père des peuples et des nations, nous manifesta à travers ce saint Patron que l’ordre moral, le respect de la loi de Dieu et des justes droits de chaque homme, est la condition fondamentale de l’existence et du développement de chaque société.

L’histoire fit également de Stanislas le Patron de l’unité nationale. Lorsqu’en 1253 arriva pour les Polonais l’heure de la canonisation du premier fils de leur terre, la Pologne vivait l’expérience douloureuse de la division en duchés régionaux. Et ce fut précisément cette canonisation qui éveilla chez les Princes de la dynastie des Piast, qui était au pouvoir, le besoin de se réunir à Cracovie, afin de partager, auprès de la tombe de saint Stanislas et sur le lieu de son martyre, la joie commune pour l’élévation de l’un de leurs compatriotes à la gloire des autels dans l’Église universelle. Tous virent en lui leur patron et leur intercesseur auprès de Dieu. Ils lui associèrent les espérances d’un avenir meilleur pour leur patrie. De la pieuse tradition qui rapporte que le corps de Stanislas, assassiné et découpé en morceau, se serait à nouveau recomposé, naissait l’espérance que la Pologne des Piast réussirait à surmonter la division dynastique et serait redevenue un État à l’unité durable. Dans la perspective de cette espérance, dès la canonisation, le saint Évêque de Cracovie fut élu comme le Patron principal de la Pologne et le Père de la Patrie.

Ses reliques, déposées dans la cathédrale de Wawel, étaient l’objet de la vénération religieuse de la part de toute la nation. Cette vénération acquit une nouvelle signification au cours de la période des divisions, lorsque venant de l’autre côté des frontières, en particulier de la Silésie, des Polonais arrivaient ici, désirant venir auprès de ces reliques qui rappelaient le passé chrétien de la Pologne indépendante. Son martyre devint le témoignage de la maturité spirituelle de nos ancêtres et acquit une éloquence particulière dans l’histoire de la nation. Sa figure était le symbole de l’unité qui désormais était édifiée non sur la base du territoire d’un État indépendant, mais sur celle des valeurs éternelles et de la tradition spirituelle, qui constituaient le fondement de l’identité nationale.

Jean-Paul II

De la férie

Antienne de Benedictus :

Eúntes in mundum, * docéte omnes gentes, baptizántes eos in nómine Patris, et Fílii, et Spíritus Sancti, allelúia.

Allez par le monde * et enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, alléluia.

Antienne de Magnificat :

Mercenárius autem, * cujus non sunt oves própriæ, videt lupum veniéntem, et dimíttit oves, et fugit, et lupus rapit, et dispérgit oves, allelúia.

Mais le mercenaire, * celui dont les brebis ne sont pas le bien propre, voyant le loup venir, laisse là les brebis et s’enfuit ; et le loup ravit et disperse les brebis, alléluia.

*

Dans la liturgie byzantine, dimanche dernier était celui des myrophores. On continue de les célébrer toute la semaine, et avec elles Joseph d’Arimathie, comme dans cette hymne des vêpres de ce soir, reprise d’un chant des vêpres de dimanche.

ᾘτήσατο Ἰωσὴφ τὸ Σῶμα τοῦ Ἰησοῦ, καὶ ἀπέθετο ἐν τῷ καινῷ αὐτοῦ μνημείῳ· ἔδει γὰρ αὐτὸν ἐκ τάφου, ὡς ἐκ παστάδος προελθεῖν, ὁ συντρίψας κράτος θανάτου, καὶ ἀνοίξας πύλας Παραδείσου ἀνθρώποις, δόξα σοι.

Joseph réclama ton corps immaculé * et dans un sépulcre neuf le déposa : * comme d’une chambre nuptiale tu devais sortir du tombeau ; * ô Christ qui as brisé l’empire de la mort * pour ouvrir aux hommes les portes du Paradis, * gloire à toi, Seigneur Jésus.