Né à Bosco, Michel Ghisleri, entré dans l’Ordre à quatorze ans, fut successivement professeur à Bologne, inquisiteur de la foi en Lombardie, commissaire général de l’Inquisition ; évêque de Nébi et de Sutri, cardinal de Sainte Marie sur Minerve, enfin Pape sous le nom de Pie V. Son court pontificat fut l’un des plus féconds du XVIe siècle. A l’intérieur de l’Église, il rendit efficaces les décrets du Concile de Trente, publia le missel et le bréviaire romains, travailla avec fermeté à la réforme des mœurs. A l’extérieur il soutint la lutte contre les protestants, et organisa la campagne qui devait se terminer à Lépante par l’écrasement définitif de la puissance ottomane qui menaçait l’Europe. Il a institué la fête de Notre-Dame de la Victoire, qui devint la fête du Rosaire. Pie V mourut en 1572.
Notice du missel dominicain édité en 1925.
L’antienne d’introït fait allusion à la bataille de Lépante, en citant un verset de l’Ecclésiastique évoquant la victoire de David contre Goliath :
Invocávit Dóminum omnipoténtem, et dedit in déxtera ejus tóllere hóminem fortem in bello, et exaltáre cornu gentis suae. Allelúia, allelúia.
Il invoqua le Seigneur tout-puissant, et le Seigneur donna à sa droite la force de renverser l’homme fort à la guerre, et d’exalter la puissance de son peuple. Alléluia, alléluia.
Ce matin à la cathédrale de Kazan, à 23’38, le tropaire de Pâques en grec, en latin, et en slavon…
Le nombre inhabituel de choristes vient du fait que c’est la divine liturgie du dernier jour du Festival panrusse des chœurs des établissements d’enseignement religieux.
A 55’21, somptueux hymne des chérubins.
A 1h16’42 : « Nous te chantons, nous te bénissons, nous te rendons grâce, Seigneur, et nous te prions, ô notre Dieu. »
Suivi du mégalynaire de Pâques :
« L’ange cria à la Pleine de grâce : Pure Vierge, réjouis-toi, je le répète, réjouis-toi, car ton Fils est ressuscité le troisième jour et il a ressuscité les morts, peuples, exultez. Illumine, illumine, Jérusalem nouvelle, car la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Exulte maintenant et réjouis-toi, Sion. Et toi, toute pure, Mère de Dieu, réjouis-toi en la résurrection de ton Fils. »
Vous avez entendu, mes très chers frères, dans la lecture du saint Évangile, un enseignement qui vous concerne ; vous y avez appris aussi à quelle épreuve nous sommes mis, (nous, vos pasteurs). Celui qui est bon, non par une grâce accidentelle, mais par l’essence de sa nature, vous dit : « Moi je suis le bon pasteur. » Et nous donnant le modèle de cette même bonté à imiter, il ajoute : « Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. » Il a fait ce qu’il a enseigné ; il nous a donné l’exemple de ce qu’il a commandé. Le bon pasteur a donné sa vie pour ses brebis, afin de convertir, dans notre sacrement, son corps et son sang, et d’en rassasier tous ceux qu’il avait rachetés.
La voie que nous devons suivre, au mépris de la mort, nous a été montrée ; l’exemple auquel nous devons nous conformer a été mis sous nos yeux. Notre premier devoir est d’employer charitablement nos biens extérieurs en faveur des brebis du Christ ; mais il nous faut encore, s’il est nécessaire, donner notre vie pour elles. De ce premier degré de sacrifice, qui est le moindre, on arrive jusqu’au dernier, qui est plus grand. Comme la vie l’emporte beaucoup en excellence sur les biens terrestres qui nous sont extérieurs, celui qui ne donne pas ses biens pour ses brebis, donnera-t-il jamais pour elles sa propre vie ?
Il en est qui, aimant davantage les biens de la terre que leurs brebis, ne méritent plus le nom de pasteurs ; de ceux-là l’Évangile ajoute aussitôt : « Mais le mercenaire, et celui qui n’est point pasteur, celui dont les brebis ne sont pas le bien propre, voyant le loup venir, laisse là les brebis et s’enfuit. » On n’appelle point pasteur, mais mercenaire, celui qui fait paître les brebis du Seigneur dans l’espoir de récompenses temporelles, et non par le motif d’un amour sincère. C’est un mercenaire qui tient la place de pasteur, mais ne cherche pas le bien des âmes, celui qui désire avec avidité les commodités de la vie présente, se complaît en l’honneur attaché à sa charge, se nourrit de gains temporels, et se réjouit des égards que les hommes ont pour lui.
Saint Grégoire le Grand, homélie 14 sur l’Evangile, leçon des matines. En pensant au conclave…
L’antienne de communion
Ego sum pastor bonus, allelúia : et cognósco oves meas, et cognóscunt me meæ, allelúia, allelúia.
Je suis le bon pasteur, alléluia ; et je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, alléluia, alléluia.
Christus virgo, Mater vírginis nostri virgo perpétua, mater et virgo. Jesus enim clausis ingréssus est óstiis ; in sepúlcro ejus, quod novum et in petra duríssima fúerat excísum, nec ante quis nec póstea pósitus est. Hortus conclúsus, fons signátus : de quo fonte manat ille flúvius, juxta Amos, qui írrigat torréntem vel fúnium vel spinárum : fúnium peccatórum, quibus ante alligabámur ; spinárum, quæ suffocábant seméntem patris famíliæ. Hæc est porta orientális in Ezéchiel, semper clausa et lúcida, et opériens in se vel ex se próferens Sancta sanctórum; per quam Sol justítiæ et Póntifex noster secúndum órdinem Melchísedech ingréditur et egréditur.
Le Christ est vierge, la mère de celui qui est vierge et qui est nôtre est vierge à jamais (1), elle est mère et vierge. En effet, Jésus est entré les portes étant fermées (2), et en son sépulcre qui était neuf et qui avait été taillé dans le roc, personne n’a été déposé ni avant ni après lui (3). Un jardin bien clos, une source scellée (4), elle est la source d’où jaillit ce fleuve qui, selon Amos, arrose le ravin des liens ou des épines (5), liens des péchés qui autrefois nous enserraient, épines qui étouffent ce que le père de famille a semé (6). Elle est ce porche, face à l’orient, comme le dit Ezéchiel (7), fermé toujours et lumineux, qui couvre en soi ou fait surgir de soi le Saint des Saints ; par où entre et sort le Soleil de justice (8), notre grand prêtre selon l’ordre de Melchisédech (9).
Saint Jérôme, lettre 49 (Apologie au sénateur Pammaque pour le livre contre Jovinien), leçon des matines.
(1) « Ille virgo de virgine, de incorrupta incorruptus » (Il est vierge d’une vierge, incorrompu de l’incorrompue – saint Jérôme, Contre Jovinien). (2) Jean 20, 19. (3) Luc 23, 53. (4) Cantique des cantiques 4, 12. (5) Joël 3, 18 dans la Vulgate, 4, 18 dans la Septante. Comme à son habitude quand il commente le texte sacré, saint Jérôme donne les deux traductions, de la Septante et la sienne, qui sera la Vulgate. Celle-ci, c’est le « torrent des épines ». Le mot hébreu que saint Jérôme avait était différent de celui qu’avaient les Septante, qu’ils ont traduit par σχοίνων : un mot qui veut dire « de joncs », ou tout ce qui est fait, tressé, avec des joncs, donc une corde, un lien. Dans son commentaire du livre de Joël d’après les Septante, il traduit par le diminutif « funiculorum » : des cordelettes. Le mot qui figure dans le texte massorétique, Chittim, a été gardé tel quel, comme un nom propre, dans la Bible du rabbinat et quelques autres traductions. Chittim, ou Sittim, comme le lieu où les Israéliens couchèrent avec les femmes de Moab, et le dernier campement avant l’entrée dans la terre promise. Mais Joël ne peut pas parler ici de ce lieu, puisque précisément il ne faisait pas partie a priori de la terre promise dont parle ce verset. La majorité des traductions récentes donnent « la vallée » (ou « le ravin »)… « des acacias », parce que MM. Brown, Driver et Briggs en ont décidé ainsi… (6) Mat. 13, 7 ; Marc, 4, 7 ; Luc 8, 7. (7) Ezéchiel 44, 1. (8) Malachie 4, 2. (9) Psaume 109, 4 ; Hébreux 5, 1-9.
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Icône du XVIIIe siècle, musée de la Nouvelle Jérusalem, Istra.
Le calendrier orthodoxe russe célèbre le 3 mai l’icône de la Mère de Dieu de Chypre. C’est une des variantes de la Mère de Dieu Souveraine : elle est assise en majesté sur un trône, l’enfant Jésus sur les genoux ou sur un bras, avec un ange de chaque côté. L’icône originelle se trouvait sur la porte de l’église Panagia Angeloktisti « église de la Mère de Dieu construite par les anges », à Kiti, au sud-ouest de Larnaca. Le synaxaire dit qu’un jour un Arabe lança sur l’icône une flèche qui perça le genou de la Mère de Dieu. La blessure se mit à saigner abondamment. L’Arabe épouvanté s’enfuit, mais tomba raide mort. L’icône de la Mère de Dieu de Chypre devint particulièrement célèbre en Russie en 1841, quand une une jeune fille frappée d’une maladie incurable guérit miraculeusement en priant devant la reproduction de l’icône que saint Serge de Radonège avait donnée à son disciple saint Savva, dont les reliques se trouvent toujours en l’église de l’Assomption de Stromyn’, dans la région de Moscou, avec « l’icône de la Mère de Dieu de Stromyn‘ » :
Icône signée du hiérodiacre Georges « Pekator » (le pécheur en transcription grecque du latin ?), 1728, Petit Palais, musée des Beaux-arts de la Ville de Paris.
Prière russe.
Ô très vénérable et glorieux saint Athanase le Grand, pour la foi orthodoxe tu as connu de grandes épreuves, tu as accompli de nombreux exploits, tu as été cinq fois exilé et en fuite, tu as subi de nombreuses calomnies et des mensonges, tes ennemis ont voulu te tuer à plusieurs reprises, et seul Dieu lui-même t’a miraculeusement préservé de la mort. Tu as enduré tout cela de la part des hérétiques impies, les Ariens, tu as lutté contre eux, tu les as submergés sous un torrent de paroles, tu les as vaincus par ta patience, tu as chassé leur impiété de l’Église et tu as semé la doctrine orthodoxe, multipliant ainsi la semence de la foi chrétienne. Tu es véritablement un brave guerrier du Christ, car comme un guerrier tu as combattu jusqu’à la fin de tes jours pour la vraie foi contre les hérétiques. Tu es véritablement un pilier de la foi orthodoxe, car ta foi orthodoxe n’a pas vacillé devant ces persécutions hérétiques, mais elle s’est affermie et renforcée, non seulement en toi et dans ton troupeau, mais dans toute l’Église du Christ. Nous te prions, bien-aimé de Dieu, d’implorer du Christ notre Dieu que nous ayons une foi inébranlable et que nous ne nous détournions pas du droit chemin, mais que nous y demeurions jusqu’à la fin de nos jours, sans craindre ni la flatterie, ni la répression, ni même les persécutions, et d’hériter le Royaume des Cieux dans la gloire de Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit, où toi et tous les saints demeurez. Amen.