Saint Joseph travailleur

Dans le martyrologe de ce jour :

Solennité de saint Joseph ouvrier, époux de la bienheureuse Vierge Marie, confesseur, patron des ouvriers.

A Rome, l’anniversaire de saint Pie V, de l’Ordre des Frères Prêcheurs, pape et confesseur. En s’appliquant avec zèle et succès à rétablir la discipline ecclésiastique, à extirper les hérésies et à réduire les ennemis du nom chrétien, il édifia l’Eglise Catholique par une sainte vie et la gouverna par d’aussi saintes lois. Sa fête se célèbre le 3 des nones de ce mois.

En Egypte, saint Jérémie prophète. Lapidé par le peuple, il succomba à Taphnis et y fut enseveli. Suivant ce que rapporte saint Epiphane, les Chrétiens prirent la coutume d’aller prier à son tombeau ; ils en recueillaient de la poussière pour guérir de la morsure des serpents.

Dans le Vivarais, en Gaule, le bienheureux Andéol, sous- diacre. Envoyé d’Orient en ce pays, avec plusieurs autres, par le bienheureux Polycarpe, évêque de Smyrne, pour prêcher la parole de Dieu, il fut, sous l’empereur Sévère, frappé rudement avec des bâtons hérissés d’épines ; puis avec une épée de bois on lui fendit la tête en quatre parties en forme de croix, et il consomma ainsi son martyre.

Le tombeau de saint Andéol, en l’église de Bourg-Saint-Andéol.

Au hameau de Colonne, dans l’Orléanais, en France, la passion de saint Sigismond, roi des Burgondes. Ayant été jeté dans un puits, il y succomba ; dans la suite il devint célèbre par ses miracles. Son saint corps tiré du puits fut porté et enseveli honorablement dans l’église du monastère d’Agaune, au diocèse de Sion en Valais.

La châsse de saint Sigismond et de ses enfants (tués par Clodomir) en l’abbaye Saint-Maurice d’Agaune.

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Joseph « opifex » ? Gaffiot :

ŏpĭfex,11 ĭcis, m. f. (opus, facio), ¶ 1 celui ou celle qui fait un ouvrage, créateur, auteur : CIC. Nat. 1, 18 ; Ac. frg. 19 ; Tusc. 5, 34 ¶ 2 travailleur, ouvrier, artisan : CIC. Off. 1, 150 ; Tusc. 4, 44 ; SALL. C. 50, 1 [au sens élevé d’artiste] : CIC. Nat. 1, 77 ; 2, 81 [poét. avec l’inf.] maître dans l’art de : PERS. 6, 3.

Sainte Catherine de Sienne

Sainte Catherine de Sienne par Andrea Vanni, qui était un de ses disciples. (Basilique Saint-Dominique de Sienne.)

Catherine naquit à Sienne, le 25 mars 1347. Elle était la dernière d’une famille de 25 enfants. Dans sa jeunesse, elle eut beaucoup à souffrir de la part de ses parents. Elle était leur enfant préférée et ils voulaient la marier ; mais la jeune fille avait déjà fait le vœu de virginité. Elle coupa sa merveilleuse chevelure d’un brun doré. Pour briser sa résistance, on la mit en service et on l’obligea d’accomplir les offices les plus humbles. Enfin, vaincus par sa patience, ses parents cédèrent et elle fut reçue dans le tiers-Ordre dominicain. Sa mortification, sa puissance de thaumaturge et ses extases dépassèrent tout ce qu’on peut imaginer. La renommée de sa sainteté ne tarda pas à se répandre. Des milliers de personnes se pressèrent autour d’elle pour la voir, pour l’entendre, pour trouver auprès d’elle la grâce de la conversion. Les prêtres de son entourage, munis de pouvoirs extraordinaires pour l’absolution, ne pouvaient suffire à entendre les confessions. Elle aidait et consolait dans tous les besoins. Bientôt, elle dut s’occuper des grands intérêts du monde et de l’Église. Elle fut une médiatrice de paix entre les princes ; les princes de l’Église et les grands du monde s’inclinaient devant ses paroles. Elle arracha l’Italie à l’antipape, détermina les princes et les cardinaux à reconnaître le pape légitime. Elle fit le voyage d’Avignon et décida le pape Grégoire IX à revenir à Rome. Ce fut une des femmes les plus illustres du Moyen Age, bien qu’elle soit morte à 33 ans. Le Christ, son Époux, lui avait donné un merveilleux anneau de fiançailles qui n’était visible que pour elle seule. — La messe (Dilexisti) est la belle messe de fiançailles.
Dom Pius Parsch

Saint Pierre de Vérone

Taddeo di Bartolo (1363-1422), Sienne.

Les trois antiennes des matines et le répons du bréviaire dominicain, traduction dom Guéranger.

De fumo lumen oritur et rosae flos de sentibus doctor et martyr nascitur Petrus de infidelibus alléluia

Du sein de la fumée la flamme lumineuse s’élance ; la rose fleurit sur les épines du buisson : ainsi Pierre, docteur et martyr, naît d’une famille infidèle. [Né en 1205 de parents cathares, en pleine apogée du catharisme, et il y avait un évêque cathare à Vérone. Il passera sa vie à combattre le catharisme, condamné par le concile de Vérone en 1184, et mourra sous les coups des hérétiques.]

Praedicatorum ordinis militans in acie nunc conjunctus est agminis caelestis militiae alléluia

D’abord soldat dans l’armée des Prêcheurs, il brille aujourd’hui dans les rangs de la milice céleste.

Mens fuit angelica lingua fructuosa vita apostolica mors quam pretiosa alléluia

Son âme fut tout angélique, sa langue féconde, sa vie apostolique, sa mort précieuse.

℟. Dum Samsonis vulpes quaerit ab iniquis emitur caput sacrum lictor ferit justi sanguis funditur. * Sic triumphi palmam gerit dum pro fide moritur, alleluia.
. Stat invictus pugit fortis constans profert hora mortis fidem pro qua patitur. * Sic triumphi palmam gerit dum pro fide moritur, alleluia.

Tandis qu’il est à la recherche des renards de Samson, il est immolé par un bras impie ; un meurtrier frappe sa tête sacrée ; le sang du juste est répandu : * Ainsi le martyr cueille la palme du triomphe, en succombant pour la foi.
Athlète invincible, il confesse encore en mourant la foi pour laquelle il verse son sang. * Ainsi le martyr cueille la palme triomphale, en succombant pour la foi. [Alors qu’il avait la tête fendue et une épée dans le cœur, il murmura le Credo, ou, selon certains, il écrivit Credo par terre avec son sang.]

Saint Paul de la Croix

Cet apôtre des temps modernes, puissant en œuvres et en paroles, et qui renouvela dans ses prédications les prodiges des premières années de l’Église, passa au Seigneur le 18 octobre 1775, et fut enseveli dans le Titre de Pammachius où, aujourd’hui, l’on célèbre sa fête solennelle. Toutefois comme le 18 octobre est consacré à saint Luc, Pie IX décréta que la mémoire de saint Paul de la Croix serait célébrée dans toute l’Église à la date du 28 avril. C’était en 1869, époque où la tradition liturgique romaine était peu étudiée, et, dans la pratique, était négligée. Et c’est ainsi que la messe de saint Vital, que portent tous les anciens documents, et qui appartient vraiment au fond liturgique traditionnel de la Ville éternelle, disparut ; on ne conserva que sa commémoraison.

La messe de saint Paul, considérée sous le rapport de sa composition, a tous les mérites et tous les défauts des messes modernes. Son rédacteur n’a tenu aucun compte du caractère musical et psalmodique des antiennes et des répons de l’introït, de l’offertoire, etc., toutes choses qu’il ignorait probablement. Il a donc glané tout simplement, dans les épîtres de saint Paul et de saint Pierre, des textes relatifs à Jésus Crucifié, et il les a habilement disposés, à la manière d’une mosaïque, dans sa composition. C’est ainsi que dans le graduel on va de la lettre aux fidèles de Galatie à celle aux Corinthiens, de celle-ci à la secunda Petri ; dans le Trait, on va de Pierre aux Corinthiens, puis aux Hébreux, oubliant totalement qu’il s’agit de parties liturgiques rythmiques et musicales de leur nature. En compensation, la composition respire l’amour et excite à la dévotion envers la Passion du Sauveur.

Bienheureux cardinal Schuster

• Sur sa vocation et sa tunique (selon lui-même), voir ici.