Samedi Saint

Ne pleure pas sur moi, Mère, de voir dans le tombeau le Fils que tu as conçu sans semence. Car Je ressusciterai, Je serai glorifié et J’élèverai dans la gloire en Dieu ceux qui dans la foi et le désir t’exaltent.

L’hirmos de la 9e ode du canon des matines du samedi saint.

Par Panagiotis Neochoritis, « archon protopsalte de la Grande Eglise du Christ », en la cathédrale patriarcale du Phanar (date non donnée).

Μὴ ἐποδύρου μου Μῆτερ, καθορῶσα ἐν τάφῳ, ὃν ἐν γαστρὶ ἄνευ σπορᾶς, συνέλαβες Υἱόν· ἀναστήσομαι γὰρ καὶ δοξασθήσομαι, καὶ ὑψώσω ἐν δόξῃ, ἀπαύστως ὡς Θεός, τοὺς ἐν πίστει καὶ πόθῳ σὲ μεγαλύνοντας.

Par la chorale de la paroisse Saint-Séraphin martyr (en 1946), à Grodno (Biélorussie). La petite église, dans la périphérie sud de la ville, a été construite en 2013.

Не рыда́й Мене́, Ма́ти, зря́щи во гро́бе, Его́же во чре́ве без се́мене зачала́ еси́ Сы́на: воста́ну бо и просла́влюся, и вознесу́ со сла́вою непреста́нно я́ко Бог, ве́рою и любо́вию Тя велича́ющыя.

L’icône qu’on voit sur cette vidéo est l’icône russe dont le nom est « Ne pleure pas sur moi, Mère ». On voit Jésus au tombeau, mort (les yeux fermés) mais debout, consolant sa Mère, avec la croix en arrière-plan. C’est manifestement une adaptation orientale de la Pietà.

Ici, en 1675, église Saint-Sauveur sur Seni (Rostov-la-Grande) :

Aujourd’hui est suspendu au bois

A 1h57’, la 15e antienne des matines byzantines du vendredi saint, en direct, in situ, avec la procession du crucifix, hier soir à Athènes, dans une mise en scène sonore quelque peu exagérée, mais indéniablement spectaculaire : du grand Nicodème Kabarnos. (Et filmé par au moins quatre caméras.)

Puis il y a la décoration du crucifix par des couronnes de fleurs et le chant du reste de l’antienne. La séquence dure plus de vingt minutes.

Σήμερον κρεμᾶται ἐπὶ ξύλου, ὁ ἐν ὕδασι τὴν γῆν κρεμάσας. (ἐκ γ’). Στέφανον ἐξ ἀκανθῶν περιτίθεται, ὁ τῶν Ἀγγέλων Βασιλεύς. Ψευδῆ πορφύραν περιβάλλεται, ὁ περιβάλλων τὸν οὐρανὸν ἐν νεφέλαις. Ῥάπισμα κατεδέξατο, ὁ ἐν Ἰορδάνῃ ἐλευθερώσας τὸν Ἀδάμ. Ἥλοις προσηλώθη, ὁ Νυμφίος τῆς Ἐκκλησίας. Λόγχῃ ἐκεντήθη, ὁ Υἱὸς τῆς Παρθένου. Προσκυνοῦμέν σου τὰ Πάθη Χριστέ. (ἐκ γ’). Δεῖξον ἡμῖν, καὶ τὴν ἔνδοξόν σου Ἀνάστασιν.

Aujourd’hui est suspendu au bois Celui qui a suspendu la terre sur les eaux – Il est couronné d’épines, Lui le Roi des Anges – Il est revêtu de fausse pourpre, Lui qui revêt le ciel de nuées – Il est giflé, Lui qui dans le Jourdain a délivré Adam – Il est cloué, Lui l’Epoux de l’Eglise – Il est percé de la lance, Lui le Fils de la Vierge – Christ, nous nous prosternons devant ta Passion – Révèle nous ta glorieuse Résurrection.

Ne célébrons pas la fête comme les Juifs – Car le Christ Dieu, notre Pâque, s’est immolé pour nous – Mais purifions-nous de toute souillure – et prions-Le du fond du cœur – Lève-Toi, Seigneur, sauve-nous, dans ton amour de l’homme.

Ta croix, Seigneur, est la vie et la Résurrection pour ton peuple – Confiés en elle, nous Te célébrons, notre Dieu crucifié – Aie pitié de nous.

Gloire au Père… Et maintenant…

Christ, Te voyant suspendu à la croix, celle qui T’a conçu implorait – Quel est ce mystère étrange que je vois, mon Fils ? – Comment meurs Tu sur l’Arbre de la croix – cloué dans la chair, Toi qui donnes la vie ?

Vendredi Saint

La 15e antienne des matines de la liturgie byzantine (office des 12 évangiles de la Passion).

Aujourd’hui est suspendu au bois Celui qui a suspendu la terre sur les eaux (ter) – Il est couronné d’épines, Lui le Roi des Anges – Il est revêtu de fausse pourpre, Lui qui revêt le ciel de nuées – Il est giflé, Lui qui dans le Jourdain a délivré Adam – Il est cloué, Lui l’Epoux de l’Eglise – Il est percé de la lance, Lui le Fils de la Vierge – Christ, nous nous prosternons devant ta Passion (ter) – Révèle nous ta glorieuse Résurrection.

Par l’archevêque Christodoulos d’Athènes, primat de l’Eglise orthodoxe de Grèce de 1998 à sa mort en 2008 (enregistrement non daté mais manifestement réalisé pendant des matines du Vendredi Saint, avec procession du crucifix dans la pénombre et multiples encensements) :

Σήμερον κρεμᾶται ἐπὶ ξύλου, ὁ ἐν ὕδασι τὴν γῆν κρεμάσας. (ἐκ γ’). Στέφανον ἐξ ἀκανθῶν περιτίθεται, ὁ τῶν Ἀγγέλων Βασιλεύς. Ψευδῆ πορφύραν περιβάλλεται, ὁ περιβάλλων τὸν οὐρανὸν ἐν νεφέλαις. Ῥάπισμα κατεδέξατο, ὁ ἐν Ἰορδάνῃ ἐλευθερώσας τὸν Ἀδάμ. Ἥλοις προσηλώθη, ὁ Νυμφίος τῆς Ἐκκλησίας. Λόγχῃ ἐκεντήθη, ὁ Υἱὸς τῆς Παρθένου. Προσκυνοῦμέν σου τὰ Πάθη Χριστέ. (ἐκ γ’). Δεῖξον ἡμῖν, καὶ τὴν ἔνδοξόν σου Ἀνάστασιν.

Au monastère Sainte-Elisabeth de Minsk :

Днесь ви́сит на дре́ве, И́же на вода́х зе́млю пове́сивый: венце́м от те́рния облага́ется, И́же А́нгелов Царь: в ло́жную багряни́цу облача́ется, одева́яй не́бо о́блаки: зауше́ние прия́т, и́же во Иорда́не свободи́вый Адама: гвоздьми́ пригвозди́ся Жени́х Церко́вный: копие́м прободе́ся Сын Де́вы. Покланя́емся страсте́м Твои́м, Христе́. Покланя́емся страсте́м Твои́м, Христе́. Покланя́емся страсте́м Твои́м, Христе́: покажи́ нам и сла́вное Твое́ Воскресе́ние.

Matines byzantines

Hier soir à Athènes. A 1h 31’ 42” le dernier apostiche de l’orthros, magnifiquement chanté. (Tout l’office est magnifique.)

Μυσταγωγῶν σου Κύριε τοὺς Μαθητάς, ἐδίδασκες λέγων. Ὦ φίλοι, ὁρᾶτε, μηδεῖς ὑμᾶς χωρίσει μου φόβος· εἰ γὰρ πάσχω, ἀλλ’ ὑπὲρ τοῦ Κόσμου· μὴ οὖν σκανδαλίζεσθε ἐν ἐμοί· οὐ γὰρ ἦλθον διακονηθῆναι, ἀλλὰ διακονῆσαι, καὶ δοῦναι τὴν ψυχήν μου, λύτρον ὑπὲρ τοῦ Κόσμου. Εἰ οὖν ὑμεῖς φίλοι μού ἐστε, ἐμὲ μιμεῖσθε· ὁ θέλων πρῶτος εἶναι, ἔστω ἔσχατος, ὁ δεσπότης, ὡς ὁ διάκονος· μείνατε ἐν ἐμοί, ἵνα βότρυν φέρητε· ἐγὼ γάρ εἰμι τῆς ζωῆς ἡ ἄμπελος.

Seigneur, initiant tes disciples, Tu leur enseignais – Veillez, mes amis. Que nulle crainte ne vous sépare de Moi – Si Je souffre, c’est pour le monde Ne soyez pas scandalisés en Moi – Car Je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir – et donner mon âme afin de racheter le monde – Si vous êtes mes amis, imitez Moi – Que celui qui veut être le premier soit le dernier – Que le maître soit comme le serviteur – Demeurez en Moi, afin de porter des grappes – car Je suis la Vigne de la Vie.

On remarque que l’église (du quartier Nouveau Monde d’Athènes) est pleine. Notamment parce que c’est l’office où est conférée l’onction d’huile des malades. L’église était pleine aussi pour l’office qui précédait celui-là : la bénédiction de l’huile.

L’office des matines est chanté la veille au soir. C’était ainsi également autrefois dans l’Eglise latine. C’était l’office des Ténèbres, avec les « leçons des ténèbres » et les « répons des ténèbres » qui inspirèrent nombre de compositeurs. Mais sous prétexte de célébrer les heures à leurs heures, ces offices ont été déplacés au petit matin. De ce fait, alors qu’on prétendait favoriser la participation des fidèles à la liturgie, on leur a enlevé celle qu’ils pouvaient suivre après leur journée de travail, et en outre le symbolisme des cierges qu’on éteint n’a plus de sens. Ce n’est pas Vatican II qui a fait cela, mais Pie XII (le secrétaire de la Commission pour la réforme liturgique étant déjà un certain Bugnini)…

Jeudi Saint

Le tropaire des matines dans la liturgie byzantine.

Quand les glorieux disciples recevaient la lumière – leurs pieds lavés durant la Cène – Judas l’impie se couvrait de ténèbres – malade de son amour de l’argent – Et aux juges iniques il Te livra, juste Juge – Vois, toi qui aimes l’argent, l’avare qui pour lui s’est pendu – Fuis l’âme insatiable qui osa cela contre le Maître – Toi qui es bon pour tous, Seigneur, gloire à Toi.

Par les moines de Vatopedi (Athos) :

Ὅτε οἱ ἔνδοξοι Μαθηταί, ἐν τῷ νιπτῆρι τοῦ Δείπνου ἐφωτίζοντο, τότε Ἰούδας ὁ δυσσεβής, φιλαργυρίαν νοσήσας ἐσκοτίζετο, καὶ ἀνόμοις κριταῖς, σὲ τὸν δίκαιον Κριτὴν παραδίδωσι. Βλέπε χρημάτων ἐραστά, τὸν διὰ ταῦτα ἀγχόνῃ χρησάμενον, φεῦγε ἀκόρεστον ψυχὴν τὴν Διδασκάλῳ τοιαῦτα τολμήσασαν. Ὁ περὶ πάντας ἀγαθός, Κύριε δόξα σοι.

Par Alexandra Iegorova, diplômée de l’école de musique pour aveugles de Koursk et de l’Université orthodoxe des sciences humaines Saint-Tikhon de Moscou (« diplôme rouge » d’excellence), chef de chœur au monastère Saintes-Marthe-et-Marie de Moscou (fondé par la grande duchesse sainte Elisabeth en 1908). Je ne savais pas qu’il y avait des chefs de chœur aveugles…

Егда́ сла́внии ученицы́/ на умове́нии ве́чери просвеща́хуся,/ тогда́ Иу́да злочести́вый/ сребролю́бием неду́говав омрача́шеся,/ и беззако́нным судия́м Тебе́, Пра́веднаго Судию́, предае́т./ Виждь, име́ний рачи́телю,/ сих ра́ди удавле́ние употреби́вша!/ Бежи́, несы́тыя души́,/ Учи́телю такова́я дерзну́вшия;// И́же о всех Благи́й, Го́споди, сла́ва Тебе́.
 

Et en bonus, le Trisagion par Alexandra Iegorova :