Ti Hypermakho

Le kondakion de l’Annonciation et hymne de l’Acathiste, par les moines de Vatopédi, Athos :

Τῇ ὑπερμάχῳ στρατηγῷ τὰ νικητήρια, ὡς λυτρωθεῖσα τῶν δεινῶν εὐχαριστήρια, ἀναγράφω σοι ἡ Πόλις σου Θεοτόκε. Ἀλλ’ ὡς ἔχουσα τὸ κράτος ἀπροσμάχητον, ἐκ παντοίων με κινδύνων ἐλευθέρωσον, ἵνα κράζω σοι· Χαῖρε, Νύμφη ἀνύμφευτε!

Invincible chef d’armée, à toi les accents de la victoire ! Libérée du danger, ta ville, ô Mère de Dieu, t’offre les hymnes de reconnaissance. Toi dont la puissance est irrésistible, de tout péril délivre-moi, pour que je puisse t’acclamer : Réjouis- toi, Epouse inépousée !

L’Annonciation

Homélies de Jacques de Kokkinobaphos, XIIe siècle, BNF.

Cependant, les prêtres s’étaient réunis et avaient décidé de faire tisser un voile pour le temple du Seigneur.

Et le grand-prêtre dit : « Appelez-moi les jeunes filles de la tribu de David qui sont sans tache. » Ses serviteurs partirent, cherchèrent et en trouvèrent sept. Mais le prêtre se souvint que la jeune Marie était de la tribu de David et qu’elle était sans tache devant Dieu. Et les serviteurs partirent et l’amenèrent. Et l’on fit entrer ces jeunes filles dans le temple du Seigneur. Et le prêtre leur dit : « Tirez au sort laquelle filera l’or, l’amiante, le lin, la soie, le bleu, l’écarlate et la pourpre véritable. »

La pourpre véritable et l’écarlate échurent à Marie. Elle les prit et rentra chez elle.

C’est à ce moment-là que Zacharie devint muet et que Samuel le remplaça jusqu’à ce qu’il eût retrouvé la parole.

Et Marie saisit l’écarlate et se mit à filer.

Or elle prit sa cruche et sortit pour puiser de l’eau. Alors une voix retentit : « Salut, pleine de grâce. Le Seigneur est avec toi. Tu es bénie parmi les femmes. » Marie regardait à droite et à gauche : d’où venait donc cette voix ? Pleine de frayeur, elle rentra chez elle, posa sa cruche, reprit la pourpre, s’assit sur sa chaise et se remit à filer.

Et voici qu’un ange debout devant elle disait : « Ne crains pas, Marie, tu as trouvé grâce devant le Maître de toute chose. Tu concevras de son Verbe. »

Ces paroles jetèrent Marie dans le désarroi. « Concevrai-je, moi, du Seigneur, dit-elle, du Dieu vivant, et enfanterai-je comme toute femme ? »

Et voici que l’ange, toujours devant elle, lui répondit : « Non, Marie. Car la puissance de Dieu te prendra sous son ombre. Aussi le saint enfant qui naîtra sera-t-il appelé le fils du Très-Haut. Tu lui donneras le nom de Jésus, car il sauvera son peuple de ses péchés. » Et Marie dit alors : « Me voici devant lui sa servante ! Qu’il m’advienne selon ta parole. »

Et elle reprit son travail de pourpre et d’écarlate puis l’apporta au prêtre.

Et quand le prêtre le reçut, il la bénit et dit : « Marie, le Seigneur Dieu a exalté ton nom et tu seras bénie parmi toutes les générations de la terre. »

Protévangile de Jacques, 10-12.

En toi se réjouissent, ô Pleine de grâce

L’hymne à la Vierge après la consécration dans la divine liturgie de saint Basile (dimanches de carême), par le chœur des frères du monastère Sainte-Elisabeth de Minsk.

О Тебе радуется, Благодатная, всякая тварь, Ангельский собор и человеческий род, освященный храме и раю словесный, девственная похвало, из Неяже Бог воплотися и Младенец бысть, прежде век сый Бог наш; ложесна бо Твоя престол сотвори и чрево Твое пространнее небес содела. О Тебе радуется, Благодатная, всякая тварь, слава Тебе.

En toi se réjouissent, ô Pleine de grâce, toute la création, la hiérarchie des anges et la race des hommes. Ô Temple sanctifié, ô Jardin spirituel, ô Gloire virginale, c’est en toi que Dieu s’est incarné, en toi qu’est devenu petit enfant celui qui est notre Dieu avant tous les siècles. De ton sein il a fait un trône, il l’a rendu plus vaste que les cieux. Ô Pleine de grâce, toute la création se réjouit en toi. Gloire à toi.

Troisième dimanche de carême

Commentaire du début de l’évangile de ce dimanche par saint Bède (leçons des matines).

Ce démoniaque, d’après Matthieu, était non seulement muet, mais le récit le dit aussi aveugle, et il fut si bien guéri par le Seigneur qu’il parla et qu’il vit. Trois prodiges ont donc été accomplis en même temps dans un seul homme : l’aveugle voit, le muet parle, le possédé est délivré du démon. Ce qui se fit alors était seulement corporel ; mais cela s’accomplit aussi chaque jour, lors de la conversion des croyants, si bien qu’après l’expulsion du démon, les lumières de la foi apparaissent, et les bouches auparavant muettes s’ouvrent ensuite aux louanges de Dieu.

Mais quelques-uns de ceux qui étaient là décrièrent : C’est par Béelzébub, prince des démons, qu’il chasse les démons. Ceux qui disaient ces choses n’étaient point des gens du peuple, mais les pharisiens et les scribes qui le calomniaient, comme l’attestent les autres Évangélistes. Oui, les foules, qui paraissaient moins instruites, admiraient toujours les miracles du Seigneur ; ceux-là, au contraire, ou bien les niaient, ou, s’ils ne pouvaient les nier, s’efforçaient de les dénaturer par une explication défavorable, attribuant ces œuvres, non pas à la puissance divine, mais à l’esprit immonde. D’autres encore, pour le tenter, lui demandaient un prodige dans le ciel, ou bien manifestaient le désir qu’à la manière d’Élie, il fît descendre le feu du ciel, ou bien, comme l’avait fait Samuel, qu’en été, on entendît gronder le tonnerre, qu’on vît briller les éclairs, et qu’on reçût des torrents d’eau ; comme s’ils n’eussent pas pu encore calomnier ces faits et dire qu’ils étaient produits par des causes inconnues et par diverses perturbations de l’air. Mais toi, qui dénatures ce que tu vois de tes yeux, ce que tu touches de tes mains, ce dont tu sens l’utilité, que ferais-tu des prodiges qui te viendraient du ciel ? Tu répondrais certainement que les magiciens en Égypte ont fait aussi de nombreux prodiges venus du ciel.

Mais Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit : Tout royaume divisé contre lui-même sera dévasté, et ses maisons s’écrouleront l’une sur l’autre. Ce n’est point à leurs dires, mais à leurs pensées qu’il répondit, afin qu’ainsi ils fussent au moins contraints de croire à la puissance de celui qui lisait les secrets de leur cœur. Or, si tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, le royaume du Père, du Fils et du Saint-Esprit n’est donc point divisé, puisqu’il ne sera désolé par aucune controverse, ni aucun soulèvement, mais demeurera éternellement stable. Mais si Satan est divisé contre lui-même, comment se maintiendra son règne, puisque vous dites que c’est par Béelzébub que je chasse les démons ? En disant cela, Jésus voulait leur faire comprendre, par leur propre aveu, que s’ils ne croyaient pas en lui, ils se plaçaient sous la domination du diable qui ne peut subsister s’il est divisé contre lui-même.

L’introit.
Le graduel.
Le trait.
L’offertoire.
La communion.
L’évangile.
Le doigt de Dieu.
Joseph.
L’antienne de Magnificat.

La vénération de la sainte Croix

Dans la liturgie byzantine, ce dimanche (qui commence aux vêpres de ce soir) est celui de la vénération de la sainte Croix.

Voici un stichère des vêpres et le cathisme des matines:

Venez couple des premières créatures – déchu de la danse d’en-haut sous le plaisir amer du fruit de l’Arbre – que jadis par la jalousie du meurtrier de l’homme vous avez mangé – Voici que nous est donné l’Arbre tout vénérable en vérité – Venez l’embrasser dans la joie et dites lui avec foi – Tu es notre secours, croix toute digne d’être vénérée – Nous avons pris de ton fruit, nous avons découvert l’incorruptibilité – Nous avons reçu la certitude du premier Eden et le grand Amour.

Dans le Paradis, quand je mangeais du fruit de l’Arbre – l’ennemi me dépouilla et me donna la mort – Mais l’Arbre de la croix planté sur la terre – a rendu aux hommes le vêtement de la vie – et le monde entier est rempli de toute joie – Peuples qui voyons la croix, vénérons la dans la foi – et disons à Dieu d’une même voix – Ta maison est pleine de gloire.

Le canon (de saint Théodore le Studite) commence ainsi :

Un jour de fête, l’aube de la vie, s’est levé – Sous la résurrection du Christ la mort s’en est allée – Adam s’est relevé, il danse de joie – Exultons et chantons l’hymne de la victoire.

C’est le jour de la vénération de la précieuse croix – Tous venez vers elle – car elle nous est offerte maintenant – lumineuse de la clarté des rayons de la Résurrection du Christ – Embrassons la dans le joie de l’âme.