L’île

La Russie célèbre le 20e anniversaire du film « L’île », de Pavel Lounguine, en le programmant de nouveau dans les salles. Les salles russes, évidemment : chez nous on ne peut que boycotter.

Ce film est un chef-d’œuvre absolu. L’un des plus grands films de l’histoire du cinéma, et sans doute le plus grand du point de vue spirituel (peut-être le plus profondément russe aussi). C’est pourquoi je donne ci-après une traduction de l’article du magazine Art Moscovia.

Le film le plus mystérieux et sincère du réalisateur Pavel Lounguine, « L’Île », sort à nouveau en salles. Un film russe unique, où la mystique se mêle à la réalité, et où le symbolisme profond côtoie l’humour léger. Aujourd’hui, ce film, qui aide à trouver la force et l’espoir malgré les circonstances, invite à nouveau les spectateurs à un dialogue intérieur et intergénérationnel.

Cette année, « L’Île » fête son 20e anniversaire et revient sur les grands écrans. La distribution est assurée par la société de distribution cinématographique K24. Production : « Studio Pavel Lounguine » pour le compte de la chaîne de télévision Rossiya.

La première du film a eu lieu en 2006 lors de l’ouverture du 17e festival du film Kinotavr. « L’Île » est le premier film russe de l’histoire à avoir été projeté en clôture du Festival de Venise. En 2007, « L’Île » a remporté 6 prix « Aigle d’or » et 6 prix « Nika », notamment dans les catégories « Meilleur film », « Meilleur réalisateur », « Meilleur acteur », « Meilleur directeur de la photographie » et autres.

Le rôle principal du père Anatoly a été joué par l’acteur et musicien culte Piotr Mamonov, qui a brillamment, avec une précision quasi documentaire, révélé la transformation du héros sur le chemin du pardon. Le personnage de Mamonov s’est avéré extrêmement convaincant non seulement grâce au professionnalisme et à l’authenticité de l’acteur, mais aussi grâce à certains faits concordants de sa biographie : dans sa jeunesse, Piotr travaillait comme chauffeur dans une chaufferie, et à un âge plus mûr, il s’est consciemment converti au christianisme orthodoxe.

Pavel Lounguine : « J’ai tout de suite “vu” Mamonov. Je connais Petia depuis de nombreuses années, j’ai vu tous ses spectacles solo au théâtre, je sais quel chemin il a parcouru. Vous comprenez, il a toujours eu quelque chose d’un fou. Mamonov ne jouait pas tant le rôle du père Anatoly que son propre rôle. Lorsque nous avons filmé la prière, c’était un moment extrêmement intime. Ce n’était pas du jeu : Piotr priait comme il prie tous les jours. Je n’ai encore jamais rien vu de tel au cinéma. » (Moskovsky Komsomolets, 2006)

Viktor Soukhoroukov interprète le rôle du père Filaret, un abbé naïf et lumineux comme un enfant : « Pour moi, la scène centrale était celle de la chaufferie, où le personnage principal du film, le père Anatoly, met mon personnage à l’épreuve avec le feu et la fumée… Il semble forcer le père Filaret à sortir de son inconscience. Pour moi, le drame du père Filaret réside dans son profond égarement : il croit avoir déjà conclu un accord avec Dieu et réservé sa place au paradis. En réalité, il s’avère que notre foi ne se limite pas à la lecture de l’Évangile. Elle ne se limite pas aux veillées et aux jeûnes. Il y a autre chose. » (Gazette russe, 2006)

Le rôle brillant, profond et presque comique du carriériste de l’Église a été confié à Dmitri Dioujev, révélant de nouvelles facettes de son talent d’acteur : « Avec ce film, Pavel Lounguine a voulu poser des questions sur la foi, sur le miracle — comment le comprenez-vous, en quoi croyez-vous et dans quoi voyez-vous un véritable miracle ? Et non seulement pour les spectateurs, mais aussi pour les acteurs, ce film est avant tout devenu un voyage spirituel, une expérience spirituelle. Et nous avons été sincères dans ce voyage. C’est peut-être pour cela qu’un miracle s’est produit avec le film lui-même, qui, sans aucun espoir de popularité, sans aucun espoir d’être compris, a soudainement suscité un tel écho après sa sortie que tout le monde en a parlé. » (Pravoslavie.ru, 2006)

Le travail époustouflant du caméraman Andreï Jegalov plonge le spectateur dans un monde méditatif, presque féérique, le fascine par la beauté majestueuse et ascétique de la nature nordique et capture les émotions les plus subtiles et les plus nobles sur les visages des acteurs. La bande originale minimaliste et réfléchie du compositeur Vladimir Martynov est considérée, de l’avis général des critiques et des spectateurs, comme la meilleure et la plus puissante des dernières années.

L’Européen de l’année

Non, ce n’est pas une blague. Le prix de l’Européen de l’année a été remis à Thierry Breton hier soir, lors de la 34e cérémonie des Prix du Trombinoscope.

Le premier trophée de la soirée a été remis à Yaël Braun-Pivet. Il y avait de nombreux autres prix, dont celui du député de l’année, remis à Olivier Faure, de ministre de l’année, remis à Amélie de Montchalin, « la femme qui compte » (ah ah ah), de la personnalité politique de l’année, remis (par Christophe Barbier, président du jury) à Sébastien Lecornu… Et de la « révélation politique de l’année », qui est allé à Sarah Knafo (quelle audace !)…

« Diversité »

Voilà un rire qui fait du bien : celui de l’acteur Mads Mikkelsen et du réalisateur Nikolaj Arcel, lorsqu’on leur demande pourquoi dans le film The promised land (en France King’s land, de son vrai titre danois Bastarden), il n’y a aucun noir, aucune diversité.

« Comme ça, dès le début ? » réagit Mads Mikkelsen, en éclatant de rire.

« Oui, dès le début », reprend le journaliste, très sérieux malgré le sourire de commisération du réalisateur.

Lequel répond, sérieux lui aussi : « Euh, d’abord, le film se situe au Danemark dans les années 1750… ».

La séquence date sans doute de fin 2023 ou début 2024 selon le lieu de la conférence de presse. En fait la question va de soi, pour un journaliste qui baigne dans l’idéologie woke, et qui a déjà vu des dizaines de films historiques assaisonnés de non-blancs qui n’ont rien à y faire, et même qui ont un rôle de personnage célèbre. (Seulement dans ce sens-là. Toute diversité serait inconcevable dans un film se passant dans une société non blanche.)

Ce qui est intéressant ici c’est que Mads Mikkelsen et Nikolaj Arcel réagissent comme si on leur posait une question incongrue et ridicule : même dans ce milieu il y a donc encore des gens qui ne sont pas complètement woke…

La poursuite de la guerre sauve des vies…

Rutte en vrille :

« 99 % de l’aide militaire apportée à l’Ukraine provient des alliés et partenaires de l’OTAN. Et l’OTAN continue de renforcer la coordination et la fourniture de cette aide. Notre initiative PURL continue de fournir à l’Ukraine des équipements américains essentiels grâce au financement des alliés et partenaires. L’aide apportée dans le cadre de l’initiative PURL sauve chaque jour des vies en Ukraine. »

Ukrétins

Des « réfugiés » ukrainiens ont brisé la vitre de ce panneau publicitaire et inscrit les premières lettres de « Gloire à l’Ukraine ! » (SL UKR) parce que c’est une publicité pour un burger « Chicken Bacon Onions » : CBO. Et CBO (mais c’est SVO en caractères latins), ce sont les initiales d' »Opération militaire spéciale » en russe…